Trump : Un accord avec l’Iran proche ; Israël s’en réjouira ; frappes des sites énergétiques reportées
Téhéran nie toute négociation alors que le président américain affirme que le pays acceptera de remettre son uranium enrichi et de renoncer à se doter de l'arme nucléaire ; le président du Parlement iranien mènerait les pourparlers
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Lundi matin, dans une annonce fracassante, le président américain Donald Trump a révélé que son administration menait des pourparlers fructueux avec l’Iran en vue d’un « règlement complet et total » du conflit américano-israélien contre la République islamique d’Iran.
Il a ensuite déclaré que les parties étaient sur le point de conclure un accord aux termes duquel l’Iran s’engagerait à ne pas chercher à se doter d’armes nucléaires et renoncerait à l’enrichissement, et que ces conditions rendraient Israël « très heureux ».
L’Iran a nié que des pourparlers aient lieu, malgré des informations faisant état de négociations indirectes entre les deux parties.
Cette déclaration de Trump, publiée sur son réseau social, est intervenue près de deux jours après qu’il a menacé de bombarder les centrales électriques iraniennes si le pays n’ouvrait pas le détroit d’Ormuz dans les 48 heures. Lundi, il a déclaré avoir reporté ces frappes de cinq jours afin de permettre la poursuite des négociations.
« JE SUIS HEUREUX D’ANNONCER QUE LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE ET L’IRAN ONT EU, AU COURS DES DEUX DERNIERS JOURS, DES CONVERSATIONS TRÈS FRUCTUEUSES ET CONSTRUCTIVES CONCERNANT UNE RÉSOLUTION COMPLÈTE ET TOTALE DE NOS HOSTILITÉS AU MOYEN-ORIENT », a écrit Trump dans un message publié sur Truth Social.
« Compte tenu de la teneur et du ton de ces discussions approfondies, détaillées et constructives, qui se poursuivront tout au long de la semaine, j’ai donné instruction au Département de la Guerre de reporter de cinq jours toute frappe militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes, sous réserve du succès des réunions et des discussions en cours », a-t-il ajouté.
Dans une interview accordée par la suite à CNBC, il a qualifié les discussions de « très intenses » et les a décrites comme une « excellente réunion, d’excellentes conversations ». Il a également affirmé qu’il s’agissait d’un « changement de régime », en évoquant le nombre de dirigeants iraniens qui avaient été éliminés.
Cependant, l’agence de presse semi-officielle iranienne Fars a affirmé, après la publication de Trump, qu’il n’y avait eu aucune communication directe avec les États-Unis, ni par l’intermédiaire de tiers. Citant une source anonyme, Fars a déclaré que Trump était revenu sur sa menace après avoir appris que l’Iran riposterait en attaquant toutes les centrales électriques de la région.
Interrogé par les journalistes sur le démenti de l’Iran avant de monter à bord de l’Air Force One, Trump a laissé entendre que les participants à ces pourparlers « productifs » n’avaient peut-être pas pu contacter d’autres membres du régime.
« Parce que, comme vous le savez, les communications ont été réduites à néant. Ils ne peuvent plus se parler. »
Il a déclaré aux journalistes qu’il y avait des « points d’accord majeurs » avec l’Iran sur « presque tous les points », car Téhéran souhaite « vraiment conclure un accord ».
Trump a ajouté que ses principaux émissaires, Steve Witkoff et Jared Kushner, avaient participé aux pourparlers au nom des États-Unis, insistant sur le fait qu’ils s’étaient déroulés « à la perfection » et qu’ils avaient eu lieu dimanche et s’étaient prolongés jusque dans la soirée.
Il a confirmé que les pourparlers se poursuivraient lundi et a estimé que, s’ils continuaient à progresser, un accord pourrait être conclu dans les jours à venir.
Il a toutefois ajouté que si les progrès étaient jugés insuffisants à l’issue du délai de grâce de cinq jours, les États-Unis « continueraient tout simplement à bombarder sans relâche ».
Interrogé sur l’identité de la personne menant les négociations du côté iranien, Trump s’est contenté de répondre que les États-Unis « traitaient avec l’homme que je considère comme le plus respecté et le dirigeant ».
Il a refusé de nommer cette personne, mais a confirmé qu’il ne s’agissait pas du guide suprême Mojtaba Khamenei, qui aurait été blessé lors de la première frappe de la guerre qui a tué son père et qui a ensuite été choisi pour le remplacer.
Le jeune Khamenei n’a pas été vu depuis le début de la guerre, le 28 février, et les seules déclarations qui lui ont été attribuées depuis sa nomination au poste de guide suprême ont été lues à la télévision par des présentateurs.
« Nous n’avons pas eu de nouvelles du fils », a confirmé Trump.
« Nous ne savons pas s’il est en vie. »
Bien que Trump ait refusé de donner un nom, des responsables israéliens ont déclaré à la presse israélienne que les États-Unis menaient des négociations avec le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Ghalibaf, un ami proche du commandant de la Force Al-Qods, l’unité d’élite à l’étranger du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, Qassem Soleimani, qui a été tué, a été impliqué dans la répression sanglante des manifestations anti-régime. Il s’est imposé comme l’un des principaux décideurs en temps de guerre, alors que les hauts responsables iraniens ont été méthodiquement éliminés dans le cadre de la campagne israélo-américaine.
Israël, qui mène des frappes contre des cibles du régime iranien aux côtés des États-Unis depuis le 28 février, n’a pas encore réagi à cette annonce et le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas répondu à une demande de commentaires.
ביסמוט לנתניהו, היום בכנסת: שומע שהאירנים רוצים לסגור את העניין – אסור שיהיה הסכם רע
????זירה פוליטית‼️ pic.twitter.com/jD28ExukdF— ???? זירה פוליטית‼ (@Zira_politit) March 23, 2026
Peu après l’annonce de Trump, Netanyahu a toutefois publié une vidéo en hébreu dans laquelle il n’a fait aucune mention du président américain, mais a affirmé que Jérusalem s’efforçait d’amener Israël et l’Iran vers « des horizons [qu’ils] n’ont jamais atteints », tout en soulignant l’avantage de l’État juif sur Téhéran.
Dans cette vidéo, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, le député Boaz Bismuth, s’adresse au Premier ministre en ces termes : « J’ai entendu dire que les Iraniens voulaient clore le dossier… Il ne doit pas y avoir d’accord défavorable [avec eux] », rappelant ainsi à Netanyahu ses efforts passés pour bloquer les accords nucléaires indésirables entre Washington et Téhéran.
On ignore si la vidéo a été tournée avant ou après l’annonce de Trump.
Une source informée des plans de guerre d’Israël a déclaré à Reuters que Washington l’avait tenu informé de ses discussions avec Téhéran, et qu’Israël allait probablement suivre Washington en suspendant toute attaque contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes.
Cependant, peu après la publication de ce message, Tsahal a annoncé que l’armée de l’air israélienne avait lancé une nouvelle vague de frappes contre des infrastructures du régime à Téhéran.
Confirmant les déclarations de Trump, Axios et la chaîne N12 ont rapporté que l’Égypte, le Pakistan et la Turquie tentaient désespérément de gagner du temps avant l’expiration de l’ultimatum de Trump.
Dimanche, leurs ministres des Affaires étrangères se sont entretenus séparément avec leur homologue iranien, Abbas Araghchi, et avec Witkoff, selon ces mêmes sources. Ils auraient discuté non seulement de la recherche d’une solution concernant le détroit d’Ormuz, mais aussi de la fin de la guerre.
« La médiation se poursuit et progresse », a déclaré à Axios une source proche des négociations.
« La discussion porte sur la fin de la guerre et le règlement de toutes les questions en suspens. Nous espérons avoir des réponses prochainement. »
« Une aubaine pour Israël »
Pressé par les journalistes de préciser les points d’accord supposés issus des négociations avec l’Iran, Trump a affirmé que Téhéran avait accepté de ne pas se doter de l’arme nucléaire et de ne pas enrichir d’uranium, ce que l’Iran a toujours défendu comme étant son droit.
« Nous ne voulons voir ni bombe nucléaire, ni arme nucléaire, ni missile nucléaire ; nous voulons voir la paix au Moyen-Orient, nous voulons la poussière nucléaire », a-t-il ajouté, faisant vraisemblablement référence au stock iranien d’uranium hautement enrichi. Il a ensuite affirmé que l’Iran avait également accepté de le remettre.
Interrogé à nouveau sur le stock d’uranium, Trump a déclaré qu’en cas d’accord, « nous irons sur place et nous le prendrons nous-mêmes ».
« Si cela se produit, ce sera un excellent point de départ pour que l’Iran se reconstruise », a-t-il affirmé.
« C’est également formidable pour Israël, et c’est formidable pour les autres pays du Moyen-Orient. »
Il a indiqué que les États-Unis avaient récemment discuté avec Israël des derniers développements, et a insisté sur le fait que Jérusalem serait « très heureuse ».
« Ce sera la paix pour Israël. Une paix à long-terme, une paix garantie – si cela se produit. Et je ne peux pas le garantir, mais… je pense que cela va se produire. »
Auparavant, l’Iran avait déclaré, en réponse aux menaces de Trump, qu’il ciblerait les infrastructures énergétiques de la région. Ces menaces ont fait craindre une perturbation massive du dessalement de l’eau potable et ont de nouveau ébranlé les marchés pétroliers.
Si des attaques contre les infrastructures électriques pourraient nuire à l’Iran, elles pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour ses voisins du Golfe, qui consomment environ cinq fois plus d’électricité par habitant. De plus, l’Iran a attaqué à plusieurs reprises des pays du Golfe à l’aide de missiles et de drones tout au long de la guerre.
Dans ce contexte, les pays du Moyen-Orient, et au-delà, ont salué l’annonce de ces pourparlers. Le prix du pétrole a chuté, reflétant la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz, artère vitale pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
Le prix du Brent, référence du pétrole brut, a brièvement chuté de 13 %, repassant sous la barre des 100 dollars le baril, avant de remonter rapidement à environ 101,8 dollars.
Pratiquement au moment où le message de Trump était publié, le ministre omanais des Affaires étrangères a déclaré que la poursuite de la guerre ne ferait qu’aggraver les difficultés économiques et que son pays « travaillait d’arrache-pied pour mettre en place des dispositions garantissant la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz ».
« Quelle que soit votre opinion sur l’Iran, cette guerre n’est pas de son fait », a écrit Badr Albusaidi sur le réseau social X.
« Cela provoque déjà des problèmes économiques généralisés et je crains qu’ils ne s’aggravent considérablement si la guerre se poursuit. »
À la suite de la publication du message de Trump, Araghchi s’est entretenu par téléphone avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a appelé à une « cessation immédiate des hostilités et à un règlement politique tenant compte des intérêts légitimes de toutes les parties concernées, en premier lieu l’Iran », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué sur cet entretien, précisant que celui-ci avait été initié par Téhéran.
Le Kremlin a ensuite déclaré qu’il suivait de près ce qu’il a qualifié de déclarations « contradictoires » concernant la situation en Iran, mais a exprimé l’espoir que le conflit soit bientôt résolu.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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