Le chef d’orchestre argento-israélien Daniel Barenboim a déploré mercredi à Madrid une situation « bien pire » que lorsqu’il a co-fondé son orchestre multiconfessionnel en 1999, invitant à chercher « de nouveaux chemins » vers la paix après l’attentat de Charlie Hebdo à Paris.

« Regardez la situation en 1999 et aujourd’hui: c’est bien pire », a regretté le fondateur, avec le philosophe palestinien Edward Saïd, en 1999, du West-Eastern Divan Orchestra, un atelier rassemblant de jeunes musiciens israéliens, palestiniens et d’autres pays arabes.

« C’est pour cela que tout projet qui peut pousser les jeunes à rechercher le contact avec l’autre est important », a poursuivi Daniel Barenboim lors d’une présentation à la presse d’une tournée intitulée « Musique pour la Paix » qui s’achèvera lundi à Paris.

« Nous devons chercher de nouveaux chemins après ce qui s’est passé en France, en s’inspirant de pays où vivent en paix des communautés juives et musulmanes ».

Interrogé pour savoir s’il reprenait à son compte le slogan « Je suis Charlie », né après l’attaque du journal satirique qui a fait 12 morts le 7 janvier à Paris, il a répondu qu’il s’agissait d’un sujet « très compliqué ».

« Il s’agit en premier lieu de la liberté de la presse, d’opinion, absolument essentielle, et du fait que quelqu’un qui n’est pas d’accord avec cela n’a aucun droit d’aller tuer une autre personne », a-t-il réagi sans se prononcer sur les caricatures.

Le célèbre chef d’orchestre a critiqué le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a affirmé aux juifs de France et d’Europe qu’Israël était « leur foyer ».

Pour Daniel Baremboim, « de tels propos sont comparables à des déclarations antisémites. C’est ce que les antisémites disent: que les juifs sont différents, qu’ils ne seront jamais français ou allemands ou argentins ».

La France, a-t-il estimé, a eu la bonne réponse en renforçant la protection des écoles juives. « Le gouvernement et le peuple français ont reconnu l’importance de la présence des juifs en France », a-t-il souligné.