Quelque 200 000 manifestants contre les autorités iraniennes à Munich, selon la police
Des rassemblements pour appeler à une action internationale contre Téhéran sont aussi prévus samedi à Toronto et à Los Angeles
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Environ 200 000 personnes étaient rassemblées samedi après-midi à Munich contre les autorités iraniennes, a annoncé à l’AFP la police de la capitale bavaroise, où se tient la conférence de sécurité (MSC) qui réunit jusqu’à dimanche des dirigeants mondiaux.
La police avait peu avant donné une première évaluation d’environ 80 000 manifestants venus réclamer la chute de la république islamique, après la répression sanglante qui a étouffé une vaste vague de contestation depuis fin décembre.
Les participants ont atteint le double du nombre attendu par l’association organisatrice, The Munich Circle.
Ils ont convergé dans le calme en direction de la Theresienwiese, une immense place bétonnée de l’ouest de ville qui accueille chaque année l’Oktoberfest, a constaté une journaliste de l’AFP.
Dans une ambiance pacifique et paisible, de nombreux manifestants ont offert des tulipes et des roses aux policiers sur cette place qui accueille chaque année l’Oktoberfest, considérée comme la plus grande fête foraine du monde.
Certains brandissaient des drapeaux à bandes horizontales verte, blanche et rouge avec un lion et un soleil, étendard de la monarchie renversée en 1979.
Plusieurs des manifestants interrogés par l’AFP ont dénoncé les négociations menées par les Etats-Unis avec le gouvernement iranien, dénonçant l’absence de légitimité de ce dernier.
« Lorsqu’un gouvernement tue son peuple dans la rue, il n’est pas digne de confiance », a déclaré Razieh Shahverdi, une Iranienne de 34 ans, employée dans le marketing, qui a fait le trajet depuis Paris pour rejoindre la manifestation.
Slogans monarchistes
Certains manifestants de ce rassemblement affichaient le portrait du fils exilé du chah déchu, Reza Pahlavi, et scandaient des slogans tels que « Javid Shah » (vive le chah), « Pahlavi bar migarde » (Pahlavi revient) et « Reza II », appelant cet opposant au pouvoir actuel à devenir le successeur du fondateur de la dynastie Pahlavi, son grand-père Reza Shah.
« C’est la meilleure option pour notre pays car nous connaissons la famille Pahlavi », a argué auprès de l’AFP Riana, une médecin de 40 ans vivant en Allemagne, qui préfère taire son nom pour sa sécurité.
Lors de son discours à la MSC samedi matin, Reza Pahlavi a appelé le président américain Donald Trump à « aider » le peuple iranien, jugeant qu’il était « temps d’en finir avec la République islamique ».
« C’est la revendication qui résonne depuis le bain de sang de mes compatriotes, qui ne nous demandent pas de réformer le régime, mais de les aider à l’enterrer », a ajouté cette figure de l’opposition iranienne qui vit en exil à New York.
Interrogé après son discours, il n’a pas confirmé sa venue à la Theresienwiese.
Des ONG de défense des droits humains font état de milliers de manifestants tués en Iran.
Des rassemblements pour appeler à une action internationale contre Téhéran sont aussi prévus samedi à Toronto et à Los Angeles.
La semaine dernière, quelque 10 000 personnes s’étaient déjà rassemblées à Berlin selon la police allemande, répondant à l’appel du Conseil national de la Résistance iranienne, vitrine politique du groupe d’opposition en exil Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou MEK), considéré comme « terroriste » par Téhéran.
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