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Théorie de fuite d’un labo : embarras à Pékin après les propos du chef de l’OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus, longtemps accusé de complaisance envers Pékin, a suggéré d'approfondir l'enquête sur la possibilité que la Covid-19 provienne d'un laboratoire chinois

Une vue aérienne montre le laboratoire P4 de l'Institut de virologie du Wuhan dans la province d'Hubei du centre de la chine, le 17 avril 2020. (Photo par Hector RETAMAL / AFP)
Une vue aérienne montre le laboratoire P4 de l'Institut de virologie du Wuhan dans la province d'Hubei du centre de la chine, le 17 avril 2020. (Photo par Hector RETAMAL / AFP)

La Chine paraissait embarrassée mercredi après les propos du patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a demandé de poursuivre l’enquête sur la théorie selon laquelle la Covid-19 aurait pu s’échapper d’un laboratoire chinois.

Interrogé lors d’un point de presse, Liang Wannian, chef de la délégation de scientifiques chinois qui ont collaboré au rapport des experts désignés par l’OMS sur l’origine du coronavirus, a fait part de son incompréhension à l’égard des propos de Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Je ne comprends pas sa vision des choses parce que c’est un domaine qui nous concerne, nous les scientifiques », a-t-il confié.

Il a par ailleurs jugé prématurée la suggestion du patron de l’OMS d’envoyer une nouvelle mission d’enquête sur place.

Le chef de l’OMS, longtemps accusé d’être trop complaisant envers Pékin, a créé la surprise mardi en demandant des enquêtes supplémentaires sur la théorie selon laquelle le coronavirus aurait pu s’échapper de l’Institut de virologie de Wuhan, la ville du centre de la Chine où la Covid-19 a fait son apparition fin 2019.

Dans leur rapport publié cette semaine, les experts internationaux dépêchés à Wuhan par l’OMS en janvier l’avaient pourtant pratiquement exclue, en jugeant « extrêmement improbable » que le virus provienne d’un laboratoire.

Même si l’équipe a visité l’Institut de virologie de Wuhan et envisagé l’hypothèse d’un incident de laboratoire, « je ne pense toutefois pas que cette évaluation ait été suffisamment approfondie », a dit le patron de l’OMS.

Les Américains ont à plusieurs reprises souligné que cette équipe ne comportait pas de spécialiste capable d’évaluer la sécurité des laboratoires.

M. Tedros a également indiqué que les experts internationaux lui « avaient fait part de leurs difficultés à accéder aux données brutes » pendant leur séjour en Chine.

La thèse de la fuite de l’Institut de virologie de Wuhan avait été défendue avec force par l’administration américaine sous la présidence de Donald Trump, se fondant sur les informations de ses services de renseignement. La Chine a toujours nié cette possibilité.

Manipulation politique

Mardi, les États-Unis et 13 pays alliés, dont le Royaume-Uni, Israël et le Canada, ont exprimé leurs « préoccupations » dans une déclaration commune au sujet du rapport de l’OMS, réclamant à la Chine de donner « pleinement accès » à ses données.

L’UE de son côté a pointé du doigt « le démarrage tardif de l’enquête, le retard dans le déploiement des experts (en Chine) et la disponibilité limitée des spécimens et données » remontant aux débuts de la pandémie.

Interrogée lors d’un point de presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a accusé Washington de vouloir « manipuler politiquement » un dossier scientifique.

« Cette manipulation ne réussira pas », a-t-elle averti, appelant les pays signataires de la déclaration à « faire leur examen de conscience ». « Où en est votre combat contre l’épidémie ? Qu’avez-vous fait en matière de coopération internationale ? », s’est-elle interrogée.

A propos de la théorie de la fuite, elle a répété que le rapport des experts de l’OMS la jugeait improbable. Quant à une nouvelle mission d’enquête sur l’origine du Covid, elle s’est prononcée pour qu’elle se déroule dans d’autres pays.

« Il y a plus de 200 sites biologiques dans le monde, par exemple celui de Fort Detrick », un laboratoire militaire américain, a déclaré la porte-parole de la diplomatie chinoise.

« En cas de besoin, je pense qu’on devrait laisser les scientifiques mener des recherches dans d’autres laboratoires mondiaux », a-t-elle dit.

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