Un promoteur immobilier israélien condamné à Chypre pour des projets dans le nord occupé par la Turquie
La peine de cinq ans de prison a été annoncée après que Shimon Aykut, 74 ans, a conclu un accord avec le procureur pour avoir encaissé quelque 40 propriétés
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Un tribunal chypriote a condamné vendredi un homme d’affaires israélien à cinq ans de prison pour avoir illégalement développé des propriétés immobilières chypriotes grecques dans le nord de l’île, contrôlé par la Turquie, dans l’un des dossiers les plus politiquement sensibles de ces dernières années.
Shimon Aykut, 74 ans, qui possède également la nationalité turque et portugaise, avait auparavant plaidé coupable de 40 chefs d’accusation d’appropriation illégale de biens dans le cadre d’un accord conclu avec le procureur.
Les conflits fonciers remontant parfois à plusieurs décennies – des conflits qui trouvent leur origine dans la division non résolue de Chypre en 1974 – restent une source de tension sur cette île de l’Ouest de la Méditerranée.
Aykut, qui a de problèmes de santé, est incarcéré depuis plus d’un an. Sa famille et les autorités chypriotes turques estiment, de leur côté, qu’il s’agit d’un emprisonnement politique de la part des Chypriotes grecs.
Les chefs d’accusation retenus à son encontre étaient passibles d’une peine maximale de sept ans de prison.
Des dizaines de milliers d’habitants de l’île sont en réalité des déplacés à l’intérieur de leur propre pays, après les conflits qui ont opposé les communautés chypriotes grecque et turque dans les années 1960, et après l’invasion turque qui avait suivi le coup d’État inspiré par la Grèce, en 1974.
Les biens immobiliers turcs qui sont situés dans le sud grec de Chypre sont gérés par un « gardien » qui est nommé par le ministère de l’Intérieur. Dans le nord, la majorité des propriétés immobilières grecques ont été redistribuées aux Turcs ou aux Chypriotes turcs après la guerre.
Le nord de Chypre a connu un développement considérable ces dernières années. Les procureurs ont déclaré qu’une société liée à Aykut avait tiré profit d’environ 40 propriétés, construisant de somptueux complexes le long de la côte nord de Chypre. Avant 1974, cette région était presque exclusivement chypriote grecque.
L’avocate d’Aykut, Maria Neophytou, a plaidé la clémence, invoquant son mauvais état de santé, son âge et l’absence de condamnations antérieures. Elle a affirmé que son rôle avait été « secondaire » et qu’il avait été motivé par le désir d’aider son fils, qui dirigeait les sociétés impliquées.
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