Rechercher
Analyse

Malgré les sceptiques, Washington optimiste après la première réunion du Conseil de paix

Un responsable américain se dit confiant sur le désarmement, mais un diplomate arabe estime qu’une pression durable sur Israël et le Hamas sera indispensable

Jacob Magid

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président Donald Trump brandissant la charte lors d'une cérémonie de signature dans le cadre de son initiative « Conseil de Paix » lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2026. (Crédit : Markus Schreiber/AP)
Le président Donald Trump brandissant la charte lors d'une cérémonie de signature dans le cadre de son initiative « Conseil de Paix » lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2026. (Crédit : Markus Schreiber/AP)

WASHINGTON – L’administration du président américain Donald Trump a enregistré jeudi plusieurs avancées importantes lors de la réunion inaugurale de son Conseil de paix à Washington.

Les États-Unis ont ainsi obtenu environ 7 milliards de dollars d’engagements de la part de leurs principaux alliés du Moyen-Orient pour la reconstruction de Gaza et cinq pays ont accepté de fournir des troupes à la Force internationale de stabilisation (ISF), appelée à mettre progressivement fin à la présence de Tsahal à Gaza. De plus, les plans prévoyant le déploiement de milliers de policiers palestiniens dans l’enclave dans les deux mois à venir avancent.

Et ce, avant même que le groupe terroriste palestinien du Hamas n’ait reçu une proposition formelle de désarmement.

« On nous a dit qu’aucun financement ne sera accordé tant que le Hamas n’aura pas accepté de déposer les armes », a confié un responsable américain au Times of Israel après la réunion. « Nous ne négligeons pas cette question et nous avons toujours l’intention de la traiter de front – mais nous avons une nouvelle fois prouvé que les sceptiques avaient tort. »

S’appuyant sur des signaux encourageants transmis par les pays médiateurs au Moyen-Orient – à savoir l’Égypte, le Qatar et la Turquie, qui depuis des mois mènent des négociations avec le Hamas sur le désarmement – le responsable américain s’est dit optimiste quant aux chances que le groupe terroriste accepte un désarmement progressif, en commençant par ses armes lourdes.

Interrogé sur le scepticisme israélien quant à la sincérité du Hamas, le responsable américain s’est montré dédaigneux. « Ils ne croyaient pas non plus que nous pourrions récupérer tous les otages, » a-t-il fait remarquer.

Des terroristes du Hamas montent la garde pendant que des membres du groupe terroriste recherchent les corps des otages à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 28 octobre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

C’est cette confiance, combinée à la crainte que Trump a instillée chez les deux parties – qui ne veulent pas le contrarier – qui pourrait avoir permis de mener à bien la première phase du cessez-le-feu à Gaza en octobre.

Mais comme le souligne un diplomate arabe, « l’arrogance peut être dangereuse au Moyen-Orient ». Selon lui, il sera essentiel de maintenir la pression sur Israël et sur le Hamas si les États-Unis veulent que la deuxième phase de leur plan, qui prévoit la reconstruction de Gaza et la mise en place d’un nouveau gouvernement technocratique dans la bande de Gaza, aboutisse.

Ce diplomate arabe, au fait des négociations sur le désarmement menées par les médiateurs du Moyen-Orient avec le Hamas, a précisé que les États-Unis avaient des raisons de croire qu’un accord sur cette question était possible.

Il a toutefois expliqué que le désarmement prendrait du temps et qu’il nécessiterait l’intégration de certains membres du Hamas dans le secteur public supervisé par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un cadre auquel Israël s’opposera vraisemblablement.

Le diplomate arabe s’est également montré très sceptique quant à la volonté d’Israël de soutenir le succès du NCAG.

« Même si [le Premier ministre Benjamin Netanyahu] est moins tenu par ses partenaires de coalition d’extrême droite, qui exigent qu’Israël reste à Gaza et rétablisse les implantations, qu’il ne l’était pendant la guerre, il reste attentif aux voix de leur base », a déclaré le diplomate arabe, faisant référence aux élections prévues en Israël à la fin du mois d’octobre.

Une photo montre la députée Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit) et des activistes du mouvement pour les implantations, Nahala, à l’intérieur de la bande de Gaza, le 19 février 2026. (Crédit : Nahala)

Si les promesses des membres du Conseil de paix ont dépassé les attentes initialement avancées par l’administration Trump avant la réunion de jeudi, elles ne se sont pas encore traduites par des fonds effectivement versés sur le nouveau compte de la Banque mondiale destiné à la reconstruction de Gaza.

Aucun calendrier précis n’a été fourni pour leur transfert – et si l’expérience des précédentes conférences de donateurs après la guerre de Gaza devait servir de référence, une grande partie des fonds promis pourrait ne jamais être versée.

L’annonce faite par Trump lors de la réunion de jeudi – il a annoncé que les États-Unis contribueraient eux-mêmes à hauteur de 10 milliards de dollars au Conseil de paix – a particulièrement surpris, alors que des responsables américains qui avaient échangé avec des journalistes, avant la réunion, avaient évoqué un montant de 1,25 milliard de dollars.

Une source proche du dossier a reconnu qu’une somme aussi importante ne serait pas versée en une seule fois et qu’elle devra probablement être approuvée par le Congrès américain.

Des Palestiniens se rassemblent pour un repas de rupture du jeûne (iftar) organisé par la fondation turque IHH, au milieu des décombres des bâtiments détruits à Gaza-City, le 18 février 2026. (Crédit : Omar AL-QATTAA/AFP)

Un diplomate européen membre de l’une des délégations qui ont assisté à la réunion de jeudi en tant qu’observateur a déclaré qu’il se sentait « conforté » dans sa décision de ne pas rejoindre le Conseil de paix.

« Cet événement était déconnecté de la réalité. Ils ont parlé de construire 200 hôtels alors que les habitants de Gaza vivent toujours dans des tentes », a déclaré le diplomate européen.

Le diplomate a également déploré l’absence de femmes parmi la vingtaine d’intervenants présents lors de l’événement. Il n’y a pas eu non plus de représentation palestinienne.

Le commissaire en chef de la NCAG, Ali Shaath, a eu l’occasion de s’adresser à la conférence, mais les organisateurs ont écourté son intervention et il n’a pas reçu de pancarte au nom du NCAG, de Gaza ou de l’AP, contrairement aux autres responsables gouvernementaux présents sur scène aux côtés de Trump.

L’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, et le président du Comité national palestinien pour l’administration de Gaza, Ali Shaath, assistent à la réunion inaugurale du Conseil de paix à l’Institut américain pour la paix à Washington, D.C., États-Unis, le 19 février 2026. (Crédit : Kevin Lamarque/Reuters)

L’Autorité palestinienne (AP) n’a par ailleurs pas été invitée à l’événement et a dû se contenter de la mise en place d’un canal de coordination avec le Conseil de paix afin d’être tenue informée des développements à Gaza, sans pouvoir peser directement sur les décisions.

« Ce n’est pas sans raison que la plupart des pays démocratiques se montrent réticents à l’égard de cette initiative », a déclaré le diplomate européen.

La plupart des pays européens se sont abstenus de rejoindre le Conseil de paix, car ils craignent que les États-Unis n’utilisent cet organe pour usurper le rôle des Nations unies (ONU). À cela s’ajoute le fait que la charte du Conseil confère à Trump des pouvoirs sans précédent.

Les représentants des pays membres qui se sont exprimés lors de la réunion de jeudi n’ont pas semblé gênés par ce cadre et ils ont tous fait l’éloge de Trump.

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, a proposé de créer « un prix spécial du Conseil de paix décerné au président Trump afin de reconnaître ses efforts et ses réalisations exceptionnels ».

Giovanni Vincenzo Infantino, président de la FIFA, essaie une casquette américaine lors d’une réunion du Conseil de paix à l’Institut américain de la paix, à Washington, le jeudi 19 février 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP)

« La participation à ce projet vaniteux est le prix à payer pour entrer dans le jeu », a commenté le diplomate européen.

En réponse à ces critiques, le responsable américain a affirmé que les pays ayant choisi de rester en retrait étaient incapables de mettre fin à la guerre.

« Ils continueront à se plaindre, et nous continuerons à œuvrer pour offrir un avenir meilleur aux Israéliens et aux Gazaouis », a déclaré le responsable américain.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.