Sharaa: les pourparlers avec Israël se poursuivent et pourraient aboutir à un accord de paix global
Damas n'a aucun intérêt à entrer en conflit avec Israël, dit le dirigeant syrien à Al Jazeera ; il rejette à nouveau les appels de Trump à envoyer des soldats pour combattre le Hezbollah au Liban
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Le président syrien Ahmed al-Sharaa a déclaré dans une interview diffusée dimanche que son pays œuvrait à la mise en place d’un accord de sécurité avec Israël. Un accord qui, selon lui, pourrait à terme conduire à une paix globale entre les deux pays voisins.
Selon des extraits de cette interview qui sera diffusée plus tard dans la journée de dimanche sur Al Jazeera, Sharaa a indiqué que plusieurs pays participaient aux négociations entre Damas et Jérusalem, lesquelles ont, dit-il, pour objectif de parvenir à un accord prévoyant le retrait de l’armée israélienne de la zone tampon qu’elle occupe depuis la chute, en 2024, de Bachar al-Assad, dirigeant de longue date de la Syrie.
Les deux pays, qui n’entretiennent aucune relation officielle et qui sont officiellement en situation de guerre, ont depuis participé à plusieurs cycles de pourparlers sous l’égide des États-Unis. En janvier, ils sont convenus de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements, ainsi que de développer les relations diplomatiques et les opportunités commerciales entre eux.
Les pourparlers pour un accord de sécurité plus large, visant à relancer l’accord de désengagement de 1974 qui avait établi une zone tampon sous surveillance de l’ONU entre Israël et la Syrie après la guerre du Kippour de 1973, se poursuivent.
Sharaa a indiqué souhaiter qu’un tel accord débouche sur des pourparlers de paix globaux avec Israël, sans que la Syrie ne renonce à ses revendications sur le plateau du Golan, conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours de 1967 puis annexé par ce dernier, une mesure que la Syrie et la plupart des pays ne reconnaissent pas.
Il a en outre déclaré au média qatari que la Syrie n’avait aucun intérêt à entrer en confrontation avec Israël et que le pays entendait éviter une telle situation.
Nouvelle fin de non-recevoir à une intervention au Liban
À propos des multiples déclarations du président américain Donald Trump selon lesquelles la Syrie pourrait intervenir militairement dans le conflit qui oppose Israël au groupe terroriste chiite du Hezbollah, soutenu par l’Iran, au Liban, Sharaa a réaffirmé que son pays n’avait aucune intention de mener de telles opérations.
Damas préférerait plutôt soutenir le gouvernement libanais dans ses efforts pour désarmer le Hezbollah, a-t-il précisé. Le gouvernement syrien, a-t-il ajouté, discutait actuellement des moyens d’aider Beyrouth sans recourir à une intervention militaire.
Sharaa s’est également déclaré fermement favorable à ce que Beyrouth réserve le contrôle des armes et le pouvoir décisionnel à l’État – une pique apparemment adressée au Hezbollah, qui a une nouvelle fois plongé le pays dans la guerre en s’associant, dans le courant de l’année, à l’offensive américano-israélienne contre l’Iran en tirant des roquettes et des drones sur le nord d’Israël.
Trump a maintes fois pressé la Syrie d’intervenir militairement au Liban, arguant qu’Israël ne savait pas comment combattre le groupe terroriste à la solde de l’Iran « sans détruire des bâtiments », et qu’il était « sur le point de confier cette tâche à la Syrie ».
Mais Sharaa, qui s’est attaché à reconstruire la Syrie et à asseoir sa légitimité nationale et internationale depuis que ses forces islamistes ont renversé Assad à la fin de l’année 2024, a toujours rejeté l’idée que les forces syriennes puissent entrer en guerre contre le Hezbollah, autrefois allié d’Assad.
Dans son interview de dimanche, il a affirmé que toute flambée de conflit au Liban aurait inévitablement des répercussions sur la Syrie, et que toute extension de la guerre pourrait entraîner un effondrement régional majeur.
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