Israël en guerre - Jour 151

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Des réservistes dénoncent le manque de soutien de l’État à leurs entreprises

"Ma situation est catastrophique. Le réfrigérateur est vide", a déclaré Lior Moshayev à la commission des Finances de la Knesset. "Nous avons tout laissé pour aller combattre"

Photo d'illustration : La commission des Finances de la Knesset votant le budget national, à la Knesset, à Jérusalem, le 16 mai 2023. (Crédit : Danny Shem Tov/Porte-parole de la Knesset)
Photo d'illustration : La commission des Finances de la Knesset votant le budget national, à la Knesset, à Jérusalem, le 16 mai 2023. (Crédit : Danny Shem Tov/Porte-parole de la Knesset)

Des réservistes ont expliqué lundi à des législateurs que la guerre qu’Israël mène actuellement contre le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza a été financièrement dévastatrice pour de nombreux soldats qui ont laissé leurs entreprises dépérir lorsqu’ils ont répondu aux ordres de mobilisation. Ils ont expliqué à la commission des Finances de la Knesset que des entreprises ont fait faillite en raison d’un manque d’aide gouvernementale pendant qu’ils étaient au front.

Bien que les réservistes reçoivent un salaire pour le temps passé en service, cela s’est souvent révélé largement insuffisant pour les propriétaires d’entreprises qui n’ont pas pu être gérées et sont tombées dans l’endettement ou se sont complètement effondrées. Des fonds spéciaux ont été alloués pour soutenir de telles entreprises, mais la commission a appris lundi que beaucoup ne reçoivent toujours pas l’aide dont ils ont besoin.

Certains soldats n’ont pas pu déposer de demandes d’aide pendant leur service à Gaza, tandis que d’autres n’ont toujours pas reçu de réponses à leurs demandes, ont indiqué des soldats et des représentants du gouvernement à la commission.

Lior Moshayev qui, jusqu’à il y a quelques jours, combattait à Shejaiya, à Gaza, a indiqué que son entreprise s’était écroulée.

« Ma situation est catastrophique. Chaque matin, quand je sors, je ne sais pas comment je vais terminer ma journée. J’ai peur lorsque j’utilise ma carte de crédit pour acheter du lait pour ma petite fille », a dit Moshayev, bouleversé.

« Je n’ai pas reçu un shekel. Le réfrigérateur est vide. Je n’ai pas reçu d’indemnisation. Je risque ma vie tous les jours. Les balles sifflent au-dessus de ma tête. Je risque ma vie pour vous protéger vous, pour protéger tout le monde. Y en a-t-il d’autres, ici, dont le réfrigérateur est vide ? Est-ce que quelqu’un parmi vous a reçu un salaire ? », s’est-il emporté.

« Nous n’avons pas réfléchi à deux fois. Nous avons tout abandonné au premier jour [le 7 octobre]. Nous avons quitté nos familles, nous avons quitté nos entreprises et nous y sommes allés – je suis allé à Gaza et mon frère est allé dans le nord », a-t-il continué.

Alors qu’un représentant de l’Autorité fiscale lui demandait pourquoi il n’avait pas réclamé une indemnisation, Moshayev a fait remarquer à la Commission qu’il lui était interdit d’emporter son téléphone portable à Gaza.

Le cas de Moshayev représente « ce qui se passe dans l’ensemble du système », a déclaré le président de la commission, le député Moshe Gafni, exigeant une réponse « dans la journée » sur la raison pour laquelle « ce jeune homme, qui risque sa vie, n’a pas reçu ce qu’il aurait dû recevoir ».

Plus de 360 000 Israéliens ont été appelés pour le service de réserve à la suite de l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre, qui a fait plus de 1 200 morts et plus de 240 captifs dans la bande de Gaza.

Depuis lors, les réservistes et leurs familles ont commencé à faire campagne pour obtenir de l’aide afin d’éviter l’effondrement de leurs entreprises. Dans de nombreux cas, les conjointes de nombreux réservistes ont été laissées seules pour s’occuper des enfants, parfois avec la fermeture des écoles et des jardins d’enfants en raison de la guerre, en fonction de la région, et ils n’ont pas pu travailler pendant des mois.

Des réservistes de l’infanterie israélienne lors d’un entraînement aux armes légères dans le nord du plateau du Golan avant de se diriger vers la bande de Gaza, le 8 octobre 2023. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Suite à la mobilisation sans précédent et à ses répercussions financières, le mois dernier, la Knesset a approuvé un programme de compensation de guerre d’une valeur estimée à 15 milliards de shekels pour aider les entreprises à continuer à fonctionner. Le programme comprenait des subventions aux entreprises israéliennes qui ont subi des dommages indirects dus à la guerre, un programme de remboursement des salaires et des mesures d’aide pour les employés mis en congé sans solde.

Le représentant de l’Autorité fiscale, Amir Dahan, a déclaré à la commission que, sur une période d’un mois seulement, 204 000 demandes avaient été soumises. Il a indiqué que le gouvernement avait versé un total de 3,75 milliards de shekels  jusqu’à présent. Néanmoins, a-t-il déclaré, certaines personnes sont passées entre les mailles du filet.

« Il y a des erreurs. Nous faisons tout pour les résoudre. Il n’y a jamais eu d’événement comme celui-ci », a-t-il déclaré, affirmant que la grande majorité des demandes de compensation avaient été traitées avec succès.

Par ailleurs, les réglementations d’indemnisation d’urgence, adoptées pour une période de 90 jours il y a environ deux mois, n’ont pas encore été prolongées. Kfir Battat, directeur adjoint du département du budget du ministère des Finances, a ajouté qu’il n’y avait « pas de bonnes réponses » concernant le retard du gouvernement dans la prolongation de ces réglementations, mais que le ministère travaillait à résoudre le problème le plus rapidement possible.

En réponse, Gafni a appelé le ministère à accélérer la mise à jour des réglementations pertinentes afin qu’elles puissent être approuvées cette semaine.

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a critiqué la conduite du gouvernement lundi après-midi lors de la réunion hebdomadaire de la faction de son parti Yesh Atid.

« Le gouvernement ne pensait pas que c’était son devoir de s’occuper de ces personnes, qui ont été arrachées à leur vie, leurs familles et leurs entreprises », a-t-il déclaré.

Il a regretté qu’Israël ait « un gouvernement de 38 ministres, et il n’y ait pas un seul ministre qui se lève le matin en ayant conscience que son travail est d’aider les réservistes ». Il a ajouté que les réservistes représentaient « la force productive du pays » et a estimé que l’aide devrait être bien mieux gérée.

Lapid a dévoilé sa propre proposition complète, appelant à une augmentation de la compensation pour les réservistes pour qu’elle soit alignée avec le salaire mensuel moyen israélien de près de 13 000 shekels, offrant aux militaires et à leurs conjoints deux mois de protection contre le licenciement, et une compensation de la taxe foncière pour les employeurs de soldats réservistes.

« Nous avons besoin d’un programme national vaste qui les place en tête de la liste des priorités nationales », a déclaré Lapid.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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