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Alors que la commission spéciale examine le texte sur les médias, sa présidente attaque la presse

Galit Distel Atbaryan accuse les médias de persécuter le Premier ministre lors du débat d'ouverture sur le projet de loi "Karhi" qui, selon ses opposants, étouffera la liberté d'expression

La députée Galit Distel Atbaryan présidant la commission spéciale sur le projet de loi sur les médias, à la Knesset, le 8 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La députée Galit Distel Atbaryan présidant la commission spéciale sur le projet de loi sur les médias, à la Knesset, le 8 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La députée Galit Distel Atbaryan (Likud) a ouvert lundi la première session de la commission spéciale de la Knesset créée pour faire avancer le projet de loi controversé du ministre des Communications Shlomo Karhi sur les médias, en lançant une attaque virulente contre ces derniers, malgré les assurances de la coalition selon lesquelles cette législation vise à renforcer la liberté de la presse.

Distel Atbaryan, qui préside cette commission, a qualifié le projet de loi, qui assouplira les réglementations en matière d’octroi de licences de diffusion, de « loi historique destinée à changer radicalement le visage des communications ».

Elle a ensuite critiqué les « médias », qu’elle a accusés d’être « centralisés, monopolistiques et terriblement oppressifs ».

« Les médias ne reflètent pas la réalité, pas même de manière superficielle. Ils ont créé une caricature et effacé toute complexité du discours public au profit d’un programme unique, creux et stupide qui se résume simplement à « n’importe qui sauf Bibi », a-t-elle poursuivi, utilisant le surnom du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui dirige le Likud.

La séance d’ouverture a donné lieu à un débat animé, la présidente expulsant du forum des députés de l’opposition, dont Vladimir Beliak et Debbie Biton du parti Yesh Atid, ce qui a suscité des accusations de répression de la dissidence de la part d’autres participants.

Le projet de Karhi viserait à affaiblir l’emprise d’une poignée de médias traditionnels sur la sphère médiatique en supprimant les lois limitant les licences de diffusion, tout en renforçant la concurrence et le choix des consommateurs. Parallèlement, un comité contrôlé par le gouvernement serait créé et doté du pouvoir de façonner le contenu par diverses mesures de pression, telles que des amendes.

Le ministre des Communications Shlomo Karhi lors de la réunion de la commission spéciale sur le projet de loi sur les médias, à la Knesset, le 8 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les critiques affirment que cette réforme étouffera la liberté d’expression pour la remplacer par des contenus dictés par des intérêts politiques ou commerciaux.

Ce projet de loi a été vivement critiqué par les personnalités de l’opposition, des groupes de veille et la procureure générale.

La procureure générale, farouchement opposée à cette législation, a déclaré qu’elle suscitait « de réelles inquiétudes quant à une atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse ».

Le projet de loi, qui a déjà été adopté en première lecture par la Knesset, devra être adopté en deuxième et troisième lecture pour avoir force de loi.

Lors de la réunion de la commission, Karhi a réitéré son affirmation selon laquelle cette loi conduirait à « un marché libre et concurrentiel, avec moins de réglementations, moins d’obstacles, moins d’intervention de l’État et plus de liberté pour le peuple ».

« Tout le processus de création de cette commission, y compris votre nomination à sa présidence, représente le summum de la dictature, dont le seul but est de prendre le contrôle du marché libre des communications », a déclaré la députée Shelly Tal Marom (Yesh Atid), s’adressant directement à Distel Atbaryan, une fervente opposante aux médias israéliens considérée comme une proche de Netanyahu.

Conformément aux procédures habituelles de la Knesset, le projet de loi serait examiné par la commission des Affaires économiques de la Knesset, qui traite généralement des questions législatives liées aux médias, avant d’être soumis à une deuxième et une troisième lecture à la Knesset.

Au lieu de cela, Karhi a demandé la création d’un nouveau « comité des médias » chargé d’examiner le projet de loi.

Le député Vladimir Beliak, membre du parti Yesh Atid, expulsé hors de la commission spéciale sur le projet de loi sur les médias, à la Knesset, le 8 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il aurait cherché à contourner la commission des Affaires économiques en raison de l’opposition de son président, le député David Bitan (Likud), qui avait précédemment bloqué le projet de loi de Karhi visant à fermer la chaîne publique Kan.

Lors de la session de lundi, Karhi a nié avoir tenté de contourner Bitan, affirmant qu’il encourageait la discussion dans le cadre du processus législatif. Toutefois, il a été catégorique : le projet de loi ne doit pas être bloqué « par les syndicats, les monopoles ou ceux qui craignent la libre expression d’une partie du peuple ».

En réponse, la députée Efrat Rayten (Avoda) a déclaré : « L’ensemble de la Knesset a été réquisitionné dans un but prétendument sacré : démanteler les institutions de l’État dans le cadre d’une attaque contre la démocratie et réduire l’opposition au silence. »

La députée Karine Elharrar (Yesh Atid) a ajouté que « le rôle des médias est de critiquer ceux qui sont au pouvoir, et c’est cela qui vous déplaît ».

La députée Debbie Biton, membre du parti Yesh Atid, expulsée hors de la commission spéciale sur le projet de loi sur les médias, à la Knesset, le 8 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En réponse aux critiques des députés de l’opposition qui estiment que cette législation est une tentative du gouvernement de réprimer les médias qu’il n’apprécie pas, à l’instar des avancées législatives en Hongrie et en Pologne, Karhi a déclaré que la nouvelle autorité prévue par la législation n’interférerait pas dans le contenu.

Il a ajouté que les amendes ne s’appliqueraient qu’aux questions de concurrence et non au contenu : « Par exemple, une chaîne qui pratique une discrimination en vendant à un certain prix à un fournisseur et à un prix quatre fois plus élevé à d’autres se verrait infliger une amende, mais seulement après avoir été autorisée à corriger cette situation et avoir refusé de le faire. »

Un projet de loi « inutile »

Lors de l’audience de lundi, Esther Buchshtav, dont le fils Yagev Buchshtav a été enlevé par le Hamas au kibboutz Nirim le 7 octobre 2023, a reproché à la commission spéciale chargée de faire avancer le texte controversé de consacrer son temps à un projet de loi « hors de propos » plutôt qu’à la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7-Octobre.

« Je vous vois vous occuper d’une loi qui n’a aucun rapport avec nos vies. Ce qui est pertinent, c’est de réfléchir à la manière dont nous pouvons nous remettre du 7-Octobre, de comprendre ce qui s’est passé ce jour-là et ce qui s’est passé depuis », a-t-elle déclaré devant la commission.

« Pourquoi a-t-on décidé d’abandonner les otages dans les tunnels ? Et c’est un fait que cette décision a été prise : mon fils a été abandonné », a poursuivi Buchshtav.

Selon Buchshtav, l’armée israélienne a informé la famille que Yagev, 35 ans, avait été exécuté en février 2024 par le Hamas à l’intérieur d’un tunnel, alors que les troupes se rapprochaient.

Son corps a été retrouvé en août 2024 à Khan Younès par les troupes de Tsahal, aux côtés de ceux d’Avraham Mundar, Nadav Popplewell, Alex Dancyg, Chaïm Peri et Yoram Metzger, tous enlevés vivants et assassinés pendant leur captivité.

En haut (de gauche à droite) : Nadav Popplewell, Yoram Metzger, Avraham Munder ; en bas (de gauche à droite) : Chaïm Peri, Yagev Buchshtav, Alex Dancyg, dont les corps ont été récupérés par l’armée israélienne le 20 août 2024. (Crédit : Autorisation)

Le sergent-chef Ran Gvili est le dernier otage mort encore à Gaza.

S’adressant directement à Karhi, Buchshtav a déclaré : « Je veux que vous me regardiez dans les yeux. Monsieur le député Shlomo Karhi, vous m’avez parlé et m’avez promis que vous feriez tout pour aider, mais vous ne l’avez pas fait. »

« Nous ne savons pas ce qui s’est passé le 7-Octobre. Il n’y a toujours pas eu de commission d’enquête nationale », a-t-elle ajouté.

« C’est ce dont vous devriez vous occuper en tant que membres de la Knesset, en tant que membres du gouvernement. »

Le mois dernier, le gouvernement a décidé de mener sa propre enquête sur les défaillances entourant l’invasion et le pogrom perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7-Octobre, plutôt que de mettre en place la commission d’enquête nationale traditionnellement constituée pour enquêter sur les catastrophes majeures.

Netanyahu, s’oppose fermement à la création d’une telle commission sur le 7-Octobre, la journée la plus meurtrière pour les Juifs depuis la Shoah et la pire catastrophe de l’histoire moderne d’Israël, en dépit de sondages qui indiquent régulièrement qu’une nette majorité d’Israéliens y sont naturellement favorables, y compris les familles des otages et des personnes assassinées lors de l’assaut barbare et sanglant.

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