L’Egypte a commencé ces derniers jours la deuxième étape de la création d’une zone-tampon entre la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza.

La zone actuelle va être élargie de 500 mètres à 1 km, ce qui signifie la destruction de près de 1 200 maisons à Rafah, dans la zone égyptienne. Toutefois, a appris le Times of Israel, il y aura des étapes supplémentaires, qui mèneront finalement à l’élargissement de la zone tampon entre 1,5 et 2 km.

Le plan se traduira par l’expulsion de centaines de familles de la région, d’abord à El-Arish et dans l’avenir à New Rafah, une banlieue qui doit être construite à côté de l’actuelle Rafah, et à New-Ismaïlia, qui sera construite près de la ville existante sur les rives du canal de Suez.

Ces zones tampons sont destinées à aider l’armée égyptienne dans sa lutte contre le groupe fondamentaliste Ansar Bayt al-Maqdis, qui a récemment rejoint l’Etat islamique, au moins symboliquement.

Le fonctionnement de l’armée dans le Sinaï a continué tout au long des derniers mois, avec 16 à 17 bataillons égyptiens opérant dans la péninsule. Les forces comprennent des commandos, des blindés et des unités d’infanterie.

D’après les estimations de l’armée, l’opération porte ses fruits et a forcé des dizaines de djihadistes à fuir le Sinaï pour la Libye. Il y a également eu une forte baisse du terrorisme dans le Sinaï, et cette activité reste concentrée au nord-est de la péninsule, à Rafah et Cheikh Zaid.

Le renseignement égyptien a des informations spécifiques sur l’aide que les terroristes du Sinaï ont reçue de la bande de Gaza. Beaucoup de militants formés à Gaza y ont reçu des armes qu’ils ont directement utilisé contre les forces égyptiennes.

Cela constitue la source de l’urgence autour de la création de la zone tampon : l’objectif est de réduire les possibilités de ravitaillement des djihadistes via Gaza. Lundi, les médias égyptiens ont rapporté qu’une cellule djihadiste avait bénéficié de l’aide massive du Hamas, et avait essayé de s’infiltrer dans le Sinaï par des tunnels.

La plupart des tunnels ne sont pas ouverts, mais des contrebandiers parfois des deux côtés de la frontière réussissent à en construire de nouveaux. L’armée égyptienne a récemment découvert un passage de 1 700 mètres de long.

Le Caire a remarqué l’assistance reçue de résidents du côté égyptien de Rafah, même si les habitants ont seulement reçu quelques centaines de dollars pour que chaque maison soit détruite dans le processus de création de la zone tampon.

Les renseignements égyptiens ont trouvé récemment la nouvelle voie qui remplace les tunnels de contrebande : la mer. Bien qu’il y ait une barrière qui s’étende de la mer le long de la frontière du Sinaï et de l’Égypte, les contrebandiers dans des Zodiac arrivent à atteindre les plages des deux côtés.

Dans la plupart de ces bateaux, il y a les composants utilisés pour construire des lance-roquettes et des matières explosives. Les roquettes elles-mêmes sont également assemblées par les djihadistes du Sinaï.

La construction initiale de la zone tampon de 500 mètres le long des 10 kilomètres de la frontière a commencé après un attentat suicide le 24 octobre, qui a entraîné la mort de 30 soldats égyptiens. Après cet incident, l’Egypte a déclaré l’état d’urgence pendant trois mois dans certaines parties du nord du Sinaï.

Le passage de Rafah est la seule porte de Gaza ouverte vers le monde extérieur qui n’est pas contrôlée par Israël.

Les attaques djihadistes contre les forces de sécurité égyptiennes ont augmenté depuis que l’armée a renversé le président islamiste Mohamed Morsi l’année dernière.