L’accord de défense Arabie saoudite-Pakistan n’inclura pas la Turquie
Le ministre turc des Affaires étrangères avait pourtant déclaré mi-janvier qu’Ankara ferait "très probablement" parti du pacte de défense entre Ryad et Islamabad
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La Turquie ne rejoindra pas l’accord de défense mutuelle entre l’Arabie saoudite et le Pakistan, a affirmé samedi à l’AFP une source proche de l’armée saoudienne, alors que le ministre turc des Affaires étrangères avait assuré mi-janvier que son pays était en discussion pour intégrer ce pacte.
Les spéculations allaient bon train sur la volonté des trois pays à majorité musulmane de former une alliance, dans un contexte de fortes tensions régionales, alors que la Turquie est par ailleurs membre de l’OTAN.
« La Turquie ne rejoindra pas le pacte de défense avec le Pakistan », a affirmé cette source à l’AFP.
« Il s’agit d’un accord bilatéral avec le Pakistan, et ça le restera », a-t-elle ajouté, tandis qu’un responsable du Golfe confirmait cette information.
« Il s’agit d’une relation de défense bilatérale avec le Pakistan. Nous avons des accords communs avec la Turquie, mais celui conclu avec le Pakistan restera bilatéral », a-t-il assuré.
L’accord stratégique de défense mutuelle signé le 17 septembre entre Ryad et Islamabad était intervenu quelques jours après des frappes israéliennes visant le mouvement islamiste palestinien du Hamas à Doha. Cette attaque inédite avait ébranlé le Qatar voisin et crispé la riche région du Golfe, qui misait jusqu’alors sur la protection militaire de Washington, son allié historique.
En juin, l’Iran avait bombardé une base américaine au Qatar en riposte à des bombardements américains sur des installations nucléaires iraniennes durant la guerre de douze jours déclenchée par une attaque d’Israël contre l’Iran.
L’accord de défense entre le Pakistan et l’Arabie saoudite soulève de nombreuses questions, notamment en ce qui concerne son éventuel volet nucléaire, le Pakistan étant doté de l’arme nucléaire.
Selon des analystes, cet accord prévoit la possibilité que les armes nucléaires pakistanaises soient utilisées pour défendre l’Arabie saoudite.
Si Ryad cherche à diversifier ses alliances, ce rapprochement avec Islamabad, qui s’est affrontée à New Delhi en mai lors d’un intense conflit de quatre jours, n’efface pas pour autant les liens commerciaux majeurs de l’Arabie saoudite avec l’Inde, une autre puissance nucléaire.
L’Arabie saoudite aurait ainsi joué un rôle clé dans l’apaisement du conflit entre l’Inde et le Pakistan.
L’économie indienne, en plein essor, dépend fortement des importations de pétrole ; l’Arabie saoudite est son troisième fournisseur, selon le ministère indien des Affaires étrangères.
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