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Reportage

Après une nuit de destructions, les habitants d’Arad et Dimona remettent de l’ordre

Près de 200 blessés sont á déplorer suite à la chute de deux missiles iraniens sur des logements ; les habitants font part de leurs craintes mais aussi de leur foi et de leur résilience

Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Point d'impact d'un missile tiré depuis l'Iran sur des logements à Arad, dans le sud d'Israël, le 22 mars 2026. (Chaim Goldberg/ Flash90)
Point d'impact d'un missile tiré depuis l'Iran sur des logements à Arad, dans le sud d'Israël, le 22 mars 2026. (Chaim Goldberg/ Flash90)

Samedi soir, Israël a enregistré son plus important nombre de victimes depuis le début de la guerre contre l’Iran, il y a de cela trois semaines, lorsque deux missiles balistiques ont frappé des logements à Arad et Dimona, dans le sud d’Israël, et blessé près de 200 personnes — qui, pour la plupart, ne se trouvaient pas dans les abris anti-aériens au moment de l’impact.

Bien que l’Iran assure avoir voulu toucher la centrale nucléaire de Dimona, toute proche, ce sont des civils qui ont été les plus fortement touchés.

À Arad, 88 personnes ont été prises en charge par les premiers secours du Magen David Adom, dont 10 pour des cas sérieux, dont une fillette de 5 ans. Le centre hospitalier Soroka de Beer Sheva a indiqué avoir pris en charge 115 personnes originaires de la ville.

Benjamin Lew, un riverain, a déclaré au Times of Israel qu’il avait mis sa famille en lieu sûr lorsque les sirènes ont retenti. Il a réveillé ses deux enfants et les a conduits, avec leur mère, dans l’abri anti-aérien de leur bâtiment.

« Nous avons entendu un bruit très fort », dit-il.

Il s’agit là du tout premier impact direct à Arad, mais Lew rappelle que la ville a connu un grand nombre d’alertes de missiles depuis le début de la guerre, le 28 février dernier.

Illustration : Les forces de sécurité et de secours israéliennes sur les lieux où un missile tiré depuis l’Iran a causé d’importants dégâts, à Arad, dans le sud d’Israël, le 22 mars 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Sa mère, Maayan Taylor, résume ce qu’endurent les familles qui vivent sous la menace constante de tirs de missiles balistiques : « Cela fait un bon moment que nos enfants ne dorment pas bien. »

Lew ajoute que le logement de son ex-femme, à Beer Sheva, a été endommagé lors d’une précédente attaque, ce qui le portait à croire qu’à Arad, ses enfants étaient davantage en sécurité — il n’en est plus si certain aujourd’hui.

« Je suis loin d’en être aussi sûr », dit-il.

Selon Roni Kaplan, porte-parole de l’armée israélienne, cette frappe est un rappel de la menace que continue de poser l’Iran.

« C’est ici l’illustration de la menace iranienne », explique Kaplan au Times of Israel. « Il y a eu impact direct parce que nos défenses aériennes ne sont pas hermétiques, même si elles figurent parmi les meilleures au monde. »

Un homme observe des immeubles d’habitation endommagés par une frappe de missile iranienne dans la ville d’Arad, au sud du pays, le 22 mars 2026. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

L’armée de l’air israélienne a déclaré que la non-interception des deux missiles avait des causes différentes et que le fait que les incidents se soient produits dans le même secteur à moins de deux heures d’intervalle était purement fortuit.

Les deux missiles étaient équipés d’ogives conventionnelles contenant des centaines de kilogrammes d’explosifs, ce qui a occasionné des dégâts bien plus importants que les ogives à fragmentation qui se sont abattues sur le territoire israélien depuis le début de cette guerre.

Selon Kaplan, l’onde de choc et les débris de l’explosion ont causé des dommages secondaires à plusieurs bâtiments du secteur, dans plusieurs pâtés de maisons du quartier à dominante ultra-orthodoxe d’Arad.

Un premier intervenant présent sur les lieux de l’impact, samedi soir, a déclaré au Times of Israel que plusieurs habitants religieux s’étaient opposés à l’évacuation vers des hôtels avant Pessah — une période qui exige une stricte observance alimentaire et un contrôle rigoureux des conditions alimentaires et de la cuisine —, de crainte de ne pas pouvoir respecter la casheroute.

Lieu d’une frappe de missile balistique à Arad, le 22 mars 2026. (Stav Levaton/Times of Israel)

« C’est beaucoup de dégâts pour une seule roquette »

À Dimona, à environ 25 kilomètres de là, MDA a annoncé la prise en charge de 33 personnes, dont un garçon de 12 ans dans un état grave. Soroka a indiqué que 60 habitants de la ville avaient été hospitalisées.

Comme à Arad, le missile a détruit plusieurs bâtiments dans les environs immédiats du point d’impact et en a endommagé beaucoup d’autres aux alentours.

Dimanche après-midi, on sentait encore dans l’air l’odeur reconnaissable des débris calcinés.

Un bâtiment abritant des activités parascolaires pour enfants défavorisés figure parmi les structures réduites en cendres.

« Dieu merci, les enfants n’étaient pas là », soupire la directrice du programme, Shilgit Kanias. « C’est un miracle. »

Malgré les dégâts, elle envisage d’ores et déjà de reconstruire ce lieu phare de la communauté.

Un bâtiment détruit qui abritait des activités périscolaires pour les jeunes défavorisés de Dimona, suite à une frappe de missiles balistiques, le 22 mars 2026. (Stav Levaton/Times of Israel)

« Il y a déjà des volontaires qui nettoient », poursuit-elle. « Tout reprendra… Mais je ne sais pas combien de temps ça prendra. »

À Dimona, la communauté a l’habitude de se serrer les coudes en cas de coup dur. Lorsqu’un habitant de Virginie, Zev Goldberg, a perdu son frère Ari dans un tragique accident, il y a de cela deux mois, les habitants ont décidé de construire en sa mémoire un foyer pour les soldats seuls.

Les deux frères avaient fait leur alyah ensemble et espéraient servir côte à côte dans l’armée israélienne — un rêve brisé —.

Les habitants recuillent des fonds pour achever le projet en mémoire d’Ari.

Zev Goldberg se trouvait dans un abri lorsque le missile a frappé, samedi soir.

« J’étais en sécurité », dit-il. « L’abri a tremblé. »

Le site de l’impact d’un missile balistique à Dimona, le 22 mars 2026. (Stav Levaton/Times of Israel)

Face aux dégâts, il ajoute : « Je suis sous le choc… C’est beaucoup de dégâts pour un seul missile. »

Malgré tout, Goldberg refuse de se laisser décourager par la guerre et déclare au Times of Israel qu’il attendait avec impatience que l’armée israélienne lui dise, dans la journée, à quel poste il serait affecté pour son service.

« Je veux servir aux côtés des Givati », la brigade d’infanterie, dit-il en souriant.

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