Smotrich menace de suspendre tout vote de son parti avec la coalition
Ce boycott aura peu d'impact, la coalition n'étant pas majoritaire ; pour le chef de la coalition, Katz, le projet de loi "discrimine de manière flagrante de nombreux réservistes"
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Mercredi, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a annoncé que son parti HaTzionout HaDatit cesserait de voter avec la coalition jusqu’à ce que la Knesset adopte une loi accordant des crédits d’impôt aux réservistes de Tsahal.
Dans un communiqué, le député d’extrême droite a déclaré qu’au regard « du refus du Likud de faire avancer le projet de loi… visant à accorder des avantages fiscaux aux réservistes, la faction HaTzionout HaDatit ne votera pas avec la coalition tant que la loi sur les avantages fiscaux pour les réservistes n’aura pas été approuvée en deuxième et troisième lectures ».
« Les réservistes doivent être la priorité. L’État d’Israël leur doit tout, et cela doit l’emporter sur toute considération politique. Aucun député n’est autorisé à nuire aux réservistes », a-t-il affirmé.
Cette prise de position de Smotrich intervient au lendemain d’un affrontement avec l’armée au sujet du budget 2026, dans lequel le ministre a accusé les militaires de détourner les fonds considérables qui lui sont alloués en temps de guerre, dénonçant ce qu’il a qualifié de mobilisation inutile des réservistes pour des tâches non essentielles.
Sous la direction de Smotrich, le gouvernement a alloué 20 milliards de shekels aux réservistes, notamment sous la forme d’un crédit d’impôt sur le revenu pouvant atteindre 1 000 shekels par mois, de subventions pour les étudiants réservistes ou d’autres avantages connexes. « Cette décision de bloquer le projet de loi à la Knesset pour des raisons non fondées est inacceptable. Nous ne la laisserons pas passer », a martelé le ministre HaTzionout HaDatit.
Une décision soutenue par le parti des réservistes de l’ancien ministre des Communications Yoaz Hendel, qui n’est pas membre de l’actuelle Knesset. Hendel a appelé tous les membres de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu à se joindre à HaTzionout HaDatit, et à boycotter les votes jusqu’à ce que la Knesset adopte le projet de loi.
Le gouvernement a approuvé les avantages fiscaux en août, et le projet de loi a franchi la première des trois lectures nécessaires pour devenir loi. Mais depuis, il est bloqué au sein de la Commission des Finances de la Knesset.
Si elle est adoptée, cette loi permettra aux réservistes de bénéficier de crédits d’impôt sur le revenu selon un barème progressif basé sur le nombre de jours de service. Les réservistes profiteront d’avantages supplémentaires en fonction de la durée de service effectuée, ainsi que du nombre d’enfants qu’ils ont.
Le président de la Commission des Finances Hanoch Milwidsky a toutefois souligné les disparités économiques importantes que comporte cette loi, qui, selon lui, est discriminatoire envers les personnes à faibles revenus.
« Je suis vraiment désolé, mais je ne peux m’empêcher de penser que le ministère des Finances se soucie davantage de son image dans les médias en donnant l’impression qu’il soutient les réservistes et qu’il agit. Alors qu’en réalité, pour ce qui est de passer à l’action, il ne fait pas grand-chose », a-t-il confié à la Commission le mois dernier.
Milwidsky soutient essentiellement que « les crédits d’impôt, qui sont un outil dégressif, créent en fait une discrimination entre les personnes à revenus élevés d’une part et celles qui paient peu ou pas d’impôts d’autre part », et que, dans l’état actuel des choses, « plus vous gagnez, plus vous bénéficiez d’avantages », a expliqué Vladimir Beliak (Yesh Atid), membre de la Commission, au Times of Israel.
« Il y a matière à améliorer la loi », a-t-il ajouté.
Les réservistes se sont à plusieurs reprises plaints du fardeau personnel et financier que représente leur service prolongé depuis le 7 octobre. Ils évoquent notamment des mariages brisés, des entreprises ruinées et d’autres difficultés.
La décision de HaTzionout HaDatit de ne pas voter avec la coalition n’aura que peu d’impact. La coalition, en effet, n’est actuellement pas majoritaire, et fait face à un boycott législatif ultra-orthodoxe.
En outre, le mois dernier, le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir a menacé de cesser de voter avec la coalition si un projet de loi sur la peine de mort pour les terroristes n’était pas adopté d’ici la semaine prochaine. (Le projet de loi est actuellement en cours d’examen, et bénéficie du soutien du Premier ministre).
En réponse à Smotrich, le chef de la coalition, Ofir Katz, a fait savoir que « dans sa forme actuelle, le projet de loi discrimine considérablement de nombreux réservistes, en particulier les étudiants et les personnes à faibles revenus, qui ne pourront pas bénéficier de cet avantage ».
« Si l’objectif de ce projet de loi est louable, des modifications sont toutefois nécessaires. Tous les membres de la Commission des Finances s’accordent sur ce point. Il est regrettable qu’une personne qui s’oppose depuis trois ans aux ultimatums et aux boycotts agisse de cette manière au lieu de s’atteler à une résolution véritable du problème, et refuse tout compromis qui lui est proposé. »
« Nous voulons que tous les réservistes puissent en bénéficier, et pas uniquement ceux qui ont des revenus élevés. Je soutiens le président de la Commission des Finances Milwidsky et les membres de la Commission dans leur juste combat », a affirmé Katz dans un communiqué.
Des sources proches de Smotrich lui ont répondu : « Ofir Katz et le Likud n’ont pas de leçons à donner au ministre des Finances sur les avantages accordés aux réservistes. C’est lui qui a promu trois décisions gouvernementales totalisant plus de 20 milliards de shekels au profit des réservistes. »
« Nous suggérons à Ophir Katz de se concentrer plutôt sur le bon fonctionnement de la coalition », a ajouté le communiqué.
Dans un rapport cinglant publié mardi, le contrôleur de l’État Matanyahu Englman a notamment reproché à Smotrich de ne pas avoir suffisamment préparé le pays à de futures situations d’urgence après la pandémie de COVID-19 – une préparation qui aurait permis de mieux protéger l’économie israélienne pendant la guerre à Gaza.
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