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Trump : « L’enfer s’abattra » sur l’Iran s’il tente de se doter d’armes nucléaires

Trump a affirmé ne s'être jamais "soucié" d'un changement de régime en Iran dans le cadre des objectifs de guerre ; il a dit ne pas être satisfait de la façon dont Israël lutte contre le Hezbollah au Liban

Le président américain Donald Trump rencontre l'émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani (non visible sur la photo), lors d'une réunion bilatérale en marge du sommet du G7, le 16 juin 2026, à Évian-les-Bains, en France. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)
Le président américain Donald Trump rencontre l'émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani (non visible sur la photo), lors d'une réunion bilatérale en marge du sommet du G7, le 16 juin 2026, à Évian-les-Bains, en France. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)

S’exprimant lors du sommet du G7 en France, le président américain Donald Trump a prévenu que « l’enfer s’abattra » sur l’Iran si Téhéran devait tenter de développer, d’acheter ou d’acquérir de quelque manière que ce soit une arme nucléaire, alors qu’il évoquait un accord provisoire mettant un terme à la guerre qui a été conclu entre Washington et Téhéran. Cet accord a été signé électroniquement par les deux parties en début de semaine, a fait savoir le vice-président américain JD Vance.

« Ils ne vont pas se procurer une arme nucléaire. S’ils le font, l’enfer s’abattra sur eux », a dit Trump.

Il a ajouté que l’accord préliminaire « le dit haut et fort. Ils ne vont pas la développer. Ils ne vont pas l’acheter. Ils ne vont rien faire avec. Et s’ils le font, ils en subiront les conséquences, des conséquences incroyables ».

Il a précisé n’avoir accepté de signer le document qu’après que Téhéran a consenti à changer sa formulation afin d’empêcher non seulement la république islamique de développer une arme atomique, mais aussi de l’acheter ou de l’acquérir par tout autre moyen.

Trump n’a toutefois pas précisé quelles seraient les conséquences d’un tel acte, déclarant : « Je ne vous dirai même pas quelles en seraient les conséquences. Mais ces conséquences seraient ultimes ».

« Ceci étant dit, j’espère que nous aurons de très bonnes relations », a-t-il ajouté.

Le président américain a ensuite affirmé qu’il « ne s’est jamais soucié d’un changement de régime » en tant qu’objectif de campagne – répétant néanmoins sa conviction qu’en éliminant un nombre important de hauts responsables de la république islamique, la campagne lancée par les États-Unis et Israël avait, in fine, entraîné un changement de régime.

« Vous parlez de changement de régime. Je ne me suis jamais soucié d’un changement de régime. Cela n’a jamais fait partie de mes préoccupations. Mais je suppose qu’on a obtenu ici un changement de régime, parce que vous le savez mieux que quiconque : le premier groupe, ils sont tous morts. Le deuxième groupe, ils sont morts. Une partie du troisième groupe a disparu », a-t-il dit, faisant référence aux différents échelons de la direction iranienne.

Le président américain Donald Trump rencontre l’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, lors d’une réunion bilatérale en marge du sommet du G7, le 16 juin 2026, à Évian-les-Bains, en France. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)

« Et nous avons affaire à des gens qui, je le pense, sont très rationnels. C’était agréable de traiter avec eux. Ce sont des gens forts, ce sont des gens intelligents. Je pense en fait qu’ils sont plus intelligents que ne l’étaient les membres du premier et du deuxième groupes ; ils ne sont pas radicalisés et ils cherchent, vous savez, à aider leur pays « , a-t-il continué.

« Je ne crois pas au changement de régime. Et j’observe les changements de régime depuis des années. Ils ne fonctionnent jamais. Cela doit simplement se produire [naturellement] », a poursuivi Trump.

Des propos qui ont pu surprendre : en effet, au premier jour de la guerre, à la fin du mois de février, Trump avait indiqué que l’objectif des frappes en Iran était de renverser le régime, et il avait appelé le peuple iranien à saisir cette occasion qui lui était donnée de prendre le contrôle de son gouvernement, en lui disant : « L’heure de votre liberté est proche ».

« Quand nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement. Ce sera le moment et ce sera à vous de le faire. Ce sera probablement votre seule chance pour des générations à venir », avait-il dit à l’époque.

Au G7, il s’est interrompu pour féliciter le leadership de l’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, qui était assis à ses côtés, avant de reconnaître les répressions brutales qui avaient été lancées par le régime iranien contre les manifestants anti-gouvernement qui étaient descendus en masse, au début de l’année, dans les rues du pays – ce qui avait contribué à catalyser la campagne américano-israélienne. Le président américain a toutefois fait le choix de ne pas s’attarder sur le sujet.

Le Qatar « est un pays où l’émir est très respecté et où le Premier ministre est très respecté par le peuple. Et c’est ainsi qu’un pays devrait fonctionner. Il devrait fonctionner sur la base du respect, et non de la peur », a expliqué Trump, avant de reconnaître que, « comme vous le savez, au moins 42 000 manifestants ont été tués en Iran » lors des manifestations anti-régime au début de cette année. Il a estimé que l’exécution des manifestants avait été « une situation difficile ».

Évoquant la question libanaise, le président américain a critiqué la conduite d’Israël dans sa lutte contre le Hezbollah. Il a affirmé que la Syrie devait prendre le relais pour combattre le groupe terroriste soutenu par l’Iran au Liban.

Il a estimé que le conflit entre Israël et le Hezbollah durait depuis trop longtemps – et, qu’en conséquence, Israël était amené à tuer un trop grand nombre d’innocents.

« Israël combat le Hezbollah depuis trop longtemps et trop de personnes sont tuées », a dit Trump. « Et ce n’est pas nécessaire de raser un immeuble à chaque fois qu’on cherche quelqu’un. Parce qu’il y a beaucoup de gens dans ces immeubles. Et ils ne font pas tous partie du Hezbollah, je peux vous l’assurer ».

Trump a ultérieurement ajouté : « Je ne suis pas satisfait de la manière dont Israël a géré la situation avec le Liban et le Hezbollah. Ils auraient dû être capables de faire le travail plus rapidement. Ça n’en finit plus. Et quand ça arrive, ça jette une ombre sur l’accord prioritaire, à savoir l’accord avec l’Iran ».

Le président américain Donald Trump rencontre l’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, lors d’une réunion bilatérale en marge du sommet du G7, le 16 juin 2026, à Évian-les-Bains, en France. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)

Il a répété qu’il avait été contrarié par la frappe israélienne qui a visé le Hezbollah à Beyrouth, dimanche dernier, peu avant l’annonce de l’accord de paix provisoire entre l’Iran et les États-Unis.

« Je n’ai pas apprécié qu’une attaque ait lieu au Liban, à Beyrouth, deux heures avant la signature de l’accord », a-t-il martelé.

Il a fait référence à Ahmed al-Sharaa, le président de la Syrie, affirmant que ce dernier mènerait une lutte plus efficace contre le Hezbollah.

« Et j’ai suggéré à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah », a continué le président américain. « Parce que – et pour être honnête avec vous – je pense que les Syriens s’en sortiraient mieux ».

Il a estimé que Sharaa « est très compétent. Et il m’a été très utile. Il a assuré la protection de tout ce que j’ai demandé… Et si Israël ne peut pas faire le travail sans tuer tout le monde alors il s’en chargera ».

« La Syrie s’en chargera », a-t-il assuré.

Il a par la suite parlé du dirigeant israélien – et alors qu’il a tenu toute une série de propos négatifs à l’égard de Benjamin Netanyahu, ces derniers jours, Trump a pris soin de vanter ses relations avec le Premier ministre israélien. Des relations qui sont, a-t-il déclaré, « très bonnes » et « efficaces ».

Il a toutefois affirmé qu’Israël devait sa survie aux États-Unis.

« Sans les États-Unis d’Amérique, sans moi… Israël n’existerait pas aujourd’hui. Israël aurait été rayé de la surface de la Terre, à 100 %. Et toute personne sensée en Israël le sait », a dit le président américain.

Alors qu’il lui était demandé s’il ressentait de la frustration à l’égard de Netanyahu après une querelle entre les deux hommes qui a concerné les frappes israéliennes qui avaient pris pour cible le Hezbollah à Beyrouth, dimanche, Trump a fait l’éloge des liens qui les unissent.

« Nous avons une très bonne relation », a-t-il déclaré. Il a ultérieurement ajouté, utilisant le surnom du Premier ministre : « Donc, quand vous me posez des questions sur Bibi : une relation incroyable. Mais Israël aurait été rayé de la carte il y a longtemps si je ne m’en étais pas mêlé ».

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