Turquie : « très probable » qu’Ankara devienne membre du pacte de défense entre Ryad et Islamabad
Le pacte a été signé après la frappe israélienne manquée contre le Hamas, à Doha, qui a inquiété les pays du Golfe ; La Turquie héberge le groupe terroriste palestinien
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La Turquie est en pourparlers avancés pour se joindre au pacte de défense mutuelle conclu par l’Arabie saoudite et le Pakistan en septembre dernier, a rapporté vendredi Bloomberg, citant des personnes proches du dossier ayant témoigné sous couvert d’anonymat.
Un tel pacte entre les trois pays musulmans alliés des États-Unis pourrait ainsi placer Ankara sous le parapluie nucléaire d’Islamabad.
L’Arabie saoudite, qui ne possède pas l’arme nucléaire, a conclu un accord avec le Pakistan — le seul pays musulman doté de l’arme nucléaire — suite à la frappe israélienne ratée, le 9 septembre dernier, contre la direction du Hamas au Qatar. Cette frappe a indigné, tout autant qu’inquiété, les pays du Golfe.
Selon les termes de cet accord, qui ne concerne pas directement les armes nucléaires, une attaque contre un pays est considérée comme une attaque contre tous les pays signataires.
La Turquie, qui accueille elle aussi des dirigeants du Hamas, est « très susceptible » de rejoindre cet accord, a déclaré Bloomberg. Or, Ankara héberge sur son territoire des armes nucléaires américaines dans le cadre de son appartenance à l’OTAN, mais elle n’en possède pas en tant que telles.
Selon Bloomberg toujours, la Turquie et l’Arabie saoudite s’inquiéteraient depuis longtemps du risque d’avoir un Iran doté de l’arme nucléaire, et les frontières du Pakistan avec l’Afghanistan et l’Inde, elle aussi dotée de l’arme nucléaire, se sont renforcées ces douze derniers mois.
Toujours selon cette source, les alliés des Américains se poseraient de plus en plus de questions sur la fiabilité de Washington sous la présidence Trump.
« Les États-Unis poussent leurs propres intérêts et ceux d’Israël dans la région mais les dynamiques changeantes et les conséquences des conflits régionaux poussent les pays à développer de nouveaux mécanismes pour savoir qui sont leurs alliés et leurs ennemis », explique à Bloomberg l’analyste installé à Ankara, Nihat Ali Ozcan.
Malgré tout, Trump entretient de très bonnes relations avec Erdogan et se dit en faveur d’un rôle plus important de la Turquie dans la région, ce qui suscite l’inquiétude d’Israël. Il a par ailleurs fait savoir que les États-Unis pourraient réintégrer la Turquie dans le programme avancé de chasseurs furtifs F-35, ce à quoi Jérusalem est radicalement opposé.
La Turquie s’est avéré être l’un des critiques les plus virulents d’Israël lors de la guerre à Gaza, que le président turc Recep Tayyip Erdogan a comparée à la Shoah.
Les relations entre les deux pays se sont encore tendues en raison des événements survenus en Syrie, lorsque des rebelles islamistes soutenus par la Turquie – et dont Israël continue de se méfier – ont renversé le président soutenu par l’Iran, Bachar al-Assad, en décembre 2024.
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