Qusai Abu Ridi, un Palestinien installé depuis quatre mois chez son frère, à la périphérie de Qusra, est bloqué là-bas depuis dimanche avec son fils par des partisans du mouvement pro-implantations.
Personne n’a pu entrer ni sortir de la maison à cause d’un avant-poste établi par des extrémistes juifs près de l’entrée, a-t-il expliqué au Times of Israel. Selon Abu Ridi, c’est ce même avant-poste qui a également piégé la famille de Youssef Hassan, enfermée dans sa maison voisine depuis plusieurs jours.
La maison de Hassan, dans laquelle il vit avec sa femme et leurs fillettes, est bloquée par des résidents d’implantations depuis dimanche. Les journalistes et militants qui ont tenté de rendre visite à la famille ces derniers jours en ont été empêchés par les extrémistes pro-implantations et les soldats de l’armée israélienne.
L’armée israélienne a déclaré plus tôt dans la journée au Times of Israel que la région de Qusra, dans laquelle se trouvent ces maisons, fait l’objet d’un arrêté de zone militaire fermée depuis le mois de juin. Il est donc interdit aux Israéliens et aux ressortissants étrangers d’y pénétrer, en raison de la présence d’avant-postes. Interrogée sur les raisons pour lesquelles les soldats n’ont pas expulsé les extrémistes juifs de la zone malgré cet arrêté, l’armée n’a pas répondu.
Le frère d’Abu Ridi, le propriétaire de la maison, vit aux États-Unis. Abu Ridi a donc emménagé dans la maison après qu’elle a été prise pour cible par des partisans du mouvement pro-implantations, qui ont notamment détruit des caméras de sécurité et causé d’autres dégâts. Il souhaite désormais rester sur place pour assurer la protection des lieux.
Lui et son fils de 18 ans sont désormais pris au piège à l’intérieur depuis dimanche, a-t-il précisé.
Ces derniers jours, les pro-implantations auraient coupé l’eau et l’électricité de la maison, selon Abu Ridi. Depuis la maison, a-t-il ajouté, il peut voir les soldats de l’armée israélienne aller et venir plusieurs fois par jour dans la zone où les extrémistes juifs sont rassemblés.
« Même un détenu reçoit de la nourriture. Nous n’avons rien à manger », dit-il. « Sans nourriture, nous finirons par partir. »
Par ailleurs, l’organisation de gauche Yesh Din a adressé aujourd’hui un appel urgent au chef du Commandement central de l’armée israélienne, le major général Avi Bluth, exigeant que l’avant-poste soit évacué, que ses résidents soient empêchés d’y rester, et que la sécurité des Palestiniens pris au piège dans leurs maisons soit assurée.