Des proches d’otages accusent Netanyahu de condamner les captifs avec son offensive
Le Forum des otages fustige le Premier ministre pour avoir refusé d’examiner une offre acceptée par le Hamas, l’accusant d’avoir « torpillé » les chances de sauver leurs proches
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Les proches des otages israéliens toujours aux mains du groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza ont exhorté jeudi le gouvernement à accepter un accord de cessez-le-feu qui permettrait de libérer au moins une partie des captifs ; ils ont fustigé le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui, selon eux, ignore l’annonce qui a été faite par le Hamas, qui a fait savoir qu’il acceptait des conditions que Netanyahu avait lui-même validées par le passé.
Alors que le Premier ministre s’est engagé à intensifier les combats et à conquérir Gaza City, les familles ont averti qu’un refus de répondre à l’accord reviendrait à condamner les 20 otages qui seraient encore en vie.
« L’histoire se répète », a déclaré Lishay Miran Lavi, l’épouse d’Omri Miran, que l’on pense être en vie, lors d’une conférence de presse organisée par le Forum des otages et des familles de disparus, qui représente les proches de la plupart des otages détenus à Gaza. « Nous sommes à un pas d’un torpillage total » de l’accord sur les otages, a-t-elle ajouté, en reprenant les mots du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, lorsqu’il assurait, l’an dernier, qu’Israël était « à un pas de la victoire ».
Depuis 16 mois, Netanyahu assure régulièrement qu’Israël est « à un pas » d’une défaite totale du Hamas. Il a réitéré cette affirmation jeudi dans une interview à la télévision australienne, déclarant qu’Israël était « sur le point de mener à bien cette guerre » et s’engageant à mener à bien son projet de prise de contrôle militaire de toute la bande de Gaza, même si le Hamas acceptait un cessez-le-feu et un accord pour la libération des otages.
Sous pression internationale intense, le Hamas a accepté en début de semaine un cessez-le-feu de 60 jours, qui inclurait selon certains médias la libération de 10 otages vivants, conformément à une proposition américaine précédemment soutenue à l’époque par le gouvernement Netanyahu, et le lancement de négociations pour le retour des autres otages et la fin de la guerre.
Mais le Premier ministre a récemment abandonné son soutien à un accord partiel et exige désormais un accord global. Il n’a pas convoqué son cabinet pour discuter de la décision du Hamas d’accepter la trêve de 60 jours.
« Celui qui a fait le choix, depuis trois jours déjà, de ne pas donner suite à un accord que le gouvernement a déjà validé, de ne pas réunir le cabinet ou le gouvernement, a fait en toute conscience le choix de sacrifier les otages », a déclaré Bar Goddard, la fille de Manny Goddard, assassiné le 7 octobre et dont la dépouille est détenue à Gaza.
Le gouvernement du Premier ministre a validé il y a peu le projet de conquête de Gaza-City, tandis que ses partenaires d’extrême droite rejettent tout cessez-le-feu. L’exécutif israélien accuse régulièrement le Hamas d’avoir fait échouer les négociations par des demandes jugées déraisonnables.
Un haut responsable israélien anonyme a confié mercredi aux médias israéliens qu’Israël n’envisageait pas pour l’instant d’envoyer une équipe au Qatar ou en Égypte pour participer aux négociations. Selon certains médias, Israël aurait également décidé de ne pas réagir pour l’instant à l’accord progressif approuvé lundi par le Hamas.
« Il existe un accord qui peut sauver les otages vivants et permettre aux défunts d’avoir une sépulture digne », a déclaré Miran Lavi. « Le Hamas a donné son accord, mais le bureau du Premier ministre s’efforce de le torpiller, ce qui équivaudrait à condamner à mort les otages vivants et à condamner les défunts à rester perdus. »
Cinquante otages sont toujours retenus en captivité à Gaza, dont 49 des 251 personnes kidnappées le 7 octobre 2023, en plus de la dépouille d’un soldat tué en 2014. Selon les autorités israéliennes, 28 d’entre eux sont morts, 20 seraient toujours vivants et l’état de santé de deux autres suscite de vives inquiétudes.
Lors du premier cessez-le-feu de novembre 2023, 105 otages avaient été libérés par le Hamas. Trente autres l’avaient été en janvier et février 2025, accompagnés de la restitution des dépouilles de huit otages assassinés qui ont été rendues à Israël.
Cinq captifs ont été relâchés hors de ces accords, huit autres ont été secourus par Tsahal. Les corps sans vie de 49 captifs ont par ailleurs été retrouvés à Gaza depuis le début de la guerre.
La chaîne N12 a rapporté lundi qu’un membre haut placé de l’équipe de négociation israélienne avait indiqué aux familles que les responsables cherchaient à tirer parti de l’affaiblissement du Hamas pour parvenir à un accord global, sans renoncer toutefois à l’accord partiel déjà accepté par le Hamas.
La perspective d’un accord partiel de libération, pouvant ouvrir la voie à un accord définitif, se heurte à une forte opposition au sein de la coalition de Netanyahu. Pour contrer cette pression, les partis d’opposition ont promis de lui fournir une couverture politique en cas d’approbation.
Les critiques de Netanyahu, notamment le Forum des familles d’otages et de disparus, l’accusent de fonder ses décisions de guerre sur des calculs politiques, ce qu’il rejette avec force, et d’avoir déjà laissé passer des opportunités de parvenir à un accord.
Par le passé, Netanyahu avait exigé le droit de reprendre les combats, tandis que le Hamas insistait pour conditionner la libération de tous les otages à une fin de la guerre. Pour combler ce fossé, les médiateurs ont proposé des accords partiels susceptibles de mener à une entente définitive.
Le Hamas a annoncé avoir accepté un accord basé sur le « cadre Witkoff », qui engagerait le groupe terroriste à libérer 10 otages vivants et à restituer les dépouilles de 18 otages tués, en échange d’un cessez-le-feu de 60 jours et de la remise en liberté par Israël de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteinte à la sécurité nationale dans le cadre de négociations qui ont pour objectif de mettre fin définitivement à la guerre.
« Il y a un accord sur la table. C’est l’ouverture dont nous avons besoin pour parvenir à un accord global. Nous devons le signer immédiatement », a déclaré en anglais Dalia Cusnir, dont le beau-frère Eitan Horn fait partie des otages.
« Nous ne pouvons pas soutenir la poursuite des combats. Nous devons être clairs : avec cet accord, les négociations doivent commencer immédiatement pour parvenir à un accord global qui permettra de les ramener tous et de mettre fin à cette guerre », a-t-elle ajouté, appelant Witkoff et le président américain Donald Trump à faire pression sur Jérusalem.
Yehuda Cohen, le père de l’otage Nimrod Cohen, a dit craindre qu’une intensification des combats ne mette les captifs en danger, rappelant les six otages exécutés par leurs geôliers du Hamas l’an dernier lorsque les troupes israéliennes s’étaient approchées de leur position à leur insu.
Il a indiqué que l’armée israélienne avait filmé une vidéo montrant son fils à Gaza, et s’est engagé à se battre pour qu’elle soit diffusée.
« Une fois de plus, Netanyahu impose des conditions impossibles à un accord. Il s’agit de gagner du temps et de prolonger la guerre afin de servir les extrémistes messianiques de son gouvernement », a-t-il dénoncé. « Il prévoit de forcer l’armée à pénétrer dans les zones où ils sont détenus… et à tuer les autres otages encore en vie. »
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