Confirmant l’assaut rhétorique de la direction palestinienne à destination d’Israël, le négociateur en chef de l’Autorité palestinienne, Saeb Erekat, lundi, a affirmé que 96 % des habitants de Gaza tués lors du conflit de cet été étaient des civils. Il a réitéré l’accusation du président de l’AP Mahmoud Abbas selon laquelle les Israéliens auraient commis un « génocide », et a accusé Israël d’imposer un apartheid contre les Palestiniens.

Dans une interview à la radio militaire menée en anglais, Erekat a également affirmé qu’Israël a tué 12 000 personnes et en a blessé
12 000 autres à Gaza, mais il est possible qu’il se soit mal exprimé et ait voulu dire 2 000 morts, un chiffre largement accepté.

En réponse à l’interview d’Erekat, le ministre de la Communication Gilad Erdan a déclaré que la direction palestinienne fonctionnait comme « une industrie du mensonge» visant à délégitimer Israël et qu’il n’y avait « personne à qui parler » de paix côté palestinien.

Erekat a parlé trois jours après qu’Abbas ait lancé l’allégation de génocide contre Israël dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit s’adresser à l’Assemblée générale lundi et a promis de « réfuter les mensonges » diffusés par Abbas contre Israël.

Erekat, dans l’interview à la radio, a défini le « génocide » comme une tentative directe pour « éliminer, horrifier, déplacer, détruire un mode de vie » et a estimé qu’Israël avait tué 12 000 personnes, en blessant 12 000 autres ; avec 96 % de civils ».

Les chiffres de l’ONU ont porté le nombre de morts à Gaza à 100, avec environ trois quarts de civils. Israël conteste ces conclusions, et affirme qu’au moins 1 000 de ces morts étaient des hommes armés du Hamas. Et rappelle que le groupe terroriste islamiste a mis en place sa machine de guerre au milieu de la population civile. 62 Israéliens – 6 d’entre eux étant des civils – ont été tués dans le conflit, au cours duquel le Hamas et d’autres groupes terroristes de Gaza ont tiré 600 roquettes et mortiers sur Israël.

« Je sais que les Israéliens n’aiment pas que l’on utilise le terme génocide » a déclaré Erekat, mais selon lui, il s’agit de « la réalité à Gaza aujourd’hui ». Il a également déclaré que l’AP avait « condamné les atrocités et les tentatives génocidaires » par l’Etat islamique et d’autres, et n’avait « jamais approuvé les tirs de missiles sur les civils israéliens ».

Dans le sillage du discours de Mahmoud Abbas, les Palestiniens présenteront une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU exigeant un Etat palestinien pour « vivre côte à côte dans la paix et la sécurité avec l’État d’Israël » sur la base des frontières de 1967. Israël, a dit Erekat « obtiendrait ainsi 78 % de la Palestine mandataire, et nous
22 % ».

La résolution devrait également appeler les parties à trouver des solutions à toutes les questions fondamentales concernant les différends, y compris le sort des réfugiés palestiniens. « Nous aurons encore besoin d’une solution juste et négociée quant aux réfugiés» a-t-il fait savoir, « juste et concertée avec vous ».

Cependant, Israël « ne croit pas à une solution à deux Etats » a-t-il accusé. « Vous avez un gouvernement qui croit en un Etat, deux systèmes – ce qui est l’apartheid. Nous n’accepterons pas un nouveau régime d’apartheid en Israël ».

En réponse à l’entrevue, le ministre Gilad Erdan du Likud a déclaré que « dans les années à venir, il n’y aura personne à qui parler » ajoutant que « nous devons comprendre que nous avons un ennemi tenace… La droite et la gauche en Israël doivent s’unir contre ce complot palestinien pour délégitimer l’Etat d’Israël ».

Il a rejeté les statistiques données par Erekat parlant d’« industrie du mensonge» et déclaré qu’il estimait que la revendication d’un Etat sur ​​les lignes de 1967 était avant tout « tactique » – ce qui implique que l’Autorité palestinienne recherche l’élimination d’Israël.

Plutôt que de promouvoir directement le terrorisme, a chargé Erdan, il a estimé qu’Abbas s’est engagé dans le « terrorisme politique » contre Israël.

Le ministre de la Communication a encore déclaré à la radio : « Les Israéliens ont vu que tout le territoire que nous avons quitté a été saisi par des terroristes. C’est ce qui s’est passé au Liban ; c’est ce qui s’est passé à Gaza. Sans la présence de l’armée israélienne, les terroristes auraient pris le contrôle de la Cisjordanie en renversant Abbas » a-t-il dit.

La coopération en matière de sécurité d’Abbas avec Israël en Cisjordanie est de leur « propre intérêt» car Abbas sait aussi que des « groupes terroristes en Judée-Samarie sont prêts à l’abattre ».