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Smotrich : Des plans ont été élaborés pour établir 3 implantations israéliennes à Gaza

Le ministre des Finances exhorte Benjamin Netanyahu à approuver la création de communautés dans le nord de l'enclave ; les États-Unis s'y opposent ; cette initiative a peu de chances d'aboutir

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, assistant à une cérémonie marquant le lancement de la construction de mille nouveaux logements, au kibboutz Ein HaShlosha, près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 29 juin 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, assistant à une cérémonie marquant le lancement de la construction de mille nouveaux logements, au kibboutz Ein HaShlosha, près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 29 juin 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré lundi qu’Israël avait élaboré des plans visant à établir trois implantations dans la bande de Gaza, et que seule l’approbation du Premier ministre Benjamin Netanyahu était nécessaire pour donner suite à ce projet.

L’Administration des implantations du ministère de la Défense, dont Smotrich a la charge en sa qualité de ministre délégué du ministère de la Défense, « a achevé les travaux préparatoires en vue de l’établissement de trois implantations dans le nord de la bande de Gaza », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Smotrich a appelé Netanyahu à « donner son accord » afin de « mener à bien la mission et de rétablir une véritable sécurité pour les habitants du sud ».

Ces propos font suite à sa rencontre avec le maire de Sderot, Alon Davidi, lors d’une tournée dans les communes situées à la frontière avec Gaza, afin d’examiner les projets de reconstruction des zones dévastées par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, puis par la guerre qui a suivi.

Smotrich a déclaré que l’armée israélienne devrait s’emparer d’une part plus importante des 70 % du territoire de Gaza qu’elle contrôle actuellement, et que, selon lui, les implantations juives à Gaza serviraient de ceinture de sécurité pour les communautés frontalières en Israël.

« Là où il n’y a pas d’implantation, il n’y a pas de sécurité », a-t-il affirmé.

Un soldat de l’armée israélienne occupant une position militaire surplombant la « Ligne jaune », dans le centre de la bande de Gaza, le 26 mai 2026. (Crédit : Ariel Schalit/AP Photo)

Smotrich a beaucoup milité en faveur de l’expansion des implantations et a déjà appelé publiquement le Premier ministre à plusieurs reprises à annexer et à peupler des territoires en Cisjordanie et à Gaza.

Cependant, un retour de la présence juive à Gaza se heurte à une forte opposition des États-Unis et semble hautement improbable dans un avenir proche.

En avril, il avait appelé Netanyahu à occuper pleinement la bande de Gaza et à y réinstaller des populations, insistant sur le fait que la fin de la guerre contre le Hamas devait s’accompagner d’une expansion territoriale.

Le mois dernier, Netanyahu a indiqué avoir ordonné à Tsahal de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza, soit bien au-delà de la partie de l’enclave où Jérusalem était autorisée à rester temporairement dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025 avec le Hamas.

Ce cessez-le-feu a mis fin à la guerre déclenchée par l’assaut barbare et sanglant du 7-Octobre.

Lors de la visite de Smotrich dans le sud du pays, le père d’une soldate israélienne tuée le 7-Octobre l’a interpellé, l’accusant d’être responsable de la mort des otages enlevés ce jour-là, car il s’était opposé aux accords qui auraient permis leur retour sain et sauf, avant qu’ils ne soient finalement tués.

Eyal Eshel, père de Roni Eshel, tazpitanit – soldate de surveillance – tuée au combat, a interrompu Smotrich depuis l’auditoire pendant un discours que celui-ci prononçait au kibboutz Ein HaShlosha, situé près de la frontière avec la bande de Gaza et qui avait été envahi par des terroristes armés lors de leur assaut. Quatre membres du kibboutz ont été tués ce jour-là.

Dimanche, Smotrich s’était attribué le mérite du retour de tous les otages détenus par des groupes terroristes à Gaza, alors qu’il avait voté à maintes reprises, tout au long des deux années de guerre dans la bande de Gaza, contre des accords qui auraient permis leur libération plus tôt. Ces propos ont suscité l’indignation d’anciens otages et de familles d’otages décédés.

Eyal Eshel, père de Roni Eshel, soldate de l’armée israélienne chargée de la surveillance et assassinée le 7-Octobre, interrompant le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d’une cérémonie au kibboutz Ein HaShlosha, près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d’Israël, le 29 juin 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Smotrich se trouvait dans ce kibboutz pour examiner les plans de reconstruction, qui prévoient notamment la construction d’un millier de logements dans les communautés frontalières.

Alors qu’il prononçait son discours, Eshel s’est levé et l’a pris à partie.

« Descendez de l’estrade. Vous n’avez pas votre place ici », a-t-il crié.

« Vous devriez démissionner. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ? »

« Pourquoi n’avez-vous pas démissionné le matin du Shabbat noir ? », a-t-il ajouté, faisant référence au 7 octobre 2023, qui tombait un samedi.

« De nombreux otages sont revenus dans des cercueils parce que vous avez voté contre » les accords de cessez-le-feu en échange de la libération des otages, a dénoncé Eshel.

Eshel a accusé Smotrich d’avoir assisté à cet événement dans le cadre d’une opération de relations publiques, faisant vraisemblablement référence aux prochaines élections législatives pour lesquelles les sondages indiquent que le parti HaTzionout HaDatit de Smotrich oscille autour du seuil d’entrée à la Knesset.

Répondant à Eshel, Smotrich a déclaré qu’il était venu « pour remercier également ceux qui sont à juste titre en colère contre moi ».

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, assistant à une cérémonie marquant le lancement de la construction de mille nouveaux logements, au kibboutz Ein HaShlosha, près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d’Israël, le 29 juin 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

« Des personnes qui ont vécu le pire, sous ma surveillance et sous ma responsabilité. Je comprends votre colère. Je suis ici pour veiller à ce qu’Israël réussisse. »

Liora Ben Tzur, une habitante du kibboutz dont la mère, Marcelle Taljah, a été assassinée le 7-Octobre, est montée sur scène pour tenter d’apaiser les tensions.

« Je reconnais votre douleur ; nous sommes ici pour parler au nom de tout le peuple », a-t-elle déclaré.

« Nous sommes ici pour créer l’unité entre nous. »

« Il ne parle pas au nom du peuple », lui a rétorqué Eshel.

Avant l’événement, quelques dizaines de personnes avaient manifesté devant le kibboutz pour protester contre la participation de Smotrich, a rapporté Ynet.

Smotrich a été contraint d’annuler une visite prévue au kibboutz Beeri, en raison de la colère des habitants, à la suite de ses propos sur le sort des otages, a rapporté le site d’information Walla.

Le rabbin Elhanan Danino, père d’Ori Danino, otage assassiné, a souligné lors d’une interview que Smotrich avait fait obstacle aux accords de cessez-le-feu.

« Des responsables des forces de défense m’ont explicitement confié que Smotrich était celui qui, au sein du Conseil des ministres, tapait du poing sur la table du Premier ministre chaque jour pour empêcher la conclusion d’un accord et poursuivre la guerre », a déclaré Danino à la chaîne publique Kan.

« Je prie pour que l’heure de son jugement arrive rapidement. »

Sur les 251 otages enlevés par le Hamas et d’autres groupes terroristes le 7-Octobre dans le sud d’Israël, 166 ont été relâchés vivants et 85 ont été rapatriés en Israël sans vie.

Parmi les corps restitués à Israël au cours des deux années qui ont suivi le 7-Octobre, 44 étaient déjà morts au moment de leur enlèvement et 41 avaient été enlevés vivants puis tués en captivité.

Dans de nombreux cas, ils ont été exécutés par leurs geôliers ; dans d’autres, Tsahal a confirmé que ses propres actions, notamment des frappes aériennes, avaient entraîné la mort d’otages.

Tout au long de ces deux années de guerre à Gaza, Smotrich s’est systématiquement opposé aux différentes propositions d’accords sur les otages ou n’y a apporté qu’un soutien conditionnel, estimant que la poursuite de l’opération militaire et la chute du Hamas étaient prioritaires.

Il a également menacé, à plusieurs reprises, de retirer son parti, HaTzionout HaDatit, du gouvernement si un accord qu’il désapprouvait venait à être signé.

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