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Un rappeur du trio nord-irlandais Kneecap comparaît à Londres, accusé de soutien au Hezbollah

Des centaines de supporters s'étaient rassemblés devant le tribunal de Westminster mercredi matin. "Libérez la Palestine", ont-ils scandé, en brandissant des drapeaux palestiniens et irlandais ou des pancartes appelant à "Libérer Mo Chara"

Liam O'Hanna, membre du groupe de rap irlandais Kneecap, connu sous le nom de scène Mo Chara, arrivant au tribunal de première instance de Westminster, à Londres, le 18 juin 2025. (Crédit : Benjamin Cremel/AFP)
Liam O'Hanna, membre du groupe de rap irlandais Kneecap, connu sous le nom de scène Mo Chara, arrivant au tribunal de première instance de Westminster, à Londres, le 18 juin 2025. (Crédit : Benjamin Cremel/AFP)

Le rappeur Mo Chara du trio nord-irlandais Kneecap, accusé d’avoir arboré un drapeau du mouvement Hezbollah lors d’un concert, a comparu mercredi à Londres pour « infraction terroriste », soutenu par des centaines de supporters massés devant le tribunal.

Liam Og O Hannaidh — son vrai nom en gaélique — a été inculpé le 21 mai pour s’être couvert d’un drapeau du groupe terroriste libanais pro-iranien, pendant un concert du groupe à Londres le 21 novembre 2024. Il lui est également reproché d’avoir crié « Allez le Hamas ! Allez le Hezbollah ! ».

Mi-juin, lors d’une première audience, les avocats du rappeur avaient affirmé que son inculpation avait eu lieu hors du délai légal de six mois. L’affaire avait été reportée à la fin août et ce point doit être examiné mercredi durant l’audience qui a commencé en milieu de matinée.

Le groupe a toujours nié tout soutien au Hezbollah, dénonçant une décision « politique ».

Des centaines de supporters s’étaient rassemblés devant le tribunal de Westminster mercredi matin. « Libérez la Palestine », ont-ils scandé, en brandissant des drapeaux palestiniens et irlandais ou des pancartes appelant à « Libérer Mo Chara ».

Mo Chara est arrivé dans la cohue, son visage en partie couvert d’un keffieh palestinien et accompagné d’un autre membre du groupe, Moglai Bap.

Mary Hobbs, 31 ans, est venue de Belfast pour soutenir le rappeur. « Les accusations sont absurdes », a-t-elle lancé, qualifiant le système judiciaire de « défaillant ».

Provocateurs

Provocateurs audacieux pour leurs fans, extrémistes dangereux pour leurs détracteurs, les membres du groupe ont attiré l’attention médiatique et politique ces derniers mois au Royaume-Uni.

En cause: des déclarations virulentes contre Israël et la guerre dans la bande de Gaza. Cette guerre a été déclenchée après le pogrom sans précédent commis par le groupe terroriste du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023. 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

L’offensive israélienne a fait 62.064 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé de la bande, qui est placé sous l’autorité du Hamas.

Malgré des appels pressants d’élus conservateurs à déprogrammer Kneecap du prestigieux festival de Glastonbury fin juin, il a pu s’y produire, persistant dans ses critiques contre Israël.

Kneecap s’est toutefois vu interdit d’entrer en Hongrie fin juillet, où il devait donner un concert.

Il doit monter sur scène dimanche au festival de Rock en Seine, à Saint-Cloud, en banlieue de Paris.

Lors de l’audience mi-juin, le procureur Michael Bisgrove a assuré que « cette affaire ne porte pas sur le soutien de M. O’Hanna au peuple palestinien, ni sur ses critiques à l’égard d’Israël ».

Le trio nord-irlandais a accédé à la notoriété en 2024 avec son album « Fine Art » et un docu-fiction survolté, « Kneecap ». Primé notamment au festival du film de Sundance, aux Etats-Unis, ce film est sorti en France en juin.

Fondé en 2017, Kneecap défend la réunification de l’Irlande et considère sa langue comme un cri « anticolonialiste » face à la puissance britannique.

Le nom du groupe (kneecap veut dire rotule en anglais) vient de la pratique des groupes paramilitaires qui tiraient sur leurs victimes au niveau des genoux pendant le conflit nord-irlandais.

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