Lituanie : les populistes accusés d’antisémitisme rejoignent la nouvelle coalition gouvernementale
Le chef du parti Nemunas Dawn, qui rejoint la majorité menée par les sociaux-démocrates, avait cité un poème parlant de tuer des Juifs pour critiquer les opérations israéliennes en Cisjordanie
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Trois partis politiques, dont le mouvement populiste Nemunas Dawn, ont trouvé un accord samedi pour former une coalition gouvernementale en Lituanie à la suite des élections législatives du mois dernier.
Les sociaux-démocrates étaient arrivés en tête du scrutin dans le pays balte, devançant les conservateurs au pouvoir mais sans réussir à rassembler assez de soutien pour former une majorité capable de gouverner.
La coalition annoncée samedi rassemble les sociaux-démocrates, l’Union démocratique « Au nom de la Lituanie » et Nemunas Dawn. Elle contrôlera 86 des 141 sièges du Parlement.
L’accord, qui devrait être formalisé lundi, prévoit que le social-démocrate Gintautas Paluckas, un ancien maire adjoint de Vilnius, deviendra Premier ministre.
Nemunas Dawn, qui a gagné 20 sièges aux législatives, est dirigé par Remigijus Zemaitaitis et se définit comme un parti de centre-gauche nationaliste. Il est largement qualifié de populiste en Lituanie.
M. Zemaitaitis est en procès pour incitation à la haine, après avoir cité un poème antisémite parlant de tuer des Juifs pendant qu’il critiquait les opérations israéliennes en Cisjordanie.
« Il n’y a clairement aucune place pour l’antisémitisme, que ce soit au Parti social-démocrate ou dans un gouvernement dirigé par des sociaux-démocrates », a assuré M. Palukas à la presse.
L’accord de coalition a déjà été vertement critiqué à l’étranger.
Le sénateur américain Ben Cardin, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, a estimé que la participation de Nemunas Dawn « sape les valeurs essentielles qui unissent nos nations ».
« Donner une plateforme à la rhétorique antisémite et à des actes de haine n’est pas seulement une trahison d’idéaux démocratiques partagés, mais aussi une menace physique pour la sécurité de la communauté juive et des minorités », a déclaré le sénateur dans un communiqué.
Après le changement de gouvernement, la Lituanie devrait maintenir son soutien résolu à l’Ukraine, dans un contexte d’inquiétudes régionales liées à la Russie voisine.
Beaucoup des 2,8 millions de Lituaniens craignent de devenir à leur tour une cible si la Russie remporte la guerre qu’elle a déclenchée en Ukraine.
La Lituanie est un des principaux contributeurs de l’Otan, allouant 3,2% de son PIB à sa défense cette année – soit bien au-dessus de l’objectif de 2% établi par l’Alliance atlantique pour ses pays membres. Le centre-gauche a promis d’augmenter les dépenses militaires jusqu’à 3,5% du PIB.
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