De nouveaux abris bientôt érigés, mais les villes arabes toujours négligées
"100 millions de shekels pour tout le pays, c'est ridicule", indique le maire de Tamra, où quatre membres d'une même famille ont été tués lors d'une attaque de missiles iraniens
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Le Commandement du Front intérieur et le ministère de la Défense ont commencé à mettre en œuvre un plan chiffré à 100 millions de shekels visant à réorganiser les infrastructures de protection d’Israël suite à la guerre contre la République islamique.
La moitié des fonds sera allouée au Commandement du Front intérieur pour la construction de nouveaux abris mobiles dans les zones où les infrastructures de protection sont insuffisantes, tandis que l’autre moitié servira à la rénovation des abris existants, où les entrepreneurs du ministère de la Défense moderniseront l’électricité, la ventilation et la plomberie.
Les travaux de construction des abris ont déjà commencé dans les environs de Tel Aviv, notamment à Bnei Brak, Herzliya, Ramat HaSharon et Hod HaSharon. Cependant, selon les autorités locales, les localités arabes israéliennes ont été largement négligées dans cette campagne, malgré un manque flagrant d’espaces protégés.
Musa Abu Rumi, le maire de Tamra, doute de l’efficacité de ce plan pour sa municipalité. Une maison dans cette ville arabe du nord a été directement touchée par un missile balistique iranien le 14 juin, tuant une mère, ses deux jeunes filles et une autre personne de leur famille.
Abu Rumi a déclaré que seule la moitié du budget alloué au plan concernerait la société arabe. « Le gouvernement a décidé d’utiliser 50 millions de shekels pour la rénovation des abris publics, mais il n’y a pas d’abris publics dans la société arabe, alors que peut-on rénover ? », a-t-il demandé de manière rhétorique.
« Quant aux 50 millions de shekels restants, dépenser [si peu] pour ériger des abris mobiles dans tout le pays n’est pas sérieux. »
Il a indiqué que le Commandement du Front intérieur l’avait contacté au sujet du projet d’érection d’abris mobiles, mais avait utilisé des termes vagues sans promettre d’abris spécifiques pour Tamra.
Selon l’Institut israélien pour la démocratie (IDI), un rapport publié en 2018 par le contrôleur de l’État a révélé que 46 % des citoyens arabes vivaient dans des bâtiments sans espaces protégés, contre 26 % de la population générale. Ce rapport a également constaté une absence quasi totale d’abris publics dans la plupart des localités arabes, y compris dans les grandes villes comme Umm al-Fahm et Rahat.
La guerre ouverte a éclaté le 13 juin, lorsque Israël a attaqué la République islamique dans le but de contrecarrer son programme nucléaire. Pendant 12 jours, l’armée israélienne a pris pour cible les principaux dirigeants du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), des scientifiques nucléaires, des sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques.
L’Iran a riposté en lançant plus de 550 missiles balistiques et environ 1 000 drones sur Israël. Selon les autorités sanitaires israéliennes, 28 personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées. Les missiles ont frappé des immeubles, une université et un hôpital, ainsi que des infrastructures critiques, causant d’importants dégâts.
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Bien que la guerre ait pris fin mardi grâce à un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, a averti le même jour que « la campagne contre l’Iran n’était pas terminée ».
Compte tenu de la menace potentielle, le Commandement du Front intérieur procède actuellement à la mise en place d’abris dans la région de Dan, dans le centre du pays. D’autres abris seront ensuite construits dans la région de Shfela (contreforts de la Judée), puis dans les Krayot, une agglomération située au nord de Haïfa, a annoncé la semaine dernière la chaîne publique Kan.
Contrairement aux abris anti-roquettes installés en bordure des routes près de la frontière avec Gaza, dans le sud d’Israël, les nouveaux abris sont construits pour mieux résister aux ondes de choc des missiles balistiques, avec des portes en acier très résistantes – une préoccupation urgente née du conflit avec la République islamique.
Un responsable de la municipalité de Hod HaSharon a déclaré au Times of Israel que la ville avait déjà reçu trois abris du Commandement du Front intérieur et en attendait trois autres dans les prochains jours.
חשיפת "כאן חדשות": החלה הצבת מיגוניות "ארבל" במרכזי ערים במרכז הארץ במקומות ללא מספיק ממ"דים ומרחבים מוגנים. תיעוד מעכשיו מרמת השרון pic.twitter.com/G7wMlfsXIC
— איתי בלומנטל ???????? Itay Blumental (@ItayBlumental) June 18, 2025
Il a indiqué que l’emplacement de chaque abri avait été déterminé en « pleine coordination » avec le Commandement du Front intérieur. Ces abris renforceront l’infrastructure de protection de la ville, qui comprend une trentaine d’abris publics et quarante espaces protégés dans les écoles.
Cependant, selon plusieurs responsables locaux, les municipalités arabes ont été laissées pour compte dans la distribution des abris mobiles.
Ofer Tuder, directeur municipal d’Umm al-Fahm, a déclaré au Times of Israel que la ville n’avait pas été contactée au sujet de ce projet.
« [Concernant] le projet de distribution d’abris mobiles, ils ne nous ont pas contactés… Aujourd’hui, ils nous ont attribué un abri mobile qui devrait arriver dans les prochains jours, mais cela ne représente rien par rapport aux besoins actuels », a-t-il souligné.
Umm al-Fahm, l’une des municipalités arabes les plus peuplées d’Israël, compte environ 16 000 logements, dont seulement 10 % disposent d’un espace protégé, a-t-il déclaré, déplorant qu’il n’y a pas d’abris publics dans la ville.
Tuder a expliqué que lorsqu’une sirène d’alerte retentit, la plupart des habitants se réfugient dans les abris situés dans les écoles, mais « cela pose d’énormes difficultés, car les établissements scolaires ne peuvent pas accueillir tous les habitants ».
Lors d’une réunion de la commission de Contrôle de l’État de la Knesset, lundi, le député Waleed Alhwashla, de la Liste arabe unie (Raam), a attiré l’attention sur le grave manque d’infrastructures de protection dans la société arabe bédouine.
« Nous avons entendu parler des fonds alloués aux autorités locales par le gouvernement, soit 100 millions de shekels. Nous exigeons qu’une grande partie de ce budget soit consacrée aux localités bédouines afin d’assurer la protection des citoyens », a-t-il déclaré aux membres de la commission.
Environ 100 000 citoyens bédouins vivent dans une trentaine de villages non reconnus à travers le désert du Néguev, dans des habitations précaires qui n’offrent aucune protection contre les roquettes ou les missiles.
La commission a noté que la réticence du gouvernement à construire des abris dans ces zones découle de la crainte que de telles structures officialisent le statut d’un village non reconnu. Mais même les municipalités officielles, comme Rahat, ont eu du mal à obtenir des infrastructures de protection adéquates.
« Nous nous sommes entretenus il y a quelques jours avec le Commandement du Front intérieur, qui nous a suggéré d’apporter des sacs et de les remplir de sable », a déclaré Talal al-Krenawi, le maire de Rahat, lors de la réunion de la commission.
« Comment peut-on apporter quelques sacs, les remplir de sable et dire : ‘Voilà, un abri anti-atomique’ ? », s’est-il écrié, stupéfait.
Le maire faisait référence au « bastion Hesco », un type d’abri temporaire souvent utilisé dans les villages non reconnus, constitué de sacs de jute remplis de sable et soutenus par des filets en acier. Ces structures sont dépourvues de toit, ce qui expose ceux qui cherchent à s’y abriter aux missiles et aux éclats d’obus.
Compte tenu de l’inaction du gouvernement dans le sud du pays, de nombreuses organisations ont pris l’initiative de construire leurs propres abris.
Mardi matin, des militants du mouvement de gauche Standing Together ont installé deux abris mobiles dans les villages bédouins non reconnus de Khirbet al-Watan et Umm Ratam, grâce à des fonds collectés auprès de sympathisants.
« D’autres abris seront installés dans des villages non reconnus dans les prochains jours, dans le but de protéger les habitants », a indiqué un porte-parole de Standing Together.
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