Le Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a estimé lundi que si Israël votait une loi divisant le mont du Temple à Jérusalem il ferait « exploser toute la région ».

Les Palestiniens affirment redouter que l’État hébreu n’assouplisse les conditions d’accès des juifs au site où se trouve la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’islam.

Conformément au statu quo qui régit les lieux saints de la Vieille Ville de Jérusalem, les Juifs ne peuvent y pénétrer qu’à certaines heures ou sous stricte surveillance, mais n’ont pas le droit de prier sur le site, également sacré pour le judaïsme.

Le site, qui surplombe le mur Occidental, est récemment devenu le centre de toutes les attentions et de toutes les tensions, Abbas appelant les Palestiniens à utiliser « tous les moyens » pour la « protéger » après des heurts suscités par la venue de juifs.

« Une loi israélienne instaurant une division physique de la mosquée Al-Aqsa ou des horaires séparés de visite serait illégale aux yeux du droit international et ferait exploser la région dans son ensemble », a estimé le Conseil révolutionnaire, plus haute instance du Fatah dans un communiqué.

Les autorités israéliennes imposent régulièrement des restrictions –notamment d’âge– à l’entrée des musulmans, par mesure de sécurité. Les Palestiniens, qui dénoncent les provocations de certains juifs y accédant, redoutent qu’ils soient autorisés par une future loi à pouvoir y prier.

Samedi déjà, Abbas avait menacé de saisir les instances pénales internationales après les « agressions » d’Israéliens contre Al-Aqsa.

« L’adhésion palestinienne aux instances internationales dont la Cour pénale internationale est une décision souveraine et des mesures seront prises avant la fin de l’année », a affirmé à ce sujet le Conseil révolutionnaire à l’issue de son congrès trimestriel qui s’est achevé lundi soir à Ramallah.

Lors de son congrès, la direction du Fatah a également examiné le projet de résolution sur le retrait israélien réclamant une date butoir, que les Palestiniens entendent proposer rapidement au vote du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Un échec du Conseil à s’acquitter de son devoir pour mettre fin à l’occupation israélienne ouvrira la voie à l’annonce de la fin du processus de paix », a prévenu le Fatah, alors qu’un veto américain menace de tuer dans l’oeuf ce projet de résolution.

Revenant sur ces pourparlers de paix, qui ont une nouvelle fois échoué au printemps après neuf mois de navette américaine pour tenter d’arracher aux Israéliens et aux Palestiniens un règlement du conflit qui dure depuis plus de 65 ans, le Fatah a estimé que « les négociations permettent à l’occupant israélien de faire durer l’occupation et de gérer le conflit plutôt que d’y mettre fin ».

De telles discussions ne pourront reprendre « qu’à condition que la construction de colonies s’arrête à Jérusalem occupée, que les agressions contre Al-Aqsa cessent, que les frontières de la Palestine soit délimitées et que la date de la fin de l’occupation israélienne soit fixée », a poursuivi le mouvement.