Saisine de la Cour Suprême pour protéger des bergers palestiniens de Cisjordanie
Sept villages de la vallée du Jourdain affirment que la violence des résidents d'implantations et le manque d'eau les forcent au départ, dénonçant un nettoyage ethnique
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Cette semaine, la Cour Suprême a sommé l’armée, l’Administration civile, la police et d’autres entités de répondre au recours déposé par sept communautés de bergers palestiniens du nord de la vallée du Jourdain, lesquelles réclament une protection contre les violences des résidents d’implantations et l’accès aux services de base.
Les sept villages ont déposé leur recours la semaine passée après des mois – voire des années – d’intenses pressions de la part de résidents d’implantations radicaux et de l’armée. Selon eux, la vie est devenue impossible et ce qui se passe s’apparente à un « nettoyage ethnique ». La Cour Suprême a donné aux autorités jusqu’au 6 août prochain pour faire part de leur réaction.
Selon l’organisation Jordan Valley Activists et l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI), à l’origine de ce recours, ces villages sont les dernières communautés de bergers palestiniens à se trouver en zone C de la vallée du Jourdain, le harcèlement des résidents d’implantations et la pression des autorités ayant déjà chassé les autres communautés.
Les auteurs du recours sont 17 membres de ces communautés (comprenant al-Hama, al-Farisiyah, Ein al-Hilweh, Samra, al-Hadidiyah, Khirbet Humsa et Khallet Makhul) ainsi que l’ACRI, selon laquelle ces villages sont en danger immédiat d’expulsion.
« Ce qui se passe dans le nord de la vallée du Jourdain ne relève pas d’événements isolés et accidentels, mais d’une politique globale et préméditée. C’est ce qu’on appelle du nettoyage ethnique », estime Reut Shaer, qui a déposé le recours.
Dans son recours, l’ACRI évoque le cas de onze communautés de bergers du nord de la vallée du Jourdain, en zone C de Cisjordanie (sous contrôle civil et sécuritaire total d’Israël), lesquelles ont été dépeuplées entre 2025 et 2026. Elle soutient que les sept communautés requérantes existent depuis des décennies et qu’elles doivent être protégées contre tout déplacement, même si elles ne disposent pas de permis de zonage ou de construction.
Selon B’Tselem, ce sont près de 4 200 Palestiniens issus de 62 communautés des zones C et B de Cisjordanie qui ont été déplacés de force à la suite des guerres consécutives au pogrom du Hamas du 7 octobre 2023, en raison des violences des résidents d’implantations et du harcèlement des autorités. Quinze autres communautés ont été partiellement déracinées.
Selon l’ACRI, 16 avant-postes illégaux ont été créés ces dix dernières années dans le nord de la vallée du Jourdain, dont trois ces six derniers mois, ce qui a accru la pression sur les communautés palestiniennes, sans parler des campements sauvages qui ont été établis pour harceler des habitations, campements qui sont démontés une fois que leurs occupants ont réussi à faire fuir les résidents.
L’actuel gouvernement a fortement augmenté le soutien financier et matériel aux avant-postes illégaux, notamment par l’achat d’équipements de sécurité, par des subventions versées aux bénévoles et par l’achat de bétail.
Selon certaines accusations, émanant parfois d’officiers supérieurs de l’armée, Tsahal aiderait des avant-postes illégaux à s’installer, de concert avec les autorités municipales des implantations, ce que le chef du commandement central de l’armée a semblé confirmer tout récemment.
Des ministres, comme le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich, ont déclaré que l’établissement d’avant-postes illégaux visait à prendre le contrôle des terres en Cisjordanie au détriment des Palestiniens. Des dirigeants de conseils municipaux de résidents d’implantations ont eux aussi reconnu apporter leur aide à ces installations.
Le recours accuse les autorités de participer au harcèlement des communautés palestiniennes en permettant l’installation d’avant-postes violents et de campements sauvages, en ne réagissant pas aux violences extrémistes, et en leur refusant l’accès aux pâturages et aux ressources en eau.
Le recours exige que les autorités démolissent les avant-postes illégaux, retirent les clôtures empêchant l’accès aux terres de pâturage et garantisse aux communautés l’accès aux infrastructures d’eau et aux services de base.
L’ACRI affirme que l’armée, l’Administration civile et la police sont tenues de protéger ces communautés en vertu du droit israélien, des décisions de justice imposant le respect de la loi en Cisjordanie, et du droit international qui oblige une puissance occupante à protéger les habitants d’un territoire.
la Communauté du Times of Israël !







