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Sans aucun préavis, les États-Unis refusent des visas aux porteurs de passeports palestiniens

En vertu d'une loi réservée à des cas individuels, le département d'État a ordonné à ses missions diplomatiques de ne pas délivrer de visa aux "demandeurs normalement admissibles" détenteurs d'un passeport de l'Autorité palestinienne

Un Palestinien au poste-frontière de Rafah montre son passeport délivré par l'Autorité palestinienne, le 12 juin 2015. (Crédit : Aaed Tayeh/Flash90)
Un Palestinien au poste-frontière de Rafah montre son passeport délivré par l'Autorité palestinienne, le 12 juin 2015. (Crédit : Aaed Tayeh/Flash90)

C’est en toute discrétion que les États-Unis ont instauré une interdiction de visas pour les demandeurs porteurs d’un passeport délivré par l’Autorité palestinienne, a fait savoir lundi le New York Times, citant quatre responsables américains anonymes. Le département d’État américain a confirmé l’information.

Avant cela, l’administration Trump avait indiqué qu’elle ne délivrerait pas de visas aux autorités palestiniennes désireuses d’assister à l’Assemblée générale des Nations Unies ce mois-ci, fût-ce au chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, après avoir suspendu les visas des Palestiniens originaires de la bande de Gaza venus se faire soigner aux États-Unis.

Selon le New York Times, ces nouvelles dispositions vont plus loin et s’appliquent aux « visas pour raisons médicales, études universitaires, visites à la famille ou aux amis et autres voyages d’affaires ». Le gel ne s’applique pas aux porteurs de visas déjà délivrés, ni aux Palestiniens qui ont un deuxième passeport et utilisent cet autre passeport pour demander un visa.

Ces nouvelles dispositions ont été annoncées par un message envoyé le 18 août par le département d’État à l’ensemble des missions diplomatiques américaines, en utilisant un mécanisme – l’article 221-G de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité de 1952 – généralement utilisé pour demander des documents ou des informations supplémentaires à certaines personnes pour instruire plus en détails leur demande.

« À compter d’aujourd’hui, les agents consulaires ont pour instruction de refuser le visa non-immigrant, en vertu de l’article 221 (g) de la loi sur la nationalité d’immigration (INA), aux titulaires de passeports délivrés par l’Autorité palestinienne normalement éligibles », a expliqué le département d’État, selon le Times.

Le président américain Donald Trump écoute le secrétaire d’État américain Marco Rubio lors d’une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, le 30 avril 2025. (Crédit : Andrew Harnik / Getty Images/AFP)

C’est dans les années 1990, à l’époque des accords d’Oslo entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine, que l’Autorité palestinienne, qui gouverne certaines parties de la Cisjordanie et qui est reconnue par une grande partie de la communauté internationale comme la représentante légitime des Palestiniens, avait commencé à délivrer des passeports.

Cette interdiction générale de visa fait suite à l’annonce par les autorités américaines, le 16 août dernier, de la suspension de toute délivrance de visas visiteur pour les Palestiniens de Gaza, peu de temps après que la militante d’extrême droite et confidente de Trump, Laura Loomer, a dit des familles de l’enclave venues aux États-Unis faire soigner leurs enfants qu’elles représentaient « une menace pour la sécurité du pays ».

Vendredi, le département d’État américain a annoncé qu’il ne délivrerait pas de visas à Abbas et aux quelque 80 membres des autorités palestiniennes en vue de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Le Secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré qu’il s’agissait de tenir l’Autorité palestinienne « responsable du non-respect de ses engagements et de l’atteinte aux perspectives de paix ».

Abbas avait prévu de se rendre à New York pour prendre part à l’Assemblée générale annuelle de l’ONU au siège de l’organisation, à Manhattan. Il devait également assister à un sommet organisé par la France et l’Arabie saoudite, durant lequel la Grande-Bretagne, la France, l’Australie et le Canada envisageaient de reconnaître officiellement un État palestinien.

Ces nouvelles dispositions ont été condamnées par une grande partie de la communauté internationale, en particulier par l’UE, qui presse Washington de revenir sur sa décision.

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