Des groupes juifs US exhortent le Sénat à soutenir un texte bipartisan contre l’antisémitisme
La loi obligerait le ministère américain de l'Éducation à prendre des mesures pour lutter contre l'antisémitisme en ligne et à tripler les fonds alloués à la sécurité des lieux de culte
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JTA — Les principales organisations juives américaines réclament l’adoption rapide d’un nouveau projet de loi bipartisan du Sénat qui vise à protéger les Juifs et les institutions liées à la communauté juive contre l’antisémitisme.
Le « Jewish American Security Act » est porté par James Lankford, sénateur républicain de l’Oregon, et Jacky Rosen, sénatrice démocrate juive du Nevada. Ce texte imposerait au ministère fédéral de l’Éducation d’adopter une stratégie de défense des droits civiques afin de lutter contre l’antisémitisme, et obligerait les plateformes de réseaux sociaux à plus de transparence quant à la manière dont elles traitent l’antisémitisme en ligne.
Ce projet de loi propose également un financement d’un milliard de dollars destiné à la sécurité des lieux de culte et d’autres organisations à but non lucratif en danger, une revendication centrale du programme de sécurité en six points que les Jewish Federations of North America (JFNA) défendent au Capitole.
Ce nouveau projet de loi a été annoncé mardi, alors que des centaines de militants juifs se sont rassemblés à Washington, DC, pour plaider en faveur de l’octroi d’une enveloppe d’un milliard de dollars, qui permettrait de multiplier par trois le budget alloué cette année par le Congrès à la sécurité des lieux de culte.
« Les Juifs américains sont pris pour cible, agressés et tués au simple motif qu’ils sont juifs. Cette tendance très alarmante exige une approche globale et bipartisane, qui s’attaque à la fois aux racines et aux conséquences de cette haine abjecte », a déclaré Rosen, ancienne présidente de synagogue connue pour son engagement, dans un communiqué.
Ce projet de loi s’inscrit dans le prolongement de plusieurs autres tentatives récentes de faire avancer des textes contre l’antisémitisme au Congrès.
En décembre, quatre élus progressistes de la Chambre des représentants ont déposé un projet de loi sur la prévention et la lutte contre l’antisémitisme (Antisemitism Response and Prevention Act), qui prévoit un financement intégral du Bureau fédéral des droits civiques tout en rejetant les tactiques de l’administration Trump en matière d’antisémitisme, que les progressistes dénoncent comme une « instrumentalisation » de l’antisémitisme au service d’un programme répressif. Ce projet de loi n’a pas abouti à la Chambre, à majorité républicaine.
Par ailleurs, au Sénat, la proposition de loi sur la sensibilisation à l’antisémitisme (Antisemitism Awareness Act), portée par le chef de file de la minorité démocrate à la chambre haute, Chuck Schumer, n’a pas abouti, malgré les efforts soutenus des groupes juifs. Cette proposition aurait consacré la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, contestée tant par la gauche que par la droite en raison de son interprétation de certaines critiques d’Israël comme antisémites ainsi que de l’existence d’exemples qui, selon certains chrétiens conservateurs, limiteraient leur liberté d’expression religieuse.
De nombreux groupes juifs ont apporté leur soutien au Jewish American Security Act, notamment la JFNA, l’Anti-Defamation League et le Jewish Council for Public Affairs. Des organisations affiliées aux mouvements réformé, masorti et orthodoxe du judaïsme, qui sont souvent divisés sur le plan politique, ont également signé cette initiative.
« En cette période délicate, marquée par un antisémitisme violent dont sont victimes les fidèles, le clergé et les congrégations au sein de notre propre communauté juive réformée et au-delà, il est essentiel de prendre des mesures concrètes visant à renforcer la sécurité et à combattre la haine », a affirmé le rabbin Jonah Pesner, directeur du Religious Action Center of Reform Judaism, dans un communiqué. « Le Jewish American Security Act permettra de renforcer les moyens et les financements publics qui seront mis à notre disposition et qui nous aideront à faire face à cette situation, tout en respectant l’engagement américain en faveur de la liberté de culte. »
L’un des groupes qui s’était opposé à l’Antisemitism Awareness Act a néanmoins décidé de soutenir la nouvelle loi. Il s’agit du Nexus Project, lancé pour lutter contre l’antisémitisme et, de manière plus générale, « s’élever contre l’exploitation cynique des peurs liées à l’antisémitisme pour museler toute critique légitime à l’égard d’Israël ou de la politique américaine ». Le Nexus Project critique notamment la définition de l’antisémitisme retenue par l’IHRA.
Mardi, le projet Nexus n’a pas répondu à notre demande de commentaires.
Contrairement à la loi sur la sensibilisation à l’antisémitisme, ce nouveau texte législatif ne cherche pas à ancrer la définition de l’IHRA dans la loi. Si l’issue de ce projet de loi demeure incertaine, cette omission pourrait néanmoins s’avérer être un frein de moins au Congrès, dans un contexte où afficher son soutien à Israël est de plus en plus tabou.
Lankford a fait savoir dans un communiqué que les Juifs américains étaient confrontés à « une flambée sans précédent d’antisémitisme » et qu’il était urgent d’agir.
« Il ne s’agit pas seulement de chiffres. Il s’agit là de véritables histoires, qui affectent des personnes réelles », a-t-il souligné.
la Communauté du Times of Israël !







