Trump attise la dispute diplomatique avec Rome, qui riposte
À l'issue du sommet du G7, Giorgia Meloni avait évoqué un "climat très positif" avec le président américain, ajoutant toutefois qu'ils ont tous deux "un caractère bien trempé"
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Samedi, Donald Trump a ravivé la dispute diplomatique avec l’Italie, martelant que la Première ministre Giorgia Meloni lui avait demandé « encore et encore » de prendre une photo avec lui lors du sommet du G7, quelques jours plus tôt. L’intéressée a répondu en fustigeant des attaques « insensées ».
« Meloni a demandé, encore et encore, une photo avec moi pendant la réunion du G7 en France », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, réaffirmant des propos tenus lors d’une interview téléphonique accordée à la chaîne de télévision italienne La7 cette semaine, et qui avaient provoqué la colère de Rome ces derniers jours.
Des « attaques constantes »
Samedi, il a persisté et enfoncé le clou : « Elle se débrouille mal en Italie en matière de popularité, peut-être parce qu’elle a tourné le dos aux États-Unis d’Amérique, un pays qui aime et protège vraiment l’Italie. »
« Ces attaques constantes et non provoquées sont insensées », a réagi peu après Giorgia Meloni sur Instagram, dans un message en anglais accolé à celui du président américain.
« Quant à ma popularité, le fait d’être ton amie ne l’a certainement pas aidée, et elle ne dépend pas de ma relation avec toi », a répliqué la cheffe du gouvernement italien, suggérant au président des États-Unis de se « concentrer sur la sienne ».
Le président américain fait également explicitement référence dans son message à un manque de soutien de la part de la Première ministre italienne – mais aussi des autres États membres de l’OTAN – dans la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
« Elle ne nous a même pas laissé utiliser les pistes d’atterrissage ou les tarmacs, ce qui constitue un désagrément important », a-t-il dit à propos du refus, fin mars, de l’Italie d’autoriser des avions de chasse américains engagés dans le conflit au Moyen-Orient à atterrir sur une base en Sicile.
L’utilisation des bases militaires américaines en Italie « est régie par des accords que nous avons toujours respectés et qui ne peuvent pas être violés tant que je suis Première ministre », a rétorqué Giorgia Meloni.
« Non merci »
En italien cette fois, elle assure dans ce même message qu’elle ne « reviendra pas sur le sujet » des attaques de Donald Trump, « car je crois toujours à l’unité de l’Occident et je ne pense pas que ce spectacle soit à la hauteur de notre mission ».
En avril, le président américain avait déjà critiqué Giorgia Meloni pour ce refus d’impliquer son pays dans la guerre en Iran, se disant « sous le choc » et déçu de son manque de « courage ».
À la suite de l’interview de Donald Trump à la chaîne de télévision italienne La7, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé l’annulation de sa visite aux États-Unis, prévue les 21 et 22 juin, et a condamné des « propos graves et offensants ».
Par conséquent, une conférence sur les relations commerciales entre les États-Unis et l’Italie, qui devait se tenir lundi à Miami en présence du ministre italien et du secrétaire d’État américain Marco Rubio, a été annulée, a annoncé vendredi le département d’État américain.
Le pape Léon XIV, en déplacement dans le nord de l’Italie samedi, a lancé, pour sa part, un appel à cesser les paroles de haine, sans toutefois faire explicitement référence aux attaques de Donald Trump : « Assez de toutes ces choses qui font la guerre entre les personnes, entre les communautés, entre les pays », a-t-il déclaré.
Élue en octobre 2022 à la tête d’un gouvernement de coalition ultraconservateur, Giorgia Meloni était jusqu’alors l’une des plus proches alliées de Donald Trump sur le Vieux Continent, s’efforçant souvent de jouer un rôle de médiatrice entre les positions divergentes des États-Unis et de l’Europe.
À l’issue du sommet du G7 à Évian, mercredi, Giorgia Meloni avait évoqué un « climat très positif » et « aucune friction » entre Trump et les autres dirigeants mondiaux présents.
Elle avait toutefois ajouté qu’avec le président américain, ils avaient tous deux « un caractère bien trempé ».
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