L’intérêt des hommes politiques et des médias autour du président américain Barack Obama, du Premier ministre Benjamin Netanyahu, des relations israélo-américaines et du nucléaire iranien grimpe ces derniers temps, dans un contexte marqué par la controverse sur le prochain discours de Netanyahu au Congrès américain.

Mais au milieu des gros titres et des commentaires, une voix importante n’a pas été entendue – celle de l’électeur israélien.

Le Times of Israel a abordé ces questions dans sa nouvelle enquête, menée la semaine dernière auprès d’un échantillon représentatif de 824 adultes israéliens qui ont indiqué qu’ils voteraient probablement aux prochaines élections de la Knesset.

L’enquête a révélé que les électeurs israéliens ont une opinion de plus en plus négative d’Obama et ont de moins en moins confiance en lui pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

A la question de savoir s’ils font confiance au président américain pour faire en sorte que l’Iran n’obtienne pas la bombe, 72 % des sondés ont répondu non, ils étaient 64 % à donner cette réponse lors de notre enquête de 2014.

33 % des électeurs israéliens donnent à Obama une note favorable et 59 % une note défavorable, selon l’enquête actuelle du Times of Israel.

Pourtant, ces évaluations (33 %/59 %) ne sont pas bien pires que les notes données à certains politiciens israéliens tels que Moshe Kahlon (45 %/32 %), Netanyahu (41 %/54 %), Isaac Herzog (38 %/ 43 %), ou Naftali Bennett (38 %/52 %). Elles sont à égalité avec la note de Yair Lapid (34 %/59 %), et inférieures à celle de Tzipi Livni (29 %/64 %) et d’Avigdor Liberman (31 %/61 %).

Cette opinion actuelle sur Obama est plus négative que celle de l’an dernier : 33 % d’opinions favorables et 50 % d’opinions défavorable. Sa perception parmi les électeurs israéliens est devenue plus idéologiquement marquée, avec une augmentation de popularité parmi les électeurs de gauche et une baisse parmi les électeurs de droite.

Ce dernier groupe, qui représenterait 48 % des électeurs, a une perception fortement négative d’Obama, avec 20 % d’avis favorables et 72 % de défavorables.

Les conseillers de Netanyahou pourraient percevoir le différend avec Obama – si peu populaire parmi un grand nombre d’électeurs que Netanyahu tente d’atteindre – comme bénéfique sur le plan politique. Le discours de Netanyahu au Congrès tourne précisément autour de ce différend car il s’agit d’un discours sur l’Iran.

Sur la question de la confiance en Obama pour s’assurer que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire, la méfiance des sondés n’a fait que croître. Notre sondage a révélé que seulement 21 % des électeurs sont d’accord avec l’énoncé « Je crois que le président américain Obama garantira que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire », tandis que 72 % ne sont pas d’accord, soit une augmentation de 8 % depuis l’an dernier.

Au sein de tous les groupes idéologiques, la majorité ne fait pas confiance à Obama pour le dossier iranien. Parmi les électeurs indécis, la méfiance est légèrement plus profonde, avec 17 % qui affirment qu’ils font confiance en Obama et 76 % non. Même parmi les électeurs qui ont affirmé avoir une opinion favorable d’Obama, 45 % lui font confiance sur l’Iran et 47 % non. Les Arabes israéliens sont divisés de façon égale, avec 42 % de confiants en Obama et 42 % de non-confiants.

Au grand dam de Netanyahu, cependant, la menace iranienne n’est tout simplement pas la question la plus importante aux yeux des électeurs – un fait avéré au cours des dernières élections. Priés de choisir la question la plus importante que le gouvernement doit gérer entre six options, seulement 10 % des électeurs ont indiqué la menace iranienne. Parmi les électeurs indécis, seuls 9 % ont choisi la menace iranienne.

Les électeurs sont extrêmement préoccupés par les questions économiques. Certes, En faisant passer la menace iranienne comme le problème le plus important, la campagne du Likud parle une langue différente de celle des électeurs.

Alors que Netanyahu a clairement le dessus dans la dispute avec Obama concernant l’Iran, beaucoup de médias à la fois en Israël et à l’étranger tentent de mettre l’accent moins sur l’Iran que sur la relation israélo-américaine. Lorsque la question est encadrée de la relation américano-israélienne, Netanyahu est clairement à son désavantage.

A la question de savoir en qui ils ont le plus confiance pour sauvegarder la relation israélo-américaine sur une liste de cinq dirigeants, Herzog (30 %) est à égalité avec Netanyahu (31 %) ; 19 % n’ont pas identifié de leader spécifique.

Toujours sur cette question, un regard sur les électeurs indécis brosse un tableau plus inquiétant pour Netanyahu. Parmi ce groupe, 24 % disent qu’ils ont le plus confiance Netanyahu, 27 % en Herzog, et 34 % ne citent aucun leader particulier.

Pour résumer, les électeurs israéliens ne sont pas particulièrement chaleureux envers Netanyahu. Ils le sont encore moins envers Obama, mais ne sont pas plus négatifs envers lui qu’envers certains de leurs propres politiciens.

Les électeurs israéliens ne font pas confiance à Obama pour s’assurer que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire, et leur méfiance croît, mais la menace iranienne n’est pas une question prioritaire pour eux.

Le sondage a été mené du 1er au 3 février 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 824 adultes israéliens qui ont indiqué qu’ils voteraient probablement aux prochaines élections de la Knesset.

Les sondés qui ont indiqué qu’ils ne voteraient probablement pas aux élections n’ont pas été inclus dans l’échantillon de l’enquête.

44,7 % des questionnaires ont été remplis via des appels sur des téléphones fixes, 33,5 % des téléphones mobiles, et 21,9 % par l’intermédiaire de panels en ligne, (pour compenser le fort pourcentage d’Israéliens qui n’ont pas de lignes fixes). 10,1 % des répondants étaient des arabophones interrogés en arabe, et 10,9 % des russophones interrogés en russe.

Les résultats sont arrondis au chiffre entier le plus proche. La marge d’erreur est de +/- 3,41 %, avec un niveau de confiance de 95 %.

C’est le troisième d’une série d’articles du Times of Israel sur la base du sondage. L’enquête a été formulée par le Times of Israel et l’auteur de ces lignes.

Notre enquête est la plus précise à disposition du public à ce jour, après avoir interrogé un échantillon relativement important de 824 électeurs probables – par opposition à la norme des médias hébraïques, de 500 électeurs admissibles.

Stephan Miller, est un analyste américano-israélien expert en opinion publique et communications et un ancien conseiller du maire de Jérusalem, Nir Barkat, qui a travaillé sur des campagnes dans 10 pays à travers quatre continents.