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Y’alla Oklahoma : Face à l’antisémitisme, les Juifs de Tulsa invitent leurs voisins canadiens à se joindre à eux

Contre toute attente, au cœur de la Bible Belt, une récente initiative suscite l'intérêt de la communauté juive canadienne, minée par les discriminations et les difficultés économiques

Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

La fanfare de Tulsa se produit avant un match de football universitaire NCAA contre Oklahoma, à Tulsa, dans l'Oklahoma, le 16 septembre 2023. (Photo AP/Alonzo Adams)
La fanfare de Tulsa se produit avant un match de football universitaire NCAA contre Oklahoma, à Tulsa, dans l'Oklahoma, le 16 septembre 2023. (Photo AP/Alonzo Adams)

Juif originaire de Vancouver, Michael Sachs a été témoin de la recrudescence des actes antisémites au Canada, ces dernières années — que ce soit au sein des conseils scolaires, des syndicats d’enseignants ou du secteur public. Dans la classe de son fils, qui est en primaire, des enfants s’amusent à faire des saluts nazis « Sieg Heil ».

Avec son épouse, qui est enseignante dans une école juive, ils craignent qu’à terme, leurs enfants ne puissent pas exprimer leur identité juive – sans compter leurs soucis liés à la hausse des prix de l’immobilier et à la crise du fentanyl qui frappe le Canada.

A la recherche d’un ailleurs où ils pourraient s’installer, ils se sont laissés convaincre par une destination des plus improbables, à savoir la ville de Tulsa, dans l’Oklahoma, ville de taille moyenne située dans la Bible Belt américaine avec au centre-ville une statue dorée haute de huit étages représentant un puits de pétrole. Sachs a dû chercher sur la carte où exactement se trouvait Tulsa.

« Devant l’avion, on s’est dit : ‘Allez, qui sait. Allons voir, » rappelle Sachs. « Et à bord du vol de retour, nous avions déjà pris la décision de partir. »

Le déménagement de la famille a contribué à lancer la toute nouvelle initiative de la communauté juive de Tulsa – Lech L’Tulsa, jeu de mots sur l’expression biblique Lech Lecha, ou « Va de l’avant » — pour attirer les Juifs canadiens.

Contre toute attente, cette initiative a suscité un vif intérêt, et ce avant-même sa première tournée organisée auprès des Juifs canadiens ce mois-ci. Elle se place dans un contexte de mouvement des populations juives suite au pogrom perpétré dans le sud d’Israël par le Hamas, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza et provoqué un regain sans précédent d’antisémitisme et de troubles au sein des communautés juives du monde entier.

« C’est le reflet de la nouvelle répartition des Juifs nord-américains en tribus politiques, de ces mouvements géographiques qui ont pour but de rapprocher des personnes qui sont davantage de leur propre espèce politique », explique David Koffman, président des études sur les Juifs canadiens à l’Université York à Toronto, Canada.

Au Canada, les Juifs sont la cible de davantage de crimes de haine que tous les autres groupes, un phénomène qui a augmenté depuis le début de la guerre à Gaza. Récemment, on a enregistré des coups de feu dans des synagogues, des chants violents dans un musée de la Shoah, des écoliers victimes de harcèlement antisémite, des soutiens au terrorisme sur les campus universitaires et des tentatives d’enlèvement de femmes juives.

Sachs a entendu des personnes intéressées par l’initiative Lech L’Tulsa parler d’antisémitisme. Dans le centre-ville de Toronto, une femme qui portait en pendentif une étoile de David s’est plainte qu’on lui ait craché dessus, ajoutant qu’elle avait été traitée de « tueuse de bébés ». L’enfant d’un autre candidat au départ a été menacé d’un couteau par un agresseur antisémite, ajoute Sachs.

Pour la plupart des candidats au départ, l’antisémitisme est le « point de bascule » en faveur d’une installation aux États-Unis, sans oublier l’économie, le coût de la vie et les soins de santé.

« Ces sujets sont communs à toutes les communautés mais par-dessus, dans ce cas, on ajoute l’antisémitisme. C’est cette perspective qui a déclenché une telle réaction, je crois, mais personne ne part seulement à cause de l’antisémitisme », poursuit Sachs.

Des juifs venus en visite dans l’Oklahoma à la faveur de l’initiative Tulsa Tomorrow en 2025. (Avec l’aimable autorisation de Tulsa Tomorrow)

Dans l’Oklahoma, les Juifs rêvent d’être plus nombreux

Lech L’Tulsa est une déclinaison de Tulsa Tomorrow, initiative des membres de la communauté juive de Tulsa lancée en 2017. David Finer, homme d’affaires originaire de Tulsa, avait remarqué que la ville était en pleine ascension mais que cela n’empêchait pas les jeunes Juifs de partir et la population juive de décliner. Avec des amis, il s’était alors mis en tête de faire la promotion de Tulsa auprès de jeunes professionnels juifs pour contenir l’hémorragie.

« Les gens ne pensent pas à Tulsa. Quand les gens des grandes villes se disent : ‘Allons nous installer ailleurs, allons à Nashville, allons à Austin’, ils savent à quoi ressemblent ces endroits. Ce qui n’est pas le cas de Tulsa », conclut Finer. « Quand ils viennent ici, ils disent : ‘Bon sang. Mais c’est génial ici !’ Depuis le 7 octobre, il est devenu on ne peut plus évident que les gens allaient chercher à s’installer là où il n’y a pas ce genre d’antisémitisme. »

La communauté juive de Tulsa est de petite taille, composée de près de 2 500 membres actifs. Et l’idée de Tulsa Tomorrow est de la faire croître, explique Rebekah Kantor-Wunsch, directrice exécutive du groupe, elle-même originaire de l’Oklahoma.

« Nous cherchons aussi à attirer des personnes plus pérennes, moins nomades. Nous tenons vraiment à faire venir, dans le cadre de notre programme, des personnes qui se voient vivre ici à long terme », poursuit-elle. « Nous souhaitons accueillir des personnes susceptibles de s’enraciner, de s’impliquer dans la vie communautaire et d’avoir une vie meilleure. »

A ce jour, Tulsa Tomorrow a accueilli près 600 personnes pour une visite des lieux : 113 d’entre elles sont venues s’installer – et vivent toujours – à Tulsa, signale Kantor-Wunsch. Le programme a commencé par les Juifs d’autres régions des États-Unis avant de se tourner, avec succès, vers le Canada.

Tulsa Tomorrow accueille donc des groupes susceptibles de venir s’installer sur place : l’initiative organise des week-ends, prenant à sa charge les frais de déplacement des visiteurs et l’organisation logistique. Elle ponctue ces week-ends de dîners de Shabbat, de visites du centre-ville de Tulsa en scooter, de séances de yoga, de randonnée, de visites de brasseries, de sessions d’information sur l’immobilier, de visites de synagogues et d’événements de réseautage professionnel.

A Tulsa, la vie et le logement sont peu chers, la scène artistique et culturelle florissante et il existe un écosystème technologique et des transports bien organisés. La communauté juive dispose d’une synagogue réformée et d’une synagogue conservatrice, d’une école juive, d’un centre communautaire juif, du seul et unique musée juif de l’État et d’un établissement de retraite juif. Il y a moins d’infrastructures pour les Juifs orthodoxes, concède Kantor-Wunsch.

Tulsa Tomorrow est une organisation indépendante qui reçoit le soutien d’organisations communautaires juives, de particuliers et de fondations familiales, et qui bénéficie d’un parrainage financier de la Tulsa Community Foundation, une ONG non juive à but non lucratif, précise Finer. Les parrainages fiscaux permettent aux organisations qui n’ont pas le statut d’association à but non lucratif de recevoir des dons exonérés d’impôt via des organisations à but non lucratif reconnues comme telles.

Des manifestants anti-sionistes à Toronto, au Canada, le 31 août 2025. (Doron Horowitz/Flash90)

Selon Kantor-Wunsch, la population non juive de l’Oklahoma est plus conservatrice que celle des villes américaines à forte population juive, comme New York ou Los Angeles, ce qui rend l’activisme anti-sioniste moins problématique.

« Dans la mesure où cet État est conservateur sur le plan religieux, nombre de ses habitants sont des évangélistes, très chrétiens, baptistes, très pro-Israël. Le soutien qu’ils témoignent à la communauté juive est formidable », commente-t-elle. « J’entends et je vois aux infos tout ce qui passe d’effrayant lors des grandes manifestations, notamment l’antisémitisme. C’est totalement insignifiant ici. Ce n’est tout simplement pas toléré. »

L’Anti-Defamation League a recensé 30 actes antisémites en 2024 dans tout l’Oklahoma, sixième bilan le plus bas par rapport à la population totale. Et selon l’American Jewish Population Project, l’Oklahoma compte près de 17 300 Juifs, soit moins d’un demi-pour cent de la population totale de l’État.

Antisémitisme et hospitalité du Sud

Né à Stamford, dans le Connecticut, Sachs s’est installé à Vancouver à l’âge de 12 ans. C’est là que sont nés et ont grandi ses trois enfants et qu’il a lui-même travaillé pour le Centre Simon Wiesenthal et le Fonds national juif.

Il a connu la Jewish Federation de Tulsa à l’occasion de projets conjoints qui ont rassemblé des professionnels de la communauté juive de toute l’Amérique du Nord suite au pogrom perpétré par le Hamas en Israël en 2023. C’est une de ses connaissances, originaire de Tulsa, qui l’a invité à venir le voir.

Le service de sécurité lors d’un rassemblement pro-israélien, à Toronto, au Canada, le 9 octobre 2023. (Doron Horowitz/Flash90)

En compagnie de son épouse, il a fait le déplacement jusqu’à Tulsa dans le cadre de l’initiative Tomorrow et les habitants les ont convaincus, explique-t-il, en s’étonnant encore qu’au hasard de leurs déambulations dans la ville, un jeune couple en train de décharger ses courses leur ait fait signe comme s’ils se connaissaient depuis toujours.

« Ils nous ont regardé et fait signe comme si nous étions voisins depuis 20 ans », précise-t-il. « C’est typique de Tulsa. »

Leur déménagement remonte à six mois et Sachs écrit son expérience pour le National Post, un journal canadien. L’article a suscité le vif intérêt des Juifs canadiens, ce qui a convaincu Tulsa Tomorrow de changer la dimension de l’initiative Lech L’Tulsa pour répondre à la demande. Depuis, les informations sur cette initiative passent par le bouche-à-oreille et d’autres articles se sont écrits sur la question.

Lech L’Tulsa fonctionne comme Tulsa Tomorrow, mais avec un argumentaire et des visites spécifiques pour les Juifs canadiens, une allocation supplémentaire de déménagement de 2 000 $ et un soutien juridique pour les questions d’immigration.

Les candidats envisagent d’obtenir la citoyenneté de différentes façons. Certains peuvent chercher du travail dans des entreprises américaines qui leur accorderont un permis de travail et d’autres travaillent déjà pour des entreprises américaines. Tulsa Tomorrow ne se charge pas de trouver un emploi aux candidats au départ et a encore peu d’expérience en matière d’immigration, ce qui explique que les responsables de l’initiative traitent les demandes au cas par cas et qu’ils en sont seulement au stade de la recherche de ce qui fonctionne le mieux, explique Kantor-Wunsch.

Le premier voyage accordera la priorité aux demandeurs disposant d’un « parcours de visa plus clair », précise Sachs. Sachs est né aux États-Unis, mais sa femme est canadienne et elle a dû passer par le processus d’obtention d’une carte verte.

Pour le tout premier voyage de février, le programme a reçu près de 300 candidatures pour 50 places. La plupart de ces candidats ont une famille, ce qui pourrait porter le nombre total de personnes susceptibles de déménager à plus de 600, soit bien plus que ce que les organisateurs avaient prévu, souligne Sachs, qui travaille pour la Jewish Federation de Tulsa. Les candidats viennent de partout au Canada, à l’exception du grand nord, peu peuplé, ajoute-t-il.

Michael Sachs. (Autorisation)

Tulsa Tomorrow a déjà aidé quelques Canadiens à déménager, mais le nombre actuel est sans commune mesure.

« Ces deux dernières semaines, sur les 300 candidatures reçues dans le cadre de ce programme, presque toutes sont canadiennes », explique Kantor-Wunsch.

Selon Koffman, ces chiffres ne sont « pas négligeables », compte tenu de la population juive canadienne, qui se chiffre à quelque 400 000 personnes.

La plupart des candidats se tournent vers Tulsa après avoir envisagé d’autres destinations, comme la Floride, et les avoir trouvées trop chères ou trop densément peuplées.

« C’est un endroit où il fait bon vivre. Ici, les gens ne souffrent pas des trépidations de la vie et du travail » poursuit Kantor-Wunsch. « On peut aller d’un bout à l’autre de la ville en 20 minutes sinon moins. Et on n’est pas constamment coincé dans les embouteillages. »

Les motivations des candidats sont nombreuses, mais la plupart citent l’économie canadienne, le coût de la vie et une « perte de confiance dans les autorités », explique Sachs.

« Ils ne croient pas que le pays soit prêt à affronter cette bataille contre l’antisémitisme », complète-t-il.

Un rassemblement appelant à la libération des otages du Hamas, à Toronto, au Canada, le 1er septembre 2024. (Doron Horowitz/Flash90)

Dans les environs de Toronto, le prix moyen d’une maison est de 750 000 $ et dans la région de Vancouver, 1,5 million de dollars. Le prix médian des maisons à Tulsa est de 265 000 $.

Selon une étude de la revue Canadian Jewish Studies, lors des élections fédérales canadiennes de 2024, les Juifs canadiens ont privilégié le coût de la vie, les relations États-Unis-Canada et les soins de santé au détriment de l’antisémitisme.

Les populations juives se réorganisent

Selon Koffman, qui ne connaissait pas Lech L’Tulsa, cette initiative fait partie d’un mouvement de réorganisation des populations juives, et non d’un exode du Canada. Il en veut pour preuve que la plupart des Juifs canadiens de gauche ne veulent pas partir s’installer à l’étranger et que ceux qui envisagent de s’installer à Tulsa sont probablement de droite. Par ailleurs, certains Canadiens orthodoxes partent s’installer en Israël, davantage en raison de leur affinité avec l’État juif et ses communautés orthodoxes bien établies qu’en réaction à l’antisémitisme qui règne au Canada, ajoute-t-il.

Selon les chiffres du ministère israélien de l’Immigration et de l’Intégration, l’immigration en provenance de pays occidentaux a explosé l’an dernier, avec près de 420 Canadiens, en hausse par rapport aux 389 arrivés en 2024 et aux 294 de 2023.

De nouveaux immigrants venus d’Amérique du Nord débarquent à l’aéroport Ben Gurion, dans le centre d’Israël, le 14 août 2019. (Flash90)

Parallèlement, des centaines d’Israéliens viennent s’installer au Canada. Le ministère de l’Immigration et de l’Absorption a signalé une augmentation du nombre d’Israéliens qui ont quitté le pays après le début de la guerre, à cause du conflit et de désaccords avec le gouvernement Netanyahu.

Le Canada attire par ailleurs des Juifs venus des États-Unis, d’Amérique latine, d’Ukraine et de France, souligne Koffman.

« Dans l’ensemble, il semble que nous ne perdions pas de Juifs mais qu’il y ait des échanges — les plus religieux partent pour Israël, les plus laïcs pour le Canada », suggère Koffman, qui a sorti en 2021 le livre « No Better Home ? » au sujet du sentiment d’appartenance des Juifs du Canada, et qui est rédacteur en chef de la revue académique d’études juives canadiennes.

Les Juifs canadiens s’installent également à l’intérieur du pays, en fonction de la présence d’écoles et de synagogues mais aussi des quartiers et des provinces, « de façon à être avec des Juifs qui ont des opinions politiques proches des leurs », explique Koffman.

Selon une étude du Pew Research Center de l’an dernier, les Juifs sont bien plus susceptibles d’immigrer que les autres groupes religieux.

Les étudiants juifs américains fréquentent également de plus en plus des universités situées dans des régions du sud, plus conservatrices, à cause de l’antisémitisme qui règne sur les campus de régions comme la Californie ou New York.

Finer ajoute que des représentants d’autres communautés juives plus discrètes, comme celles de Kansas City, dans le Missouri ou Birmingham, dans l’Alabama, ont contacté Tulsa Tomorrow pour apprendre à présenter leur ville comme une destination pour les Juifs désireux de s’installer ailleurs. Le site Internet de Tulsa Tomorrow a connu une forte hausse de son trafic, l’an dernier, dans le sillage de l’élection du maire de New York, Zohran Mamdani, qui est anti-sioniste, souligne-t-il.

La célèbre émission satirique israélienne « Eretz Nehederet » a fait une parodie du dilemme auquel sont confrontés les migrants juifs — l’antisémitisme à l’étranger ou la tourmente en Israël dans un sketch qui fait se croiser à l’aéroport Ben Gurion un Israélien et un Américain qui déménagent chacun dans le pays de l’autre.

« Tu viens t’installer en Israël ? Maintenant ? Mais tu es complètement fou » dit l’Israélien.

« Tu pars t’installer à New York ? Maintenant ? Mais tu es complètement fou ? » lui répond l’Américain.

Des Juifs venus visiter l’Oklahoma dans le cadre d’un voyage organisé par Tulsa Tomorrow en 2025. (Avec l’aimable autorisation de Tulsa Tomorrow)

Sachs explique que depuis son installation à Tulsa, sa famille et lui vivent un « choc culturel positif » : dans les magasins, les employés leur disent « bonjour » et au restaurant, les portions sont généreuses. Il a dû se faire à la culture sportive locale – le football – et dire adieu à l’obsession canadienne pour le hockey.

Les communautés – juive et non juive – ont été accueillantes, précise-t-il. Quelques semaines après son arrivée, il a contacté l’équipe de hockey des ligues mineures Tulsa Oilers, qui a accepté d’organiser son tout premier match de hockey juif en partenariat avec des organisations juives. L’équipe portera des maillots ornés d’étoiles de David. Le match aura lieu un jour après la tournée Lech L’Tulsa et les participants auront la possibilité de prolonger le voyage d’un jour pour assister à ce match.

Sachs ne cache pas certaines difficultés, comme l’éloignement de ses proches et amis, restés à Vancouver. Il avait prévu de revenir à Vancouver pour la bar-mitsvah de ses fils, afin de célébrer ce moment avec leurs proches canadiens, mais il s’est ravisé et il a décidé que cela se ferait à Tulsa, afin que que ses proches canadiens fassent connaissance avec la communauté juive de la ville, mais aussi parce qu’il se sent désormais chez ui en Oklahoma.

« C’est notre communauté, et il y a beaucoup de gens ici qui veulent célébrer cette simcha [occasion joyeuse] avec nous », conclut-il.

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