Rechercher

Londres: Un salon immobilier israélien présente des biens en Cisjordanie; les organisateurs s’excusent

Une agente immobilière a accusé des militants anti-Israël de l'avoir piégée en lui envoyant par e-mail des demandes de prospectus sur Maale Adumim, qu'elle leur a remis « en sous-main » ; 14 manifestants ont été arrêtés devant le lieu du salon

Des contre-manifestants pro-israéliens font face aux principaux manifestants opposés au Great Israeli Real Estate Event, à la synagogue Edgware United, le 14 juin 2026 à Londres. (Crédit : Denise Baker/Getty Images via JTA)
Des contre-manifestants pro-israéliens font face aux principaux manifestants opposés au Great Israeli Real Estate Event, à la synagogue Edgware United, le 14 juin 2026 à Londres. (Crédit : Denise Baker/Getty Images via JTA)

JTA — Les organisateurs du Great Israeli Real Estate Event, qui s’est tenu dimanche à Londres, ont présenté leurs excuses après qu’il a été révélé que cet événement avait fait la promotion de biens immobiliers situés en Cisjordanie, contrairement à leurs engagements.

La propriétaire d’une agence immobilière, qui tenait un stand lors de l’événement, a indiqué à la Jewish Telegraphic Agency qu’elle avait masqué le nom d’une ville de Cisjordanie sur une affiche, mais qu’elle avait aussi passé « deux prospectus sous la table » à des visiteurs qui étaient intéressés par des biens situés à Jérusalem-Est.

Avant l’événement, les organisateurs, la synagogue qui l’accueillait et le Board of Deputies of British Jews avaient publiquement démenti les allégations avancées par des militants pro-palestiniens qui avaient affirmé que des biens immobiliers situés au-delà des frontières internationalement reconnues d’Israël seraient présentés.

Ils avaient subi de vives pressions suite aux accusations formulées par des dizaines de députés britanniques et par le maire de Londres, Sadiq Khan, et ils avaient dû trouver un nouvel espace après que le lieu initialement prévu pour accueillir l’événement s’est retiré brusquement.

À la suite d’une manifestation devant la synagogue où se déroulait l’événement, le président par intérim du Board of Deputies, Adam Cohen, a affirmé que les organisateurs avaient « réfuté publiquement les allégations qui laissaient entendre qu’ils faisaient la promotion de biens immobiliers situés au-delà de la Ligne verte » qui sépare Israël de la Cisjordanie, suggérant que ces accusations étaient utilisées pour légitimer une certaine forme d’antisémitisme.

Ces « fausses allégations semblent n’être qu’un prétexte pour harceler et intimider les membres de la communauté juive », a-t-il estimé.

Le Board of Deputies a refusé de commenter les révélations ultérieures selon lesquelles des biens immobiliers situés en Cisjordanie avaient été présentés lors de l’événement.

Les organisateurs, qui ont déjà tenu des événements similaires aux États-Unis, ont toutefois publié un communiqué dans le Jewish News britannique pour présenter leurs excuses concernant la mention de quartiers de Jérusalem-Est dans une brochure distribuée lors du salon. Ils ont toutefois rejeté l’idée l’idée selon laquelle les Juifs britanniques pourraient se voir imposer des restrictions concernant la localisation des biens immobiliers qui leur sont proposés.

« Nous tenons à réaffirmer que les organisateurs nous ont clairement indiqué que nous ne devions en aucun cas promouvoir la vente de biens immobiliers israéliens situés au-delà de la Ligne verte. Tous les exposants ont accepté de se conformer à cette exigence », peut-on lire dans le communiqué. « Cela dit, nous estimons qu’il est scandaleux qu’à notre époque, quelqu’un puisse vouloir priver les Juifs britanniques de leur droit d’acheter un bien immobilier où que ce soit dans le monde, à Paris, à New York ou en Israël. »

Le communiqué a également réfuté les allégations relayées sur les réseaux sociaux selon lesquelles des « terres palestiniennes volées » auraient été mises en vente lors de l’événement.

« Ces allégations sont tout simplement mensongères. Personne lors de ce salon n’a fait la promotion ni évoqué de biens immobiliers situés dans les “territoires contestés”, tels que Givat Zeev ou Kfar Eldad », deux implantations situées en Cisjordanie, indique le communiqué. « Leur mention dans la brochure de l’événement était une erreur, et nous nous en excusons. »

Ces révélations ont fait suite à la publication sur les réseaux sociaux de photos prises par des visiteurs montrant des prospectus faisant la promotion d’implantations de Cisjordanie.

Le Guardian a dit avoir obtenu des brochures faisant la promotion de biens immobiliers situés non seulement à Givat Zeev et Kfar Eldad, mais aussi à Maale Adumim et Teneh Omarim, en Cisjordanie, ainsi qu’à Ramat Eshkol et Givat Hamatos – deux quartiers juifs de Jérusalem-Est.

Guy Zilberman, membre du groupe anti-israélien Jewish Anti-Zionist Action, a diffusé une vidéo montrant des images tournées à l’intérieur du salon, sur laquelle on le voit recevoir des brochures de sociétés vendant des logements dans plusieurs de ces localités. Selon lui, un commercial « nous a directement proposé des biens immobiliers en Judée-Samarie », le terme biblique désignant la Cisjordanie.

Les images montrent ensuite Zilberman révélant son identité dans une salle de conférence et dénonçant l’événement, exhortant en hébreu les participants à ne pas voler, avant d’être expulsé par les agents de sécurité.

Un membre de l’organisation Jewish Anti-Zionist Action a confié à Sky News sous couvert d’anonymat : « Je suis allé voir le stand de Tivuch Shelly, où l’on m’a remis un prospectus sur des biens immobiliers à Maale Adumim, une colonie illégale de Cisjordanie. »

Si la ville-implantation de Maale Adumim est légale au regard de la réglementation israélienne, elle est toutefois considérée, à l’instar de toutes les autres implantations israéliennes en Cisjordanie, comme illégale par une grande partie de la communauté internationale.

La propriétaire et fondatrice de Tivuch Shelly, Shelly Levine, a expliqué à la JTA lors d’un entretien téléphonique que son agence n’avait jamais activement fait la promotion de biens immobiliers situés en Cisjordanie lors de ce salon, et qu’elle avait même recouvert les mots « Maale Adumim » avec du ruban adhésif.

Elle a toutefois reconnu avoir distribué « deux prospectus en sous-main » concernant des biens immobiliers à Maale Adumim ; son agence, a-t-elle expliqué, avait reçu, avant l’événement, des e-mails de potentiels clients disant rechercher des biens précisément dans cette zone.

Levine a confié avoir désormais la conviction que ces e-mails faisaient partie d’un « coup monté » visant à la piéger pour qu’elle divulgue des éléments compromettants susceptibles d’être transmis aux médias.

Si elle a déclaré ne pas se souvenir des noms des personnes concernées, elle s’est rappelée leur avoir remis les brochures « dans un sac, en leur précisant qu’ils n’avaient pas le droit de les sortir ni de les consulter à l’intérieur du bâtiment, car nous ne vendons pas de produits à Maale Adumim lors de ce salon ».

À moins de se rendre sur le site web de Tivuch Shelly, a pousuivi Levine, « il est impossible de savoir que nous faisons de la publicité pour Maale Adumim. Nous n’avons pas désobéi aux organisateurs de l’événement ; nous n’avons affiché aucune brochure, ni mis un quelconque document sur nos tables ».

Les lieux cités soulignent la complexité de la géographie israélienne – ainsi que les pressions auxquelles sont confrontés ceux qui tentent de vendre des biens immobiliers dans la région.

Le Royaume-Uni considère l’expansion des implantations israéliennes comme une violation du droit international. Une position qui rend potentiellement contestables sur le plan juridique les opérations immobilières proposées dans ces zones. Les États-Unis, en revanche, ne considèrent pas ces implantations comme illégales. Les événements immobiliers qui s’y déroulent sont donc moins exposés à des poursuites judiciaires, même s’ils suscitent de vives protestations.

Les quartiers relevant de la municipalité de Jérusalem, tels que Ramat Eshkol et Givat Hamatos, présentent une autre difficulté.

Si Israël reconnaît que la Cisjordanie est un territoire contesté et qu’il n’y a pas officiellement étendu sa souveraineté, il ne reconnaît aucune partie de Jérusalem comme territoire faisant l’objet d’un litige. Jérusalem-Est a été annexée et intégrée à l’État en 1980 et, aux termes de la loi israélienne, Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est forment ensemble la capitale complète et indivisible de l’État.

Quant à Maale Adumim, il s’agit d’une ville d’environ 40 000 habitants située en Cisjordanie, juste à l’est de Jérusalem. Malgré son statut d’implantation, la ville a été décrétée sous contrôle israélien lors des précédentes négociations en vue d’une solution à deux États.

Photo prise depuis le corridor E1, une zone extrêmement sensible de Cisjordanie qui n’est pas prévue pour l’annexion, en direction de l’est vers la l’implantation de Maale Adumim et la vallée du Jourdain en arrière-plan, le 30 juin 2020. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Avant même ces révélations, les préparatifs de l’événement avaient été marqués par des tensions depuis des semaines. Le lieu initialement prévu s’était désisté moins de 48 heures avant que la synagogue d’Edgware n’accepte d’accueillir le salon. Et bien que l’emplacement ait été gardé secret jusqu’à moins de 24 heures avant le début du salon, près de 1 000 manifestants, tant du camp anti-israélien que du camp pro-israélien, se sont rassemblés devant la synagogue.

Malgré le déploiement de forces de police sur place pour garder les deux groupes à distance, 14 personnes ont été arrêtées, dans les deux camps, pour différentes infractions, notamment pour des troubles avec violences, des agressions et des atteintes à l’ordre public.

Plus d’une centaine de députés et de membres de la Chambre des lords ont écrit à la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, avant l’événement, pour lui demander de l’annuler, au motif que la vente de biens immobiliers en Cisjordanie était contraire au droit international.

Mardi, Cooper a annoncé aux députés que le gouvernement avait demandé à une autorité nationale de régulation d’examiner les plaintes relatives à la publicité faite autour de l’événement et au matériel promotionnel.

« Nous avons demandé à l’autorité compétente d’examiner cette question dans les plus brefs délais et de nous confirmer que, s’il devait s’avérer qu’il y a effectivement eu de la publicité ou de la promotion de biens immobiliers situés dans des implantations illégales lors de ce salon ou de tout autre événement, elle fera respecter la loi, la réglementation et les directives applicables », a assuré Cooper, en réponse à une question d’un élu local qui lui demandait pourquoi le gouvernement avait autorisé la tenue du Great Israeli Real Estate Event.

« Le respect de ces normes au Royaume-Uni est essentiel. C’est précisément pour cette raison que nous avons soumis cette question avec le plus grand sérieux à l’Autorité en charge des normes publicitaires », a-t-elle poursuivi.

Une réponse qui n’a pas suffi à Zack Polanski, le dirigeant juif anti-sioniste du Parti vert, lequel a adressé dans la journée de mardi une lettre à Khan dans laquelle il exigeait que des mesures soient prises, notamment par les forces de police londoniennes.

« Cette affaire doit être immédiatement transmise au Service de police métropolitain », a écrit Polanski. « Toute autre mesure serait inadaptée au regard de la gravité de la situation. »

Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.