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Ryad, Paris, Oslo et Madrid lancent une collecte mondiale de fonds pour l’AP

Depuis quatre mois, les recettes douanières qu'Israël perçoit pour le compte de l'AP sont bloquées, alors qu'elles constituent la majeure partie du budget de Ramallah

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam (à droite) accueillant le dirigeant de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avant leur réunion au palais du gouvernement à Beyrouth, au Liban, le 22 mai 2025. (Crédit : Hassan Ammar/AP Photo)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam (à droite) accueillant le dirigeant de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avant leur réunion au palais du gouvernement à Beyrouth, au Liban, le 22 mai 2025. (Crédit : Hassan Ammar/AP Photo)

La France, la Norvège, l’Espagne et l’Arabie saoudite s’efforcent de rassembler d’autres pays autour d’un plan d’aide d’urgence visant à empêcher l’effondrement de l’Autorité palestinienne (AP) alors qu’Israël retient des centaines de millions de dollars appartenant à Ramallah, selon une lettre adressée aux potentiels États donateurs que s’est procurée le Times of Israel.

Le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich refuse, depuis quatre mois consécutifs, de transférer les recettes douanières qu’Israël perçoit pour le compte de l’AP. Ces fonds constituent la majeure partie du budget de Ramallah, et ne pas les percevoir a conduit l’AP au bord de l’effondrement.

Cette lettre adressée aux potentiels pays donateurs, qui participeront lundi à l’ONU à une conférence franco-saoudienne sur la solution à deux États, demande aux participants d’exiger d’Israël qu’il libère les fonds palestiniens.

Semblant toutefois résignés à l’idée que Jérusalem ne changera pas d’avis sur la question, les organisateurs ont défini un objectif de collecte de fonds de 200 millions de dollars pour chacun des six prochains mois, afin de pouvoir couvrir les dépenses de fonctionnement de l’AP.

« Apporter un soutien à la reprise du secteur privé et au fonctionnement des acteurs commerciaux essentiels, notamment les banques palestiniennes, est également nécessaire », peut-on lire dans la lettre.

Un diplomate européen a confié au Times of Israel que les quatre pays participants avaient déjà accepté de verser à l’AP 200 millions de dollars par mois pendant six mois, et qu’ils espéraient que d’autres pays se joindraient à eux pour partager cette charge.

« L’Autorité palestinienne s’est engagée dans la mise en œuvre d’un ambitieux programme de réformes, visant à opérer des transformations structurelles permettant de jeter les bases d’un État moderne, transparent et responsable », ont rapporté les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, de France, de Norvège et d’Espagne, assurant ainsi la promotion de la nouvelle campagne internationale de collecte de fonds pour Ramallah.

La participation de l’Arabie saoudite à cette initiative est particulièrement remarquable. Ryad, en effet, était auparavant l’un des plus grands critiques du président de l’AP Mahmoud Abbas, qu’il accusait de corruption.

L’adhésion du principal pays arabe à ce projet confère une légitimité supplémentaire aux mesures de réforme récemment décidées par Ramallah.

La lettre signale par ailleurs que l’AP fait face à une « menace existentielle » en raison du blocage des recettes douanières, venant s’ajouter à la guerre opposant Israël et le Hamas à Gaza, à la violence des résidents d’implantation en Cisjordanie et au blocage des transferts vers les banques palestiniennes.

« Un État palestinien viable, en mesure de répondre aux besoins et aspirations du peuple palestinien, est essentiel au maintien de la paix et à la sécurité du Moyen-Orient à l’avenir », ont affirmé les quatre pays.

« Nous devons donc nous mobiliser de toute urgence afin d’empêcher l’effondrement financier de l’Autorité palestinienne, un effondrement qui aurait de graves répercussions sur la société palestinienne, la stabilité régionale et la sécurité internationale », poursuit la lettre. « Les difficultés financières ne peuvent être à l’origine de l’échec d’un État palestinien et de la déstabilisation du Moyen-Orient. »

« Nous devons agir dès maintenant. Dans ce but, nous proposons de coordonner rapidement, dès les prochains jours, une coalition d’urgence pour la Palestine », explique la lettre.

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