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Netanyahu blâme à son tour la précédente coalition pour les attaques terroristes

Pour le Premier ministre, la précédente coalition est responsable de la situation sécuritaire et les menaces des réservistes enhardissent les ennemis

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une conférence de presse au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 10 avril 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une conférence de presse au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 10 avril 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Face à des sondages désastreux et à la colère et l’anxiété croissantes du public face à une vague d’attaques sur plusieurs fronts, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé lundi la réintégration permanente du ministre de la Défense Yoav Gallant, qu’il avait limogé il y a deux semaines pour avoir publiquement appelé à geler le processus législatif de la refonte judiciaire controversée.

Dans une allocution à la nation, Netanyahu a également blâmé à son tour l’opposition et le gouvernement précédent pour les récentes violences, notamment les salves de roquettes en provenance du Liban, de la Syrie et de la Bande de Gaza, ainsi qu’une série d’attentats terroristes palestiniens meurtriers.

Ses prédécesseurs Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont fustigé ses propos, Bennett qualifiant son discours de honteux et Lapid lui demandant « d’assumer ses responsabilités ».

Lors d’un discours et d’une conférence de presse à une heure de grande écoute, Netanyahu s’en est pris aux opposants au remaniement prévu du système judiciaire – qu’il a suspendu à la suite de manifestations de masse et d’une grève générale en réponse à l’annonce du licenciement de Gallant – tout en assurant que sa coalition de droite, d’extrême-droite et religieuse rétablira la sécurité.

« Notre pays subit un assaut terroriste », a-t-il déclaré. « Mais cela ne date pas d’aujourd’hui. Sous le gouvernement précédent, le nombre d’attaques terroristes avait doublé. »

Netanyahu a affirmé que le gouvernement précédent avait fait preuve de faiblesse, enhardissant ainsi les ennemis d’Israël. Il a critiqué l’accord de démarcation de la frontière maritime avec le Liban, soutenu par les États-Unis, dont il a affirmé à tort qu’il avait été signé avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

« Le gouvernement précédent a cédé des territoires et des gisements de gaz à l’ennemi sans rien obtenir en retour », a-t-il avancé.

Le cratère d’une roquette interceptée, tirée depuis le Liban, qui a atterri sur la ville de Shlomi, dans le nord d’Israël, le 6 avril 2023. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le Premier ministre a cherché à établir un lien entre l’accord conclu l’année dernière et la recrudescence des attaques, avant d’évoquer les manifestations de masse organisées depuis le début de l’année pour protester contre les projets de son gouvernement visant à remanier radicalement le système judiciaire. Il a affirmé que les menaces des réservistes de l’armée selon lesquels ils pourraient refuser de servir si son gouvernement allait de l’avant avec le paquet de réformes projetaient également une faiblesse aux yeux des ennemis d’Israël.

« Lorsque vous déclarez que l’État d’Israël est en train de s’effondrer, comment pensez-vous que nos ennemis l’interprètent ? », aurait demandé Netanyahu au chef de l’opposition, Yaïr Lapid, lorsque les deux hommes se sont rencontrés dimanche pour un briefing sur la sécurité. « Nos ennemis le voient, ils l’entendent… Ils croient qu’ils peuvent nous affronter, en alliant leurs attaques terroristes en provenance du Liban, de la Syrie et de Gaza. »

« Mais maintenant, c’est à nous de veiller, il en va de notre responsabilité. Il en va de ma responsabilité », a-t-il ajouté.

« Vous me connaissez. Je n’agis pas sans réfléchir. J’agis de manière résolue et déterminée et, surtout, j’agis de manière responsable », a poursuivi Netanyahu. « Je vous le dis ce soir, peuple d’Israël, nous repousserons ces menaces et nous vaincrons nos ennemis. Nous l’avons fait par le passé et nous le ferons à nouveau. »

« Nous rétablirons la capacité de dissuasion et nous réparerons les dommages dont nous avons hérités », a-t-il déclaré, ajoutant que les ennemis qui voient une occasion d’attaquer « se trompent lourdement ».

Netanyahu a déclaré qu’il ne pouvait pas fournir de détails sur « tout ce que nous faisons » pour la sécurité d’Israël, « mais nous faisons beaucoup », soulignant les frappes de représailles en Syrie.

« Le régime d’Assad sait que le prix que nous avons exigé n’est qu’un début », a averti le Premier ministre.

Des soldats israéliens recherchant des roquettes tirées depuis la Syrie sur le plateau du Golan aux premières heures du 9 avril 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Netanyahu a ensuite abordé la question de la réponse à apporter au barrage de roquettes de la semaine dernière en provenance du Liban, la plus importante attaque de ce type depuis la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah. Israël a ensuite frappé des sites libanais liés au groupe terroriste palestinien du Hamas, qui dirige la Bande de Gaza et qui a été accusé d’être à l’origine du tir de roquettes. Netanyahu a affirmé à tort que le Hezbollah était également visé.

Tout en vantant les efforts de son gouvernement pour limiter les attaques, Netanyahu a reconnu « que le niveau d’alerte est encore très élevé ». « Mais je vous promets que nous attraperons tous les méprisables terroristes qui ont assassiné les nôtres et que nous leur réglerons leur compte. »

Netanyahu a terminé son allocution en déclarant que le ministre de la Défense, Gallant, resterait à son poste, après deux semaines d’incertitude suite à l’annonce de son limogeage.

« Nous avions des divergences, même de sérieuses divergences », a-t-il déclaré au sujet de Gallant. « Mais j’ai décidé de mettre ces querelles derrière nous. »

Après la conférence de presse, Gallant a publié sur Twitter une photo de lui et de Netanyahu avec la légende suivante : « Continuer ensemble avec toute la force nécessaire pour la sécurité d’Israël ».

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un toast avant Pessah, avec le chef d’état-major Herzi Halevi à droite, le 4 avril 2023. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Les critiques de Bennett, Lapid, Gantz

Les remarques de Netanyahu ont été rapidement dénoncées par les dirigeants du gouvernement précédent.

« Au lieu de tenir une conférence de presse et de blâmer les autres pour les problèmes causés par son gouvernement extrémiste et défaillant, le temps est venu pour Netanyahu et ses ministres d’arrêter de se plaindre et d’assumer enfin leurs responsabilités », a déclaré le chef de l’opposition, Lapid.

À LIRE : En baisse dans les sondages, Netanyahu tente de reprendre le contrôle de sa coalition

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a qualifié le discours de Netanyahu de « déplorable et honteux » et a rejeté son accusation selon laquelle l’accord avec le Liban aurait nui à la capacité de dissuasion d’Israël.

« L’accord était avec le Liban, pas avec le Hezbollah, et ce que le Hezbollah fait maintenant n’a aucun rapport avec cet accord », a déclaré Bennett. « L’heure est au leadership, pas à la culpabilisation des autres. »

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, dont le parti d’opposition a récemment bénéficié d’un soutien croissant dans les sondages d’opinion, a écrit sur Twitter : « Ce n’est pas en pleurnichant que l’on devient dirigeant ».

Le Premier ministre de l’époque, Yaïr Lapid, à droite, et le Premier ministre suppléant de l’époque, Naftali Bennett, lors d’une réunion du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 18 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitousi/Flash90)

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, a déclaré que le discours de Netanyahu « prouve que cet homme n’est pas fait pour ce travail » et a affirmé que le fils du Premier ministre, Yaïr, dictait sa politique.

« La seule conclusion de tout le trolling que nous avons vu et entendu ce soir est que, dans le meilleur des cas, Benjamin Netanyahu est devenu l’exécutant de Yaïr Netanyahu », a déclaré Liberman, en référence aux informations faisant état de l’influence croissante de Yaïr sur son père, allant même jusqu’à appeler le Likud à démettre le Premier ministre de ses fonctions.

Lors de la conférence de presse, Netanyahu a explicitement nié que son fils influence la politique, le qualifiant de « personne isolée, sans influence aucune ».

Yaïr Lapid, Benny Gantz, Merav Michaeli et Avigdor Liberman se rencontrant pour coordonner la stratégie de l’opposition à la réforme du système judiciaire, à Jérusalem, le 13 mars 2023. (Crédit : Yesh Atid)

Répondant aux questions des journalistes après son discours, Netanyahu a nié qu’il affaiblissait la position d’Israël sur la scène internationale en procédant à une réforme radicale du système judiciaire. Il a prédit qu’il recevrait bientôt une invitation de la Maison Blanche, après que le président américain Joe Biden eut exclu une telle invitation lorsqu’il l’a exhorté à abandonner la réforme.

Interrogé sur le fait d’être « persona non grata » à la Maison Blanche entre autres, Netanyahu a invoqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale qui a récemment déclaré que les liens entre les États-Unis et Israël étaient plus forts que jamais, et il a une fois de plus souligné sa relation de 40 ans avec Biden.

« Je pressens que nous parviendrons à un accord », a déclaré Netanyahu, faisant apparemment référence aux négociations de compromis sur la réforme.

« Et alors que direz-vous ? Quand il y aura une invitation, que direz-vous ? Ne vous inquiétez pas. Il y aura une invitation », a-t-il répété.

« Nos liens avec les États-Unis sont très étroits », a-t-il déclaré. « La coopération en matière de sécurité et de renseignement a lieu en ce moment même, et elle est plus forte et plus étroite que jamais. »

Il y a deux semaines, Biden a exhorté Netanyahu à « renoncer » à la réforme du système judiciaire, se disant « très préoccupé » par la santé de la démocratie israélienne et avertissant qu’Israël « ne peut pas continuer sur cette voie ».

Biden a également répondu par un « non » à la question de savoir s’il inviterait Netanyahu à la Maison Blanche. « Pas à court terme », a-t-il ajouté.

Lors de la conférence de presse, Netanyahu a également été interrogé sur les affiches placardées lors des rassemblements de l’extrême-droite où était inscrit : « Fuck Biden ».

« Je condamne catégoriquement les jurons dirigés contre Joe Biden », a-t-il répondu. « Nous pouvons être en désaccord, [et] nous l’avons déjà été. C’est parfois le cas, mais c’est un ami, et de toute façon, on ne maudit pas le président américain, quel qu’il soit. Les États-Unis sont notre allié indispensable. »

« Cela ne signifie pas qu’en tant qu’État souverain, Israël et le Premier ministre israélien ne peuvent pas dire un mot de temps à autre sur les États-Unis, comme des mots de trois lettres : « non » ou « oui ». Mais il faut avoir la liberté de pouvoir dire les deux, et c’est ce que je fais. Je conserve cette liberté parce que je pense que c’est primordial. »

Le président américain Joe Biden s’adressant aux journalistes avant d’embarquer dans l’Air Force one, à l’aéroport international Raleigh-Durham de Morrisville, en Caroline du nord, le 28 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

« Je ne sais pas sur quoi reposent ces informations. Nous avons décidé de les aider pour des questions humanitaires, de défense civile, de système d’alerte rouge – des choses de cette nature. Je ferai ce que je peux, si je le peux, pour aider à résoudre ce conflit », a déclaré Netanyahu, en ce qui concerne les fuites de renseignements américains indiquant qu’Israël pourrait fournir des armes létales à l’Ukraine.

Netanyahu a également affirmé que les dirigeants européens qu’il a récemment rencontrés lui disent des choses positives en privé, mais parlent différemment « face caméra ».

« Lorsque je rencontre les dirigeants britanniques, français, allemands et italiens – ce que j’ai fait récemment – ce qu’ils me disent à huis clos, par opposition aux réunions en présence d’autres personnes, reflète une interaction totalement différente », a déclaré le Premier ministre.

« Ensuite, vous savez, pro forma », a-t-il ajouté, « ces dirigeants doivent insister sur leur ‘je crois en une solution à deux États pour deux peuples’. Tout le monde doit le dire et parler de la réforme du système judiciaire ».

Il a également balayé du revers de la main un sondage télévisé publié dimanche, selon lequel son bloc parlementaire ne disposerait plus que de 46 sièges sur les 120 que compterait la Knesset en cas de nouvelles élections législatives.

« Cela ne me perturbe aucunement. J’ai vu pire », a-t-il déclaré. « Ce gouvernement restera en place pendant quatre ans. Le facteur déterminant, à la fin, sera la façon dont nous gérons la sécurité, l’économie, la santé, l’éducation et la paix. »

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