Ori Danino, 25 ans : ce soldat en permission est retourné sauver ses amis à Nova
Enlevé lors du festival de musique Supernova le 7 octobre 2023, il a été assassiné en captivité en août 2024
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Le sergent-chef Ori Danino, 25 ans, officier de transmissions au sein du 202ᵉ bataillon de la brigade des parachutistes, originaire de Jérusalem, a été enlevé par des terroristes palestiniens du Hamas lors du festival de musique Supernova le 7 octobre 2023, puis assassiné en captivité, près d’un an plus tard.
Lorsque l’attaque contre le festival a commencé, Ori, qui était en permission pour le week-end, et son ami Tomer ont décidé de fuir. Ils sont tous deux parvenus à s’échapper du lieu de la rave-party et de l’assaut du groupe terroriste palestinien du Hamas.
Mais Ori a décidé de retourner sur les lieux pour tenter de sauver les trois amis qu’il avait rencontrés la veille : Maya et Itay Regev, ainsi qu’Omer Shem Tov, ignorant les supplications de ses amis qui lui demandaient de ne pas y retourner.
Il a réussi à les retrouver et, ensemble, ils ont tenté de s’enfuir, mais ils ont été pris en embuscade par des terroristes qui ont ouvert le feu, blessant Ori, Itay et Maya, avant de les kidnapper tous les quatre. Maya et Itay ont été libérés des geôles de Gaza pendant le cessez-le-feu de novembre 2023, et Omer a été relâché en février 2025.
« Ori, c’est grâce à toi que je suis ici », a écrit Shem Tov sur les réseaux sociaux quelques jours après son retour chez lui.
« Ori était arrivé avec une lumière éclatante et une énergie incroyable, puis il était apparu comme un ange venu pour nous sauver. »
Après avoir été détenu pendant onze mois dans des conditions épouvantables, privée de nourriture, de lumière et d’air, Ori a été assassiné par ses geôliers le 29 août 2024, aux côtés de Hersh Goldberg-Polin, 23 ans, Eden Yerushalmi, 24 ans, Almog Sarusi, 25 ans, Alex Lubnov, 32 ans et Carmel Gat, 40 ans.
Leurs corps ont été retrouvés deux jours plus tard par l’armée israélienne dans un tunnel situé à Rafah, au sud de la bande de Gaza.
Il a été enterré le 1ᵉʳ septembre 2024 au mont Herzl à Jérusalem. Il laisse derrière lui ses parents, Elchanan et Einav, ses frères et sœurs Yitzhak, David, Aharon et Hodaya, ainsi que sa petite amie, Liel.
Aîné d’une fratrie de cinq enfants, Ori a grandi dans une famille ultra-orthodoxe à Jérusalem. Il a d’abord vécu dans le quartier de Ramot, dans la capitale, puis dans l’implantation voisine de Givat Zeev, en Cisjordanie.
Il a fréquenté un lycée yeshiva à Afula, mais a finalement décidé de quitter le mode de vie ultra-orthodoxe, d’après un éloge funèbre publié en ligne. En août 2018, il s’est enrôlé dans l’armée et a d’abord servi dans l’unité de cyber-défense C4I, puis dans la brigade Givati avant de devenir officier des transmissions dans la brigade des parachutistes.
Selon ses proches, il souhaitait étudier l’ingénierie électrique, aimait être dans la nature, faire du surf, jouer de la musique et cuisiner. Sa famille a raconté qu’Ori aimait tellement le café que c’était presque un hobby : préparer, discuter et déguster cette boisson faisaient partie de ses passe-temps favoris.
Ori et sa petite amie, Liel, se fréquentaient sérieusement. Ils avaient prévu de visiter des appartements ensemble juste après le festival.
« Ori était un garçon merveilleux, mon soutien, mon meilleur ami, un garçon qui pensait toujours aux autres avant lui-même – d’abord à la personne à côté de lui, puis à lui-même », a raconté sa mère, Einav, au journal Haaretz.
« Ses supérieurs ont dit qu’il ne considérait jamais ses soldats comme des subordonnés, mais comme ses égaux. »
Son père, Elchanan, a déclaré au Times of Israel dans une interview accordée en mars 2025 qu’il n’était pas surpris par le courage de son fils.
« Il avait instinctivement envie d’aider les autres », a-t-il expliqué.
« Je lui disais toujours : ‘Quoi, le monde entier repose sur tes épaules ? Toute l’armée ? Tu es le seul dans l’armée ?’ Il me répondait : ‘Papa, j’ai la force et les capacités nécessaires, et s’ils se tournent vers moi, c’est qu’il leur manque quelque chose, et je peux les aider. C’est mon rôle.’ »
Elchanan a expliqué que la décision d’Ori de s’éloigner de la pratique du judaïsme n’avait pas affecté leur relation : « Tous mes enfants sont mes enfants, quelles que soient leurs décisions. »
Il a soutenu son choix de rejoindre Tsahal : « Ori voulait être dans l’armée ; il ne voyait rien d’autre. Il disait que c’était sa carrière, sa façon de servir le peuple juif. »
« Ori était quelqu’un qui se donnait sans compter. Il voyait les autres avant de penser à lui-même. Il me disait qu’il savait prendre soin de lui… Je suis sûr qu’il sourit là-haut. J’espère seulement que je fais ce qu’il voudrait que je fasse. »
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