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Victoire des alliés de Mahmoud Abbas aux scrutins de Cisjordanie et de Deir al-Balah

Seuls 21,2 % des électeurs inscrits ont voté à Deir el-Balah, à Gaza ; ce scrutin, le premier depuis 2006, est largement perçu comme un test en vue d'éventuels scrutins futurs

Une commission électorale trie les listes de candidats aux élections locales à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le samedi 25 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)
Une commission électorale trie les listes de candidats aux élections locales à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le samedi 25 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Les partisans du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont remporté la plupart des sièges à l’issue des élections municipales palestiniennes, ont déclaré les autorités électorales, dans un scrutin qui, pour la première fois depuis près de deux décennies, incluait une ville de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, rival de longue date d’Abbas.

Le scrutin de samedi a marqué les premières élections organisées à Gaza depuis 2006, et les premières élections palestiniennes depuis le début de la guerre à Gaza il y a plus de deux ans, suite aux massacres perpétrés par le Hamas dans le sud d’Israël. Les Palestiniens de Cisjordanie et de certaines zones du centre de la bande de Gaza ont ainsi voté dans le cadre d’élections municipales.

Près de 1,5 million de personnes étaient inscrites sur les listes électorales en Cisjordanie, et 70 000 dans la région de Deir al-Balah, à Gaza, a indiqué la Commission électorale centrale (CEC), basée à Ramallah.

« Nous nous réjouissons de pouvoir faire fonctionner la démocratie malgré les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés, tant au niveau local qu’international », a affirmé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux journalistes après avoir voté à Al-Bireh, a rapporté l’agence de presse officielle Wafa.

Tôt dans la matinée de samedi, une file ininterrompue d’électeurs s’est dirigée vers les bureaux de vote en Cisjordanie, sous l’œil des diplomates étrangers venus observer le processus.

À 17 heures, le taux de participation en Cisjordanie atteignait 40,62 %, selon la Commission électorale centrale. La participation à Deir al-Balah s’est toutefois avérée nettement plus faible, avec seulement 21,2 % à la fermeture des bureaux de vote, à 18 heures.

Lors des précédentes élections municipales, en mars 2022, le taux de participation avait atteint 53,7 % dans les villes de Cisjordanie. Le scrutin en Cisjordanie s’est achevé à 19 h, marqué par une affluence tardive et notable de femmes à Jéricho, a indiqué un journaliste de l’AFP.

Des Palestiniennes font la queue devant un bureau de vote pour élire leurs représentants locaux à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 avril 2026. (Crédit : AP/Abdel Kareem Hana)

« Nous allons élire quelqu’un qui pourra améliorer la vie de la communauté locale… sur des questions telles que l’approvisionnement en eau et la réfection des rues », a déclaré Manar Salman, professeur d’anglais dans la ville. « Nous ne bénéficions pas d’un grand soutien de l’extérieur, et l’occupation nous touche à bien des égards… elle limite les actions que la municipalité peut mener. »

Certains ont remis en question le calendrier des élections.

« Nous ne voulions pas d’élections dans ce contexte, pas avec la guerre à Gaza et les attaques des résidents d’implantations qui perdurent en Cisjordanie », a fait remarquer Ziad Hassan, un homme d’affaires du village de Dura Al-Qaraa. « On nous a imposé cette décision. Nous sommes donc contraints d’élire un organe administratif pour le conseil du village. »

Les attaques des résidents d’implantations israéliens se sont multipliées en Cisjordanie ces derniers mois.

« L’essentiel, c’est la sécurité face aux pro-colons. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de nouveaux visages, de jeunes gens disposés à se battre pour nos droits », a souligné Abed Jabaieh, 68 ans, ancien maire du village de Ramun.

Un Palestinien vote lors des élections locales dans le village de Beit Furik, en Cisjordanie, le 25 avril 2026. (Crédit : AP/Majdi Mohammad)

La plupart des listes électorales étaient alignées sur le Fatah, le mouvement nationaliste laïc d’Abbas, ou composées d’indépendants. Le Hamas, rival acharné du Fatah et au pouvoir à Gaza – qui avait pris le contrôle de la bande de Gaza lors d’un coup d’État violent contre le Fatah en 2007 –, était absent de la course.

Dans de nombreuses municipalités, les listes parrainées par le Fatah se sont mesurées à des indépendants soutenus par des factions plus modestes telles que le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un groupe marxiste-léniniste désigné comme organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

Les conseils municipaux sont chargés de superviser l’approvisionnement en eau, l’assainissement et les infrastructures locales, mais n’ont pas de pouvoir au niveau législatif. Néanmoins, les élections présidentielles et législatives étant gelées depuis 2006, ces conseils sont devenus l’un des derniers mécanismes démocratiques encore en place sous l’Autorité palestinienne.

L’Autorité palestinienne fait l’objet de critiques généralisées concernant la corruption, l’immobilisme et la perte de légitimité. Les bailleurs de fonds occidentaux et régionaux conditionnent de plus en plus leur soutien financier et diplomatique à l’Autorité palestinienne à la mise en œuvre de réformes, en particulier dans le domaine de la gouvernance locale.

L’Union européenne a estimé que ce scrutin était « une étape importante vers une démocratisation plus large et un renforcement de la gouvernance locale… en phase avec le processus de réforme en cours ».

Des Palestiniens font la queue pour voter lors des élections locales à Al-Ubaidiya, en Cisjordanie, le 25 avril 2026. (Crédit : AP/Mahmoud Illean)

Les bureaux de vote ont fermé plus tôt à Deir al-Balah afin de permettre le dépouillement à la lumière du jour compte tenu du manque d’électricité dans la bande de Gaza dévastée par la guerre, a fait savoir la CEC à l’AFP.

Les infrastructures publiques, les services d’assainissement et les services de santé à Gaza peinent à fonctionner après deux années de guerre, qui ont laissé de vastes zones de l’enclave palestinienne en ruines.

Sous le contrôle du Hamas depuis 2007, Gaza a vécu son premier scrutin depuis les élections législatives de 2006, remportées par ce groupe terroriste islamiste.

L’Autorité palestinienne a indiqué que l’inclusion de la ville gazaouie de Deir al-Balah, qui a subi moins de dégâts que d’autres zones de l’enclave côtière pendant la guerre, avait pour but de souligner que Gaza faisait partie intégrante d’un futur État palestinien.

Ces élections, caractérisées par une faible participation, se sont déroulées « dans un contexte très sensible, marqué par des défis complexes et des circonstances exceptionnelles », a expliqué Mohammad Mustafa, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, en annonçant les résultats. Elles constituent toutefois « la première étape significative d’un processus national plus large qui vise à renforcer la vie démocratique… et, à terme, à assurer l’unité du territoire », a-t-il ajouté.

Le Hamas, qui n’a pas officiellement présenté de candidats à Gaza, a également boycotté le scrutin en Cisjordanie, où la victoire du Fatah était largement attendue. Certains candidats figurant sur l’une des listes de Deir al-Balah étaient toutefois largement considérés par les habitants et les analystes comme proches du Hamas, faisant de ce scrutin un baromètre potentiel du soutien dont bénéficie le groupe islamiste.

Les premiers résultats montrent que la liste, intitulée « Deir al-Balah nous rassemble », n’a remporté que deux des 15 sièges disputés à Gaza. La liste Nahdat Deir al-Balah, qui bénéficie du soutien du Fatah d’Abbas et de l’Autorité palestinienne appuyée par l’Occident, a quant à elle obtenu six sièges. Les sièges restants ont été remportés par deux autres groupes basés à Gaza, « L’avenir de Deir al-Balah » et « Paix et construction », qui ne sont affiliés à aucune des deux factions.

En Cisjordanie, ce sont les partisans d’Abbas qui ont remporté haut la main les élections, bien souvent sans opposition.

« En élisant des figures liées au Fatah, les électeurs semblent rechercher un soutien international sans réserve pour la gestion municipale et un changement politique progressif qui pourrait s’étendre au-delà du niveau local », a expliqué l’analyste politique palestinienne Reham Ouda.

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