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Opinion

Des menaces de mort proférées aux abords d’une synagogue de New York : Mamdani blâme les deux parties

Si le maire-élu a dénoncé des cas évidents d'antisémitisme, cela a été son premier véritable test - un cas d'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, et il ne l'a pas vraiment condamné

Le maire élu de New York, Zohran Mamdani, s’exprime lors d’une conférence de presse dans le quartier du Queens à New York, le 5 novembre 2025. (Crédit : Heather Khalifa/AP)
Le maire élu de New York, Zohran Mamdani, s’exprime lors d’une conférence de presse dans le quartier du Queens à New York, le 5 novembre 2025. (Crédit : Heather Khalifa/AP)

Au lendemain de son élection à la tête de la mairie de New York, Zohran Mamdani a condamné un graffiti représentant une croix gammée qui avait été peinte à la bombe sur une école juive de Brooklyn.

Pour les nombreux Juifs qui avaient exprimé leur inquiétude concernant le maire-élu – qui est un militant anti-israélien de longue date, doté de son propre franc-parler – le signal envoyé a été encourageant : celui d’une condamnation immédiate et claire, sur les réseaux sociaux, de la haine anti-juive dans la ville qui compte la plus grande population juive au monde.

Une dénonciation qui s’imposait également. Dans la hiérarchie de la lutte contre l’antisémitisme, condamner une croix gammée sur une école est strictement le minimum. Cela a été la même chose quand Mamdani a dénoncé, toujours sur internet, un autre graffiti clairement antisémite qui a été tagué à Brooklyn, cette semaine – cette fois-ci, il disait « Fuck les Juifs » – même si certains de ses partisans lui ont fait des reproches dans le sillage de ces deux posts.

Le premier véritable test de Mamdani en matière d’antisémitisme a eu lieu mercredi soir – lorsque des manifestants se sont rassemblés en grand nombre devant la synagogue Park East, une congrégation orthodoxe de l’Upper East Side de Manhattan, et qu’ils ont scandé : « De New York à Gaza, mondialisez l’intifada » et « La résistance nous rend fiers, éliminez un autre colon ». Des individus se sont livrés à des insultes antisémites.

La manifestation avait été organisée à l’occasion d’une journée portes ouvertes mise en place à l’initiative de Nefesh BNefesh, le groupe qui facilite l’alyah – ou immigration – des Juifs nord-américains vers Israël.

Personne ne doutait sérieusement du fait que Mamdani condamnerait la croix gammée dessinée sur le mur de l’école. La question qui se posait réellement était celle de sa réaction face à une expression d’antisémitisme motivée par l’antisionisme – une idéologie qu’il soutient.

Jeudi, nous avons eu la réponse : il n’a pas vraiment condamné la manifestation. Et il a blâmé les deux camps.

Des manifestants devant la synagogue Park East, à New York, le 19 novembre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Contrairement aux autres cas d’antisémitisme qui sont survenus ces dernières semaines, Mamdani n’avait rien diffusé à ce sujet sur X au moment de la rédaction de cet article. Son bureau a toutefois envoyé, sur demande, une déclaration à quelques médias, notamment au Times of Israel.

« Le maire élu désapprouve les propos qui ont été tenus lors de la manifestation d’hier soir et il continuera à le faire », a établi Dora Pekec, la porte-parole de Mamdani, dans la journée de jeudi. « Il estime que tous les New-Yorkais doivent être libres d’entrer dans un lieu de culte sans être victimes d’actes d’intimidation, et que ces espaces sacrés ne devraient pas être utilisés pour promouvoir des activités contraires au droit international ».

Un communiqué qui ne mentionne pas les Juifs. Qui ne mentionne pas l’antisémitisme. Qui ne fait aucune référence aux manifestants qui se sont livrés à des insultes antisémites, qui se contente de dire que Mamdani a « découragé le langage utilisé ». Quel langage exactement ? Cela n’est pas précisé.

Ce qui est très différent de sa réaction face aux graffitis antisémites qui étaient apparus dans les rues, en début de semaine. Il avait alors écrit sur les réseaux sociaux : « Encore un acte antisémite horrible dans nos rues. Nous ne pouvons tolérer cela ».

De nouveaux immigrants arrivent en Israël à bord d’un vol charter Nefesh B’Nefesh, le 20 août 2025 (Crédit : Zev Stub/Times of Israel)

Il y a ensuite la dernière ligne du communiqué qui affirme que « ces espaces sacrés ne devraient pas être utilisés pour promouvoir des activités qui violent le droit international ».

Mais en quoi, dans le cas qui nous occupe, y a-t-il eu violation du droit international ? Ceux qui ont pris la défense des manifestants – certains étaient Juifs – ont affirmé que ce rassemblement ne visait pas les Juifs, mais la promotion des implantations israéliennes. NBN facilite effectivement certaines alyas dans les blocs d’implantations israéliens. La plus grande partie de la communauté internationale considère les implantations, en Cisjordanie, comme illégales au regard du droit international.

Mais le texte promotionnel de NBN concernant sa journée portes ouvertes ne mentionnait pas la Cisjordanie.

Quoi qu’il en soit, les manifestants n’ont pas fait de distinction entre la Cisjordanie et Israël. Et Mamdani non plus, semble-t-il.

Son communiqué n’a pas cherché à expliquer à ses futurs électeurs juifs – ou aux autres – en quoi une journée portes ouvertes consacrée à l’alyah constituait une promotion « d’activités en violation du droit international ». Mais la déclaration laisse entendre qu’il estime que les deux parties ont été en tort : la synagogue qui a organisé l’événement et les activistes qui ont hurlé des insultes antisémites à l’extérieur.

L’étoile de David qui trône au sommet de la synagogue Park East, le 3 mars 2017, à New York. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Bien entendu, il est tout à fait légal aux États-Unis de manifester contre Israël et de considérer, comme Mamdani, que sa nature d’État juif est illégitime. Il est également vrai qu’un nombre croissant de Juifs américains critiquent Israël et qu’un tiers des Juifs new-yorkais ont voté pour lui.

Mais au-delà des propos explicitement antisémites qui ont pu être tenus, mercredi dans la soirée, il est important de noter que, selon les sondages qui ont pu être réalisés avant et après le 7 octobre 2023, la majorité des Juifs américains ressentent un certain attachement à l’égard d’Israël. La majorité ont confié vouloir que les États-Unis apportent leur soutien à l’État juif. En 2020, plus de 80 % des Juifs américains avaient estimé que se soucier d’Israël était quelque chose d’important dans leur identité juive.

Ironiquement peut-être, Nefesh BNefesh n’aurait pas pu rêver d’une meilleure publicité que cette manifestation. Il est peu probable que les Juifs de New York partent massivement en Israël – mais une manifestation appelant à « l’intifada » devant une synagogue ne fera qu’augmenter les probabilités que cela se produise.

Et en effet, un membre de Nefesh BNefesh a raconté au Times of Israel que l’événement de mercredi avait donné lieu » à une discussion plus sérieuse sur l’alyah en tant qu’option » que cela avait pu être le cas précédemment.

Manifestants anti-israéliens à Boro Park, Brooklyn, le 18 février 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Contrairement à Mamdani, le maire sortant de New York, Eric Adams, et la gouverneure démocrate de l’État Kathy Ochul ont clairement condamné le mouvement de protestation.

« Aucun New-Yorkais ne devrait être victime d’intimidation ou de harcèlement dans son lieu de culte », a affirmé la gouverneure. « Ce qui s’est passé hier soir à la synagogue de Park Est est scandaleux et constitue une attaque flagrante à l’encontre de la communauté juive ».

Cela n’a pas été un événement isolé. Des manifestations comme celle-ci ont été organisées à de multiples reprises à New York depuis le 7-Octobre – que ce soit dans des quartiers à forte population juive, lors d’une exposition sur le carnage qui avait été commis au festival de musique électronique Nova, ou ailleurs – même si certains des slogans appelant explicitement à la mort sont nouveaux.

Les responsables publics, même ceux qui n’ont guère affiché de sympathie à l’égard d’Israël jusqu’à présent, ont condamné ces incidents antérieurs. La déclaration qui a été faite jeudi a indiqué que, en tant que maire, la réponse de Mandani sera probablement différente.

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