Deux soldates, poursuivies par une foule haredi à Bnei Brak, secourues par la police
12 personnes ont été arrêtées ; contrairement à certaines affirmations, elles ne font pas partie de la police militaire
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Dimanche après-midi, deux soldates de l’armée israélienne ont été poursuivies par une foule de Haredim à Bnei Brak, avant d’être évacuées par la police.
Les deux femmes, qui occupent le poste de commandantes d’escouade à la base d’entraînement Havat HaShomer du Corps de l’Éducation et de la Jeunesse, se trouvaient dans cette ville ultra-orthodoxe dans le cadre d’une visite à domicile à l’un de leurs soldats.
Contrairement à certaines affirmations, elles ne font pas partie de la police militaire.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre les deux soldates courant, escortées par la police, tandis qu’une foule d’hommes les poursuit.
Des poubelles ont été renversées alors que le groupe en émeute suivait les soldates dans les rues de cette ville à majorité haredi.
La foule a également renversé une voiture de police.
2 חיילות שהסתובבו בבני ברק מחולצות מהמון זועם pic.twitter.com/DzbwlzRbgR
— דניאל גרובייס Daniel Grovais (@daniel_grovais) February 15, 2026
La police a déclaré dans un communiqué que la situation était sous contrôle et que les deux soldates avaient été évacuées de la zone.
Réactions
Des politiciens de l’opposition ont condamné l’attaque collective contre les deux soldates, la qualifiant de « honte nationale », et ont exigé une condamnation immédiate de la part des députés haredim.
« Qui préoccupe le plus Netanyahu : nos soldats de l’armée israélienne ou ses partenaires de coalition ? », a demandé le chef de l’opposition Yaïr Lapid.
« Il doit y avoir une vague d’arrestations dans les heures qui viennent. Il est inacceptable que, dans l’État d’Israël, des soldats de Tsahal et des policiers soient attaqués. Tous ceux qui ont participé à l’attaque contre nos soldats doivent se retrouver en prison dès aujourd’hui. Assez de cette anarchie », a-t-il déclaré.
« Les images choquantes de Bnei Brak, où des soldates de Tsahal ont été sauvées d’une foule en colère et où des policiers ont été attaqués comme si nous étions à Jénine [bastion du terrorisme palestinien en Cisjordanie], constituent un creux moral qui n’a rien à voir avec le judaïsme », a déclaré Benny Gantz, chef du parti Kakhol Lavan, appelant les élus haredim à « condamner fermement cette attaque insensée avant qu’une catastrophe ne se produise ici ! ».
Yaïr Golan, le chef du parti Les Démocrates, a quant à lui condamné ce qu’il décrit comme « une incitation à ne pas servir dans l’armée israélienne, une haine envers les soldats de Tsahal et un feu vert du gouvernement pour rendre les rues dangereuses pour ceux qui défendent le pays ».
« Au cœur d’Israël, des soldats sont attaqués et ont besoin d’être secourus. La responsabilité en incombe uniquement aux dirigeants haredim, qui bénéficient du soutien total du Premier ministre », a déclaré Golan.
« Ceux qui échappent au service attaquent ceux qui servent », a déclaré Gadi Eisenkot, le chef du parti Yashar!, rappelant comment les troupes de Tsahal avaient aidé la population locale à Bnei Brak « pendant les jours les plus difficiles de la crise du COVID ».
Selon lui, seule une « véritable » loi sur l’enrôlement, qui concerne tous les Israéliens, permettra d’assurer la sécurité du pays.
Toute personne qui voterait en faveur du projet de loi du gouvernement exemptant les étudiants en yeshiva du service militaire « trahirait les citoyens qui servent et nuirait à la sécurité nationale », a-t-il ajouté.
La députée Yulia Malinovsky (Yisrael Beytenu) a imputé cette attaque à « la campagne d’incitation à la haine contre les femmes dans la sphère publique et Tsahal », tandis que le chef du parti, Avigdor Liberman, a qualifié cette affaire de « honte nationale ».
« Les agresseurs ne sont pas des Juifs, ce sont des terroristes », a déclaré Liberman.
« Une ligne rouge a été franchie ici », a déclaré l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, s’engageant à « rétablir la gouvernance en Israël ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a « fermement condamné » l’attaque.
« Je condamne fermement les violentes émeutes à Bnei Brak contre les soldates de l’armée israélienne et les agents de police israéliens », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Il s’agit d’une extrême minorité qui ne représente pas l’ensemble de la communauté haredi. » Il a qualifié cette attaque de « grave et totalement inacceptable ». « Nous ne tolérerons pas l’anarchie », a-t-il promis. « Nous ne tolérerons aucun préjudice causé au personnel de Tsahal et aux forces de sécurité qui accomplissent leur travail avec dévouement et détermination. »
Des députés et des ministres de la coalition ont également condamné l’attaque, appelant à des arrestations rapides et affirmant que les membres de cette foule ne représentaient pas la communauté haredi dans son ensemble.
Les membres de la foule ultra-orthodoxe qui ont attaqué deux soldates à Bnei Brak, dimanche après-midi, « paieront un lourd tribut », mais ne représentent pas « la grande majorité de la population haredi », a déclaré le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, indiquant qu’un policier avait été blessé lors de l’affrontement.
« Je condamne fermement le petit groupe d’anarchistes violents qui a attaqué des soldates, blessé des policiers et incendié une moto de police à Bnei Brak. Il s’agit d’actes graves, criminels et impardonnables. Quiconque lève la main sur des soldats de Tsahal ou des policiers israéliens en paiera le prix fort », a ajouté Ben Gvir dans un communiqué.
« En même temps, il est important pour moi de préciser que cela ne représente pas l’ensemble de la communauté haredi. La grande majorité des Haredim respectent la loi, respectent les forces de sécurité et n’ont pas pris part à ces violences. Nous ne devons pas laisser une frange extrémiste salir toute une communauté », a-t-il affirmé, adressant son soutien aux soldats et au policier blessé en les défendant.
Aucun détail n’a été donné sur l’état de santé du policier.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a également « fermement condamné » cette attaque.
« Je condamne fermement cette violente attaque perpétrée par une poignée d’émeutiers contre des soldates de l’armée israélienne à Bnei Brak », a déclaré Katz dans un communiqué.
« Quiconque lève la main contre les forces de sécurité, les soldats de Tsahal ou les policiers israéliens franchit une ligne rouge. La violence contre ceux qui servent en uniforme est un acte criminel en tous points de vue et ne saurait être qualifié de protestation », a-t-il ajouté.
Katz a appelé les dirigeants de la communauté ultra-orthodoxe à « dénoncer cette [attaque] » et les forces de l’ordre à « agir de manière décisive et à traduire en justice tous ceux qui ont pris part à cette grave attaque ».
« L’État d’Israël ne permettra pas que les forces de sécurité soient blessées et ne fermera pas les yeux sur la violence, quelle qu’elle soit », a-t-il ajouté.
Le ministre de l’Économie, Nir Barkat (Likud), a déclaré que cette attaque constituait « un franchissement grave et honteux d’une ligne rouge ». « Elle implique une minorité extrême qui ne représente pas la communauté, mais elle frappe au cœur même de la responsabilité mutuelle qui lie notre peuple. J’appelle les forces de l’ordre à agir avec fermeté et à traduire les émeutiers en justice. »
« Ces criminels représentent une minorité violente et dangereuse », a déclaré le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch (Likud), qui a également appelé la police à « les traduire en justice ».
Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Boaz Bismuth (Likud), qui travaille actuellement à l’élaboration d’un projet de loi visant à exempter la plupart des Haredim étudiant en yeshiva du service militaire, a déclaré : « Je condamne fermement les émeutes violentes et extrémistes qui ont eu lieu à Bnei Brak. J’attends des forces de l’ordre qu’elles agissent avec détermination et traduisent tous les auteurs en justice. »
Le président de la coalition, Ofir Katz (Likud), a écrit sur le réseau social X : « C’est une honte et un scandale ! Des soldates secourues, un policier attaqué et encerclé tout en étant traité de nazi, une voiture de patrouille renversée et une moto de police incendiée : des anarchistes ! »
En réponse à la condamnation de Netanyahu, Golan l’a appelé à ne pas condamner, mais à « les enrôler » et à « imposer l’ordre dans les rues de Bnei Brak ».
Aryeh Deri, chef du parti ultra-orthodoxe Shas, a condamné cette attaque collective, la qualifiant de « totalement contraire à la Torah ».
Il a également fait valoir qu’un tel comportement nuisait à la communauté ultra-orthodoxe et à ses efforts visant à exempter les Haredim étudiant en yeshiva du service militaire.
« Le mouvement Shas condamne fermement les actes de violence, de vandalisme et d’émeute commis par une poignée d’extrémistes à Bnei Brak. Ces actions sont totalement contraires à la Torah ; elles nuisent à l’ensemble de la communauté haredi, profanent le nom de Dieu et portent gravement atteinte à la juste lutte pour le monde de la Torah », a-t-il déclaré, utilisant une expression faisant référence au réseau de yeshivot à temps plein qui constitue l’épine dorsale de la société ultra-orthodoxe.
« Sortez de notre camp ! », a-t-il ajouté, faisant écho à l’ancien Grand Rabbin séfarade Yitzhak Yosef, l’un des chefs spirituels du parti Shas, qui avait publié quelques minutes plus tôt une déclaration affirmant que les personnes impliquées « devaient être dénoncées et exclues de la communauté ».
Le chef du parti Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, s’est également exprimé.
« J’ai été choqué par les images » de cette attaque, a déclaré Goldknopf.
« Je condamne fermement les violences contre les forces de sécurité à Bnei Brak. Cela est contraire à la Torah. »
L’ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, a appelé à prendre des mesures contre les rabbins ultra-orthodoxes dont les discours ont déclenché cette attaque collective, estimant qu’ils devraient être poursuivis en justice.
« Une attaque contre des soldats de Tsahal est une attaque contre le peuple d’Israël et l’État d’Israël », a déclaré l’ancien législateur Likud dans un message publié sur X.
« Les émeutiers extrémistes qui ont attaqué des soldates de Tsahal à Bnei Brak doivent être poursuivis avec toute la rigueur de la loi, tout comme les rabbins qui ont approuvé leur carnage et ceux qui les ont envoyés commettre un acte non juif, non sioniste et inhumain. »
La semaine dernière, les chefs spirituels du parti ultra-orthodoxe Shas et de la faction Degel HaTorah avaient averti les agents de la police militaire qu’ils s’exposaient à des représailles divines et à l’excommunication.
Le chef de la police Danny Levy a condamné ces troubles, qu’il a qualifiés « d’émeutes effrénées qui ont dépassé toutes les limites ».
Il a déclaré que « les contrevenants avaient commis des actes graves qui portaient atteinte aux symboles de l’État de droit ».
« Au cours de la dernière heure, la foule a recouru à la violence contre les forces de l’ordre, causé des dégâts, renversé une voiture de patrouille de la police et incendié la moto d’un officier », a noté Levy.
Le chef de la police se rendait à Bnei Brak, où le commandant du district de Tel Aviv, Haïm Sargrof, était déjà présent.
La police a annoncé avoir arrêté douze personnes.
D’importantes forces de police ont été déployées dans la région afin de rétablir l’ordre public.
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a « fermement condamné » l’attaque.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré que Zamir considérait cette attaque comme grave et « condamnait fermement l’agression contre des soldats qui effectuaient une mission militaire » dans la ville.
« Tout préjudice causé aux soldats de Tsahal par des civils israéliens constitue un franchissement grave d’une ligne rouge et des mesures fermes doivent être prises à l’encontre des agresseurs », indiquait le communiqué.
Zamir a ajouté qu’il « s’attendait à ce que les agresseurs soient traduits en justice ».
Le rabbin Yosef a appelé à l’expulsion de la communauté haredi de ceux qui ont participé à cette attaque collective, insistant sur le fait que leurs actions ne sont pas conformes aux valeurs de la Torah.
« Il faut condamner fermement la poignée d’émeutiers qui profanent le nom du Ciel. Les voies de la Torah d’Israël sont des voies agréables et tous ses chemins sont paisibles ; il n’y a pas de place pour un tel comportement parmi nous. Ils doivent être dénoncés et chassés de la communauté », a déclaré le rabbin dans un communiqué.
Le rabbin Yosef est le fils du défunt chef spirituel du parti Shas, Ovadia Yosef, et il exerce une influence majeure au sein de cette faction.
Cette attaque collective pourrait avoir été déclenchée après qu’un habitant a appelé une ligne téléphonique gérée par la Faction de Jérusalem, un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription des ultra-orthodoxes.
Peu avant la diffusion en ligne de la vidéo de l’attaque, à 13 h 43, une ligne d’assistance téléphonique mise en place par le groupe ultra-orthodoxe radical afin de fournir un « système d’alerte national » sur les opérations contre les réfractaires à la conscription a envoyé à ses abonnés un courriel indiquant que « des soldats de la police militaire circulaient actuellement dans Bnei Brak pour distribuer des ordres de conscription » et qu’il y avait « des émeutes à plusieurs endroits ».
Un autre courriel, envoyé après les faits, semblait confirmer que la Faction de Jérusalem avait contribué à rassembler la foule qui a attaqué les soldats.
« Au cours de la matinée, notre système a reçu plusieurs signalements concernant l’arrivée de soldats venus remettre des ordres d’enrôlement à des étudiants de yeshiva », indiquait le courriel. « À 13 heures, à la fin de la session d’étude dans les yeshivot et les kollels, le système ‘Color Black’ a publié une mise à jour et un avertissement à l’intention du public. Simultanément, une foule importante s’est rassemblée pour protester contre la persécution du monde de la Torah. Nous regrettons le recours à une violence exceptionnelle par les forces de police et la diffusion de mensonges et d’affabulations, qui ont conduit à une perte générale de contrôle et à des comportements inappropriés. »
Interrogé par le Times of Israel, un porte-parole de la Faction de Jérusalem a démenti tout lien avec les faits, affirmant que les émeutes n’étaient « pas quelque chose d’organisé ».
« Je ne sais pas ce qui l’a provoqué. Je n’en ai aucune idée. Je ne sais pas de quoi il s’agissait », a-t-il déclaré.
« Je n’ai aucune idée de ce qui s’est passé là-bas, mais je peux seulement comprendre qu’aujourd’hui, des personnes en uniforme militaire sont entrées à Bnei Brak… Cela pourrait surprendre tout le monde et faire craindre qu’elles viennent arrêter des garçons de la yeshiva. »
Après avoir vu les captures d’écran des courriels reçus par le Times of Israel, le porte-parole a partagé un enregistrement audio circulant dans les groupes d’information ultra-orthodoxes sur WhatsApp. On y entend un homme dire qu’il a appelé la hotline après que deux soldats ont frappé à sa porte pour lui remettre un ordre d’enrôlement.
Il a toutefois insisté sur le fait que les manifestants « appartiennent tous au courant dominant » de la communauté haredi.
la Communauté du Times of Israël !







