Sur la sellette, Gallant appelle le Likud à rejeter la voie empruntée par Ben Gvir
Les militants accusent l'ex-ministre de la Défense de nuire au Likud et d'avoir fragilisé Benjamin Netanyahu ; celui-ci insiste sur le fait qu'il se bat pour le parti fondé par Menachem Begin
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L’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant s’est montré combatif lundi lorsqu’il a comparu devant un tribunal du Likud à Tel Aviv pour répondre à un recours visant à l’expulser du parti.
« Ne vous y trompez pas, le débat d’aujourd’hui ne porte pas sur l’avenir de Yoav Gallant. Le débat d’aujourd’hui porte sur la question de savoir si nous continuons sur la voie tracée par Begin ou sur celle tracée par Ben Gvir », a déclaré Gallant à la chaîne publique Kan avant d’entrer dans le bâtiment, faisant respectivement référence à l’ancien Premier ministre Menachem Begin, fondateur du Likud, et au ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui dirige le parti d’extrême droite Otzma Yehudit.
Sous Begin, le Likud a été fondé comme un parti conservateur, mais résolument libéral.
« Je continue à défendre les mêmes positions et principes que j’ai toujours défendus tout au long de ma vie, et en particulier en tant que ministre de la Défense en temps de guerre », a-t-il poursuivi.
« Je suis membre du Likud, et je suis venu me battre pour le Likud. »
Le recours visant à expulser Gallant a été déposé il y a environ un an par des militants associés au Premier ministre Benjamin Netanyahu, sous la direction de Talia Einhorn, dont le fils, Yisrael Einhorn, est un ancien assistant de Netanyahu impliqué dans l’affaire dite du « Qatargate ».
Ce recours allègue qu’en tant que ministre de la Défense, Gallant « a agi contre le parti Likud et a sapé l’autorité du Premier ministre ».
Netanyahu et Gallant se sont fréquemment affrontés depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement fin 2022. En mars 2023, le Premier ministre l’a limogé après qu’il a mis en garde contre les dangers pour la sécurité découlant de la fracture nationale autour du programme de réforme judiciaire du gouvernement. Il a ensuite fait machine arrière face à l’opposition de l’opinion publique.
Après son renvoi, il s’est largement absenté lors de nombreux votes importants pour la coalition, notamment celui concernant un projet de loi crucial lié au budget, ce qui a contraint le Premier ministre à quitter son lit d’hôpital après une opération chirurgicale pour venir voter à la Knesset afin d’assurer son adoption.
Gallant a finalement démissionné de la Knesset en janvier, soit plusieurs mois après que Netanyahu l’a limogé de son cabinet pour la deuxième et dernière fois fin 2024.
Pour justifier sa décision de limoger Gallant, Netanyahu a invoqué un manque de confiance mutuelle en temps de guerre. Cependant, l’ancien ministre de la Défense a affirmé que la véritable raison de son licenciement était son insistance sur la nécessité d’enrôler les hommes haredim dans l’armée israélienne, l’impératif de ramener les otages de Gaza et la nécessité de mettre en place une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie.
En juin, un enregistrement divulgué a révélé que Netanyahu avait limogé Gallant et l’ancien chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzl Halevi, afin de permettre à sa coalition de faire avancer une loi exemptant les hommes ultra-orthodoxes du service militaire.
Après sa démission, Gallant a continué à critiquer publiquement Netanyahu, déclarant au journal Yedioth Aharonoth en février que le Premier ministre avait retardé un accord sur les otages et rejeté une frappe préventive à grande échelle contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah au début de la guerre.
En février, dans un avis cinglant soumis à la plus haute instance judiciaire interne du parti, le conseiller juridique du Likud, Avi Halevi, a demandé l’expulsion de Gallant, affirmant qu’il était nécessaire de l’empêcher de se présenter pour contrôler la liste du parti lors des prochaines élections à la Knesset. Selon lui, les actions de Gallant en tant que député et ministre auraient en effet aidé les opposants politiques du Likud à s’opposer aux politiques du parti et du gouvernement Netanyahu.
Halevi a spécifiquement souligné la position de Gallant sur la conscription des haredim et sa décision de ne pas participer à plusieurs votes à la plénière de la Knesset, affirmant que ces deux actions violaient « le devoir de confiance qu’un membre du Likud doit au mouvement selon la constitution du Likud ».
Gallant a ensuite demandé au tribunal du parti de rejeter la motion déposée contre lui, refusant toutefois de se défendre en personne.
Lors de son audience devant le tribunal, lundi, il a réitéré ses critiques à l’égard des efforts déployés par le gouvernement pour restreindre considérablement le pouvoir judiciaire, affirmant que cela avait causé un préjudice important à la sécurité nationale.
« Mon désaccord ne porte pas sur la refonte, mais sur la manière dont elle est mise en œuvre », a-t-il déclaré devant le panel, selon la chaîne N12.
Un membre du tribunal a accusé Gallant d’avoir servi de « cheval de Troie » au sein du parti, ce à quoi il a répondu qu’il n’avait jamais agi que pour des raisons de sécurité, et non pour des raisons politiques.
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