Netanyahu : Les efforts du Liban pour désarmer le Hezbollah, encourageants mais « loin d’être suffisants »
Le Liban affirme que le Hezbollah a été désarmé dans le sud , une annonce qui marque une étape potentielle après la trêve de 2024 ; Beyrouth appelle à nouveau au retrait israélien
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L’armée libanaise a annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah dans tout le sud du pays, ce secteur qui sépare la frontière israélienne et le fleuve Litani, dans la journée de jeudi.
Une annonce qui marque une étape potentiellement importante plus de douze mois après la fin de la guerre qui avait opposé, pendant un an, le groupe terroriste et Israël – un conflit qui a été suivi par un cessez-le-feu. Pendant des décennies, le Hezbollah avait été la force la plus puissante dans le sud du Liban.
Mais Israël, qui conserve une présence militaire dans plusieurs endroits stratégiquement déterminants au sud-Liban pour assurer la défense de sa frontière, a fait part de son scepticisme suite à l’affirmation qui a été faite par Beyrouth.
Dans un communiqué, les Forces armées libanaises (FAL) ont déclaré avoir « atteint les objectifs de la première phase » de leur plan « de manière efficace et tangible ». Elles ont toutefois ajouté qu’il restait encore du travail à accomplir pour éliminer toutes les munitions qui n’ont pas explosé et pour détruire les tunnels dans la région, avec l’intention d’élargir leur action à tout le reste du territoire.
L’armée libanaise s’était fixé comme objectif de fin d’année de débarrasser le sud du Liban des armes qui n’appartiennent pas à l’État – c’est-à-dire de tous les armements qui se trouvent entre les mains du groupe terroriste soutenu par l’Iran. Elle a noté qu’elle avait élargi son contrôle opérationnel sur le sud, à l’exception d’une poignée de secteurs qui sont encore placés sous le contrôle des soldats israéliens.
Le Hezbollah, qui a rejeté les efforts de désarmement, n’a pas commenté cette annonce.
Israël, de son côté, a réagi avec prudence, disant que les efforts livrés par Beyrouth en faveur du désarmement de l’organisation terroriste étaient « encourageants » mais qu’ils restaient insuffisants. Dans un deuxième communiqué, Jérusalem a ajouté que « le Hezbollah se réarme plus vite qu’il n’est désarmé ».
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué que le désarmement du Hezbollah était « impératif pour la sécurité d’Israël et pour l’avenir du Liban ». Il a indiqué que les initiatives prises par le gouvernement libanais et par les FLA « constituent un début encourageant, mais elles sont loin d’être suffisantes, comme en témoignent les efforts qui sont déployés par le Hezbollah pour se réarmer et pour reconstruire son infrastructure terroriste avec le soutien de l’Iran ».
Dans une déclaration ultérieure, le ministère des Affaires étrangères a fait remarquer que « les larges infrastructures militaires du Hezbollah existent toujours dans la zone sud du fleuve Litani », disant que la mission de désarmement du groupe terroriste dans cette région « est loin d’être accomplie ». Il a dénoncé une coopération « regrettable », selon lui, entre le Hezbollah et certaines unités des FSL.
Le ministère a joint une vidéo montrant les sites militaires que le Hezbollah aurait rétablis dans la ville de Beit Lif, dans le sud du Liban.
Cette annonce a été faite plus de treize mois après la trêve dans la guerre entre Israël et le Hezbollah – un conflit qui avait commencé quand le groupe terroriste avait tiré ses premiers missiles de l’autre côté de la frontière en date du 8 octobre 2023, vingt-quatre heures après le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël.
Le cessez-le-feu qui avait été conclu au mois de novembre 2024 entre le Hezbollah et Israël avait suivi une offensive terrestre israélienne et des frappes aériennes simultanées qui avaient gravement affaibli le groupe. Une grande partie de ses chefs avait été éliminée. L’accord exigeait qu’Israël et le Hezbollah quittent le sud du Liban, remplacés par les Forces armées libanaises (FAL).
Il stipulait également que seules les forces de sécurité de l’État libanais étaient autorisées à porter des armes. Israël s’est retiré de tous les postes stratégiques le long de la frontière – à l’exception de cinq – au fur et à mesure que le travail de désarmement a progressé, et Tsahal attaque souvent les forces et les postes du Hezbollah que les militaires accusent de contrevenir au cessez-le-feu.
Depuis l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a affirmé avoir tué plus de 390 membres du Hezbollah et de groupes terroristes alliés lors de frappes, avoir bombardé des centaines de sites du Hezbollah et avoir mené plus de 1 200 raids et autres opérations de moindre envergure dans le sud du Liban.
Une source proche des services libanais de sécurité a confié à Reuters que l’annonce qui a été faite jeudi signifiait qu’aucun groupe ne serait en mesure de lancer des attaques depuis le sud-Liban. Les FSL prendront des mesures pour « empêcher de manière permanente les groupes armés de reconstruire leurs capacités », a également affirmé Beyrouth.
Le Liban fait face à des pressions croissantes de la part des États-Unis et d’Israël concernant le désarmement du Hezbollah. Ses dirigeants craignent qu’Israël n’intensifie considérablement ses frappes dans ce pays déjà durement touché afin de pousser plus rapidement les responsables, à Beyrouth, à confisquer l’arsenal du Hezbollah.
Mercredi, Netanyahu a expliqué aux ministres de son cabinet que le président américain Donald Trump avait donné son feu vert pour une nouvelle offensive israélienne contre le groupe, a rapporté la chaîne d’information Kan, qui n’a pas cité ses sources.
Le reportage a précisé que Jérusalem et Washington étaient mécontents des efforts déployés par le gouvernement libanais dans sa lutte contre la menace du Hezbollah, sans toutefois dire si une offensive majeure contre le Hezbollah était imminente.
La semaine dernière, des responsables libanais avaient expliqué que le Hezbollah avait reçu un « dernier avertissement » de la part de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie pour qu’il remette ses armes au gouvernement libanais, selon le journal arabe Asharq al-Awsat, dont le siège est au Royaume-Uni.
Selon ces sources, ces pays ont mis en garde le Hezbollah en lui disant que s’il ne se pliait pas à cette exigence, le Liban risquait de se retrouver isolé sur les plans politique et économique, et qu’une guerre avec Israël ne ferait qu’exacerber le sentiment anti-Hezbollah au Liban.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, était en route, jeudi, pour Beyrouth où il devait se rendre, a rapporté la chaîne d’information N12.
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le déploiement de l’armée dans le sud visait à affirmer un principe : « Les décisions de guerre et de paix » appartiennent uniquement à l’État. Il a ajouté que la présence des soldats avaient aussi pour objectif « d’empêcher l’utilisation du territoire libanais comme point de départ pour tout acte hostile ».
Mais il a ajouté qu’une stabilité durable restait subordonnée au règlement de questions de premier plan, notamment celle de « l’occupation continue par Israël de certaines parties du territoire libanais et la création de zones-tampons à l’intérieur de ce dernier ».
Dans une déclaration, le président du Parlement Nabih Berri, un allié du Hezbollah, a affirmé son soutien à l’armée et à « ses réalisations qui auraient été presque achevées sans l’occupation par Israël de nombreux lieux et sans ses violations quotidiennes ».
Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères israélien a fait valoir que les attaques continues lancées par Tsahal à l’encontre du Hezbollah n’ont pas entravé la campagne libanaise visant à désarmer le groupe terroriste, et qu’elles soutenaient finalement cet effort.
« Israël attend des Forces armées libanaises qu’elles poursuivent leurs efforts pour désarmer le Hezbollah au sud du Litani et dans toutes les autres régions du Liban, en totale conformité avec l’accord de cessez-le-feu », a expliqué le ministère.
Aoun et l’armée libanaise ont fait savoir que le soutien international devait être accéléré afin que l’armée puisse continuer à progresser dans la mise en place d’un monopole d’État sur les armes.
La coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a estimé qu’il était « formidable de voir » que l’armée avait « pris le contrôle opérationnel au sud du Litani ». « Il s’agit d’un progrès indéniable. Un travail difficile nous attend », a-t-elle écrit sur X.
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