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L’Égypte presse Israël d’accepter l’accord partiel, Netanyahu pousse l’opération à Gaza-City

Ron Dermer rencontre des responsables qataris ; Israël nie l'envoi de négociateurs à Doha ; Bezalel Smotrich pourrait quitter le gouvernement ; Benny Gantz envisage de revenir

Des soldats israéliens opérant dans la bande de Gaza, sur une image publiée le 20 août 2025. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats israéliens opérant dans la bande de Gaza, sur une image publiée le 20 août 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Alors que l’Égypte presse Israël d’accepter la dernière proposition de cessez-le-feu approuvée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé, mercredi, qu’il « raccourcissait les délais » pour les plans de l’armée israélienne visant à prendre le contrôle de Gaza-City, au lendemain d’une rencontre entre le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, et des responsables qataris à Paris pour discuter des négociations.

Alors que les efforts en faveur d’un accord pour la libération des otages s’intensifient, Netanyahu continue de les rejeter, se concentrant plutôt sur le plan approuvé par le cabinet au début du mois visant à intensifier les combats dans la bande de Gaza, même s’il n’a pas rejeté catégoriquement la dernière proposition.

Dans un communiqué publié mercredi soir, Netanyahu a déclaré avoir donné pour instruction à Tsahal de « raccourcir les délais pour s’emparer des derniers bastions terroristes et vaincre le Hamas », faisant référence à l’offensive prévue par l’armée à Gaza-City.

« Le Premier ministre exprime sa profonde gratitude envers les réservistes mobilisés et leurs familles, ainsi qu’à tous les soldats de Tsahal », a ajouté son bureau, après l’annonce par l’armée, mardi, de la mobilisation de 60 000 réservistes en prévision de l’opération.

Les plans de Tsahal pour la prise de Gaza-City devraient être présentés jeudi à Netanyahu, selon des responsables militaires.

Un haut responsable israélien a déclaré sous couvert d’anonymat à la presse israélienne qu’Israël n’envisageait pas, pour l’instant, d’envoyer une délégation au Qatar ou en Égypte pour participer aux négociations. Selon certaines informations, Israël aurait également décidé de ne pas réagir pour l’instant à la proposition de libération progressive des otages approuvée lundi par le Hamas.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’un événement Newsmax, à Jérusalem, le 13 août 2025. (Crédit : Shalev Shalom/POOL)

Mais Dermer a rencontré mardi à Paris une délégation de hauts responsables qataris pour discuter des négociations en cours en vue d’un accord sur la libération des otages et d’un cessez-le-feu, a déclaré un diplomate arabe au Times of Israel.

Au cours de cette réunion, Dermer a réitéré la position d’Israël, qui n’est intéressé que par un accord global dans lequel le Hamas libèrera tous les otages en même temps et acceptera les conditions posées par Jérusalem pour son retrait du pouvoir à Gaza, a déclaré le diplomate arabe, confirmant un reportage de la chaîne N12.

Mercredi, lors d’une discussion avec l’émissaire américain Steve Witkoff, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a souligné l’importance pour Israël de répondre à la proposition de cessez-le-feu des médiateurs arabes, acceptée lundi par le Hamas, selon un communiqué égyptien.

Lors de cet entretien téléphonique, Abdelatty a informé Witkoff des derniers développements dans les négociations de cessez-le-feu et a souligné la nécessité de « saisir l’occasion actuelle » pour mettre fin à la guerre, toujours selon le communiqué égyptien.

Cette semaine, le Hamas a a déclaré avoir accepté un accord basé sur le « cadre Witkoff », qui engagerait le groupe terroriste à libérer dix otages vivants et les corps de dix-huit otages morts, en échange d’un cessez-le-feu de soixante jours et de la libération de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, dans le cadre de négociations visant à mettre définitivement fin à la guerre.

Mercredi, le Hamas a déclaré que les plans d’Israël visant à prendre le contrôle de Gaza-City témoignaient de son « mépris flagrant » pour les efforts de négociation d’un cessez-le-feu.

« L’annonce faite aujourd’hui par l’armée d’occupation terroriste du lancement d’une opération sur Gaza-City et ses près d’un million d’habitants et de personnes déplacées… démontre… un mépris flagrant des efforts déployés par les médiateurs », a déclaré le groupe terroriste palestinien dans un communiqué.

« Le mépris de Netanyahu pour la proposition des médiateurs […] prouve qu’il est le véritable obstacle à tout accord », a-t-il ajouté, tout en affirmant que l’opération prévue par Israël à Gaza-City serait un échec.

Des visiteurs sur la Place des Otages à Tel Aviv passant devant une banderole avec les photos des otages, le 11 août 2025. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Lors du premier accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2023, 105 otages ont été libérés par le Hamas, et 30 autres ont été libérés dans le cadre d’un deuxième accord conclu en janvier et février 2025, ainsi que les corps de huit otages tués qui ont été rendus à Israël. Cinq autres otages ont été libérés en dehors de ces accords, tandis que huit ont été secourus par les troupes de Tsahal et les corps de 49 captifs ont été récupérés à Gaza tout au long de la guerre.

Lundi, la chaîne N12 a rapporté qu’un membre de haut rang de l’équipe de négociation israélienne avait déclaré aux familles que les responsables cherchaient à tirer parti de la position affaiblie du Hamas pour parvenir à un accord global, tout en conservant la possibilité d’un accord en deux étapes, déjà accepté par le Hamas.

Pressé par un proche qui lui demandait si un tel dénouement était réaliste, le responsable a répondu que cela « dépendait aussi du Hamas ».

Des soldats israéliens opérant dans la bande de Gaza, sur une image publiée le 20 août 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Interrogé sur le danger que couraient les otages dans le contexte des opérations militaires israéliennes à Gaza, le négociateur a reconnu les risques : « Nous sommes prudents, mais il y a un risque pour les otages – leur sécurité n’est pas garantie », a-t-il déclaré, faisant écho à la position adoptée par le chef d’état-major de Tsahal.

Selon N12, le ministre de la Défense, Israel Katz, soutient la poursuite de la prise de contrôle du reste de la bande de Gaza plutôt que la conclusion d’un accord partiel, estimant que « le lancement de l’opération terrestre et l’entrée dans Gaza-City encourageront le Hamas à accepter un accord global ».

Les détracteurs de Netanyahu, notamment le Forum des familles des otages, l’accusent de prendre des décisions de guerre pour des raisons politiques, une accusation qu’il rejette avec fermeté, et d’avoir laissé passer de précédentes occasions de parvenir à un accord.

La proposition de conclure un accord partiel avec le Hamas pour la libération des otages a suscité une vive opposition de la part des éléments ultranationalistes de la coalition Netanyahu.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, photographié devant la Knesset, à Jérusalem, le 18 août 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Selon un reportage de la chaîne N12, le ministre des Finances Bezalel Smotrich aurait déclaré aux familles des otages israéliens qu’il démissionnerait du gouvernement si Netanyahu approuvait un accord partiel.

« Si le Premier ministre conclut l’accord, j’aurai à prendre des décisions difficiles et je démissionnerai du gouvernement. Je l’ai dit au Premier ministre », aurait déclaré Smotrich.

À la suite de l’accord qui a conduit au cessez-le-feu instauré entre janvier et mars à Gaza, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait quitté la coalition, avant de la réintégrer. Smotrich avait quant à lui renoncé à sa menace, tout en condamnant cet accord.

La coalition Netanyahu ne détient actuellement que 60 des 120 sièges à la Knesset, n’ayant plus la majorité depuis le départ du parti Yahadout HaTorah le mois dernier, précédé par le député d’extrême droite Avi Maoz. Mais sans effort organisé à la Knesset pour renverser le gouvernement, il n’y aura pas de d’élections législatives anticipées.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a proposé à plusieurs reprises à Netanyahu de lui assurer une sécurité politique afin de garantir un accord de libération des otages.

La chaîne publique Kan a rapporté mercredi que Benny Gantz, le chef du parti centriste Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti, envisageait de rejoindre le gouvernement Netanyahu afin de rallier des voix en faveur d’un tel accord.

« Il n’y a actuellement aucun échange au sujet d’une entrée au gouvernement, mais si une telle décision permettait la libération des otages, alors nous le ferions », a répondu le député Alon Schuster (Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti) à Kan, qui l’interrogeait sur cette information.

« Que voulez-vous que nous fassions ? Laisser mourir les otages ? », a-t-il ajouté.

Le parti de Gantz a rejoint le gouvernement Netanyahu suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël, et il faisait partie des trois membres votants du nouveau cabinet de guerre. Cependant, en juin 2024, son parti a quitté le gouvernement en raison de divergences avec le Premier ministre.

La faction de Gantz a subi une série de défections et ne compte plus que sept sièges à la Knesset, tout en continuant à coordonner ses actions avec un huitième membre qui a récemment quitté le parti. Le nombre de députés du parti ne permettrait pas de remplacer les treize députés détenus par Smotrich et Ben Gvir, et ne donnerait pas la majorité à Netanyahu au sein de cette assemblée de 120 membres.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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