L’auteur de la lettre des 80 rabbins orthodoxes modernes critiquant Israël répond
Yosef Blau, ex-rabbin de la YU, a écrit ce qu'il considère comme une lettre provocatrice mais nécessaire dénonçant la situation humanitaire à Gaza, suscitant des réactions mitigées
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JTA — Pendant 48 ans, jusqu’à ce qu’il déménage en Israël au début de l’année, le rabbin Yosef Blau était le mashgiah rouhani de la Yeshiva University (YU), une figure respectée qui servait de conseiller spirituel aux étudiants de ce séminaire phare de la mouvance Modern Orthodox.
À ce titre, a-t-il expliqué lors d’une interview la semaine dernière, son travail consistait à « être disponible pour aider les étudiants sur les questions qui les préoccupaient, plutôt que sur celles qui me préoccupent ».
La semaine dernière, il a fait part au monde entier de ce qui le préoccupait, et le monde l’a entendu. Blau, 86 ans, est l’auteur d’une lettre ouverte signée par 80 rabbins orthodoxes : « Un appel à la clarté morale, à la responsabilité et à une réponse juive orthodoxe face à la crise humanitaire à Gaza ».
Cette lettre condamne sans détour le groupe terroriste palestinien du Hamas, mais reproche également au gouvernement israélien sa réponse hésitante face à ce que la plupart des pays considèrent comme une crise alimentaire à Gaza.
« Les péchés et les crimes du Hamas ne dispensent pas le gouvernement israélien de son obligation de faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher une famine massive », peut-on lire dans la lettre.
La lettre condamne également les voix extrémistes en Israël, un durcissement des sentiments à l’égard des Palestiniens et l’explosion de la violence d’Israéliens radicaux en Cisjordanie. Mais contrairement au nombre croissant de déclarations similaires publiées par des congrégations non orthodoxes et d’autres groupes juifs, cette lettre a été écrite par et pour un public Juifs modernes-orthodoxes, qui sont dans l’ensemble les plus fervents défenseurs d’Israël parmi les principaux mouvements juifs.
« Ce moment exige une voix différente, une voix ancrée dans nos valeurs juives les plus profondes et éclairée par notre histoire traumatisante de victimes de persécutions », peut-on lire dans la lettre.
« Les Juifs orthodoxes, qui comptent parmi les plus fervents partisans d’Israël, ont une responsabilité morale unique. »
Les médias ont présenté cette lettre comme un tournant dans le désarroi interne de la communauté juive face à la guerre à Gaza. Blau s’est dit « stupéfait » que le New York Times en ait fait état. La lettre a également suscité un débat passionné, souvent animé, parmi les coreligionnaires orthodoxes de Blau, en particulier ceux qui se reconnaissent dans le courant des « sionistes religieux », alliant piété religieuse et vision profondément nationaliste d’Israël.
Si la lettre a été saluée par des groupes tels que Smol Emuni US, qui représente les sionistes orthodoxes et les sionistes libéraux pratiquants, ainsi que par des sionistes orthodoxes et non orthodoxes ayant critiqué le gouvernement israélien, ses détracteurs n’ont pas manqué de faire entendre leur voix. Ils ont accusé l’auteur et les signataires de représenter une frange marginale de la mouvance orthodoxe, de reprendre à leur compte les critiques d’ONG et de gouvernements hostiles à Israël, et d’apporter aide, réconfort et arguments aux ennemis d’Israël.
Cette semaine, Blau était de retour dans son bureau du campus de la Yeshiva University, dans le nord de Manhattan, où il continue d’exercer bénévolement en tant que conseiller auprès des étudiants, lorsqu’il ne se trouve pas dans sa nouvelle maison à Jérusalem. Lors d’une récente conversation avec la Jewish Telegraphic Agency, il a répondu à ses détracteurs, expliqué pourquoi il avait écrit cette lettre et parlé de son attachement de longue date au sionisme religieux, ainsi que des erreurs, selon lui, commises par ce mouvement.
Élevé dans le quartier de Borough Park, à Brooklyn, dans une famille orthodoxe non hassidique, Blau a fréquenté le lycée pour garçons de la YU lorsque celui-ci était encore situé à Brooklyn. Il a obtenu son diplôme de licence au Yeshiva College et a été ordonné rabbin au séminaire théologique Rabbi Isaac Elchanan. En 1977, il a été nommé mashgiah rouhani par le rabbin Joseph Soloveitchik, figure emblématique de la mouvance Modern Orthodox la plus importante de son époque, et par le rabbin Norman Lamm, président de longue date de la Yeshiva University.
De 2005 à 2017, Blau a occupé le poste de président des Religious Zionists of America (RZA).
Cette interview a été éditée et condensée dans un souci de clarté et de concision.
JTA : Pourquoi avoir choisi ce moment pour publier cette lettre ? Qu’est-ce qui vous a poussé à l’écrire, et quel impact espériez-vous, et espérez-vous toujours, qu’elle ait ?
Yosef Blau : Cette idée me trottait dans la tête depuis un certain temps. Cela faisait environ quatre ou cinq mois que j’avais déménagé en Israël. Je ne voulais pas écrire dès mon arrivée ; je voulais d’abord me faire une meilleure idée de la situation. Une personne, dont je tairai le nom, m’a contacté ainsi qu’un groupe de rabbins. Il s’inquiétait, à juste titre selon moi, du fait que la communauté orthodoxe, et plus particulièrement le rabbinat orthodoxe, semblait faire exception à la préoccupation générale concernant la famine à Gaza. Il voulait rassembler les rabbins qu’il connaissait et qui avaient un avis différent. J’ai relevé le défi et rédigé une déclaration.
Selon l’une des critiques mentionnées dans cette lettre, en exhortant Israël à « faire tous les efforts nécessaires pour empêcher une famine de masse », vous vous ralliez à la position des ONG ou du Hamas selon laquelle il y aurait effectivement une famine à Gaza, contredisant ainsi le gouvernement israélien. Quels faits sur le terrain vous ont convaincu de parler de la « responsabilité morale » d’Israël à cet égard ?
Certes, il ne faut pas faire confiance au Hamas, mais Israël n’autorise pas les journalistes à se rendre sur place pour donner un autre point de vue. Toutes les informations que j’ai pu recueillir, et j’ai lu différentes choses et écouté les rapports des médecins, indiquent qu’il s’agit d’une crise. Quelle est l’ampleur de cette crise ? Je ne sais pas vraiment, mais il s’agit clairement d’une crise. Le fait qu’Israël ait choisi de mener une guerre ayant détruit 70 % des habitations à Gaza et tous les hôpitaux, que cela ait été nécessaire ou non, a un impact sur la capacité des gens à se nourrir. Ils n’ont plus de maison, plus accès aux médicaments ni aux médecins. Il n’y a pas d’économie, donc objectivement, parler de famine est tout à fait logique. Il est difficile d’imaginer qu’il n’y en ait pas. Et en réponse, on a toutes ces déclarations, et pas de la part de la communauté orthodoxe.
Certaines critiques soulignent également que, même si parmi les signataires figurent les Grand Rabbins du Danemark et de Pologne ainsi qu’un certain nombre de penseurs et d’érudits respectés de la mouvance modern orthodox, elle ne représente pas l’opinion majoritaire ou dominante, car elle comprend des personnalités marginales et peu de rabbins officiels. L’un des détracteurs a déclaré : « Je ne considère pas que leurs signatures sur cette lettre soient convaincantes ou représentatives d’une position véritablement orthodoxe. » Comment réagissez-vous à cela ?
Deux choses. Premièrement, c’est vrai. Sur le plan tactique, cela aurait pu être fait différemment. Cela concerne beaucoup de personnes situées à l’extrême gauche de l’orthodoxie. Mais de nombreux rabbins sont d’accord, mais ne peuvent pas signer, car la question prête à controverse au sein de leurs congrégations.
Mais nous n’avons jamais prétendu parler au nom de tout le monde. C’est une critique étrange, non ? Ces gens ont signé. Vous dites qu’ils ne représentent qu’une fraction – certes, peut-être ne reflètent-ils qu’une fraction. Nous n’avons jamais dit que nous parlions au nom de tous. Il s’agit donc d’une critique d’un aspect qui n’a jamais été allégué.
La critique que j’ai le plus souvent entendue est la suivante : en critiquant le gouvernement israélien, on apporte soutien, aide et réconfort aux ennemis d’Israël, et on sape le moral des Israéliens. Que répondez-vous à cette critique ?
Je vis en Israël. Il y a des manifestations contre le gouvernement tous les jours, n’est-ce pas ? La force d’Israël réside dans le fait que c’est un pays démocratique où les gens ont des points de vue différents ; ce n’est pas un signe de faiblesse. Cette lettre ne contient rien qui dépasse ce que certains n’arrêtent pas de répéter en Israël ou ce que beaucoup d’autres lettres déjà publiées affirment. Je trouve cette critique hypocrite, dans la mesure où de toute façon ça continue.
Deuxièmement, je pense que cela renforce Israël, et je vais vous expliquer pourquoi. L’image d’Israël dans le monde a considérablement souffert de cette guerre, et je ne parle pas ici des antisémites déclarés. Je ne parle pas non plus des partisans du Hamas. Je parle du monde occidental dans son ensemble. Je parle de toutes les études qui montrent que les Américains d’une certaine tranche d’âge ne sont plus favorables à Israël. Et ce que je soupçonne personnellement, même si je n’en suis pas certain, c’est que ce déclin du soutien à Israël se produit au sein de la population juive en raison de l’écart d’âge, et qu’il commence à se manifester dans le monde orthodoxe.
Je pense qu’il est essentiel que les personnes qui s’identifient comme sionistes disent : « Nous sommes sionistes. Nous soutenons l’État d’Israël. » Nous sommes mécontents de certaines choses qui se passent actuellement en Israël. » Selon nous, cela renforce les liens avec Israël, sans les affaiblir.
Permettez-moi d’aller plus loin. Il existe des raisons objectives de croire que le centre de la vie juive s’est déplacé vers Israël, non seulement en termes de nombre de Juifs, mais aussi en ce qui concerne la perception du judaïsme dans le monde. Cela a une incidence sur l’avenir du judaïsme.
Si j’étais un jeune homme dans l’Israël d’aujourd’hui, je ne serais pas pratiquant. Les pratiquants sont dans le processus politique. Les haredim ne font pas leur service militaire mais reçoivent de l’argent du gouvernement. Quant aux sionistes religieux, ce sont les radicaux au sein du gouvernement. Que représenterait donc le judaïsme à mes yeux ? Notre particularité ? Je ne vois pas de judaïsme qui défende des valeurs morales auxquelles je pourrais m’identifier.
Et c’est ce qui m’inquiète, peut-être plus encore que la situation actuelle. C’est la raison pour laquelle je veux m’assurer que le judaïsme propose au moins un modèle différent, même s’il s’agit pour l’instant d’un modèle minoritaire. Nous devons montrer un modèle de judaïsme auquel d’autres personnes peuvent s’identifier.
Votre lettre évoque non seulement la crise alimentaire à Gaza, mais aussi l’explosion de violence d’Israéliens radicaux en Cisjordanie. Vous vous êtes déjà exprimé ouvertement sur la situation dans cette région et sur le fait qu’Israël punit trop rarement les auteurs de ces violences. Avez-vous hésité à dénoncer spécifiquement vos coreligionnaires sionistes ?
Cela vient du monde sioniste religieux. Ce qui me préoccupe particulièrement, c’est le rôle du rabbinat dans ce monde-là. Aujourd’hui, certaines personnalités importantes se sont exprimées sur le sujet de la violence, mais ce n’est certainement pas la tendance dominante. En réalité, et de façon assez surprenante, lorsque j’ai écrit un article sur les violences dans le Times of Israel, j’ai reçu une réponse d’un éminent rabbin membre du Grand Rabbinat qui m’a attaqué directement.
Il faisait partie de ceux qui affirment que les résidents d’implantations violents ne représentent qu’une infime minorité du mouvement dans son ensemble, et que votre lettre jette le discrédit sur la majorité orthodoxe en raison des actions radicales d’une poignée d’individus. Selon vous, quelle est l’ampleur de ce radicalisme au sein du courant sioniste religieux traditionnel ?
C’est le fait d’un groupe radical. Il ne fait aucun doute que tous les résidents d’implantations ne sont pas concernés. Cependant, ce phénomène prend de l’ampleur et est passé de la vengeance pour des attentats terroristes palestiniens spécifiques à une initiative émanant de groupes qui cherchent à forcer les Palestiniens à quitter leurs villages. Il ne s’agit pas d’une politique gouvernementale, elle n’est pas approuvée par le gouvernement, mais les éléments du gouvernement qui y sont les plus favorables proviennent, là encore, du sionisme religieux. Ce sont [Itamar] Ben Gvir et [Bezalel] Smotrich qui ferment les yeux. [Ben Gvir est le ministre de la Sécurité nationale du parti nationaliste d’extrême droite Otzma Yehudit, et Smotrich, le ministre des Finances, dirige le parti HaTzionout HaDatit ; tous deux sont considérés comme des membres du camp sioniste religieux].
J’ai donc jugé qu’il était important d’aborder également ce sujet, c’est la raison pour laquelle j’ai inclus ces deux éléments dans ma lettre.
Ben Gvir représente un sionisme religieux très différent de celui auquel j’adhère. Ils ont pris le contrôle du monde sioniste religieux, du moins sur le plan politique, et je suis très inquiet de voir leur idéologie radicale s’imposer au sein du gouvernement.
Comment ça ?
D’une part, en ce qui concerne notre comportement envers la population civile de Gaza. D’un point de vue moral, il faut selon moi causer le moins de dommages possible aux non-combattants. Or, s’il existe une norme mondiale, nous faisons mieux que cette norme. C’est ce que défend Israël. Et donc, lorsqu’il y a un problème concernant l’aide humanitaire et que l’on se demande dans quelle mesure la famine sévit, nous devons faire mieux que simplement ignorer la question.
Ils ont également déclaré explicitement que les Palestiniens devraient mourir de faim parce qu’ils sont tous membres du Hamas. [En juillet, Ben Gvir aurait nié l’existence d’une véritable crise alimentaire à Gaza et a écrit sur le réseau social X : « Je soutiens l’affamement du Hamas à Gaza. »]
Pour moi, cette bataille doit donc être menée, même si je sais que je vais la perdre, elle doit être menée. Mais nous devons faire preuve de prudence. Je parle ici des responsables politiques. Il existe en effet des sionistes religieux qui ne siègent pas à la Knesset et qui couvrent tout le spectre politique.
D’un point de vue moral, il faut selon moi causer le moins de dommages possible aux non-combattants. Or, s’il existe une norme mondiale, nous faisons mieux que cette norme. C’est ce que défend Israël
Pourtant, vous constatez un mouvement qui, dans l’ensemble, s’est nettement déplacé vers la droite, n’est-ce pas ?
Cela a beaucoup changé. Cela remonte à la période après la Guerre des Six Jours, après la Guerre de Kippour, et à l’émergence du Gush Emunim [l’avant-garde du mouvement pro-implantations religieux]. Il s’agit du sionisme religieux fondé sur la pensée du rabbin Abraham Isaac Kook [premier Grand Rabbin ashkénaze de la Palestine sous mandat britannique], telle qu’interprétée par son fils [Zvi Yehuda Kook, doyen de la yeshiva Mercaz HaRav]. Ce sionisme est marqué par une forte connotation nationaliste et une vision très messianique, l’universalisme du Rav Kook original étant minimisé.
Les sionistes religieux américains respectent certes Rav Kook, mais nous avons une mentalité différente, une mentalité totalement différente, un judaïsme beaucoup moins mystique et beaucoup plus rationaliste. J’ai passé de nombreuses années comme élève du Rav [Joseph] Soloveitchik. Même si je n’aime pas citer quelqu’un qui n’est plus en vie et qui ne peut pas me contredire, sa conception n’était pas de voir Israël en termes messianiques, mais en termes très pratiques. Il était très préoccupé par la question de savoir ce que signifiait le pouvoir et quels dangers il pouvait représenter pour la vie juive.
Lorsque j’étais président des RZA, je savais que j’étais plus à gauche que la plupart des autres membres de l’organisation que je présidais. Je suis assez âgé pour avoir connu Meïr Kahane [fondateur de la Ligue de défense juive] et m’en souvenir. Il avait mon âge. Je connais très bien les positions de Meïr Kahane, et nous les avons toujours rejetées. Elles étaient considérées comme radicales.
Pourquoi pensez-vous que le sionisme religieux a pris ce virage à droite ?
La Bible dit que, pendant la période messianique, nous allons revenir sur l’ensemble du territoire d’Israël, c’est donc une question très territoriale. C’est la clé. Si vous êtes messianique, vous n’êtes pas censé accepter la présence des Arabes.
En revanche, il y a les écrits du rabbin [Yitzhak HaLevi Herzog, Grand Rabbin ashkénaze en Palestine sous mandat britannique et en Israël après sa création en 1948]. Il explique, d’un point de vue halakhique [selon la loi juive traditionnelle], pourquoi nous devons accorder tous les droits aux minorités – ce qui, soit dit en passant, est d’un point de vue halakhique beaucoup plus facile avec les musulmans qu’avec les chrétiens, car les musulmans sont monothéistes, tandis que le christianisme traditionnel repose sur la Trinité. Nous devons accepter cette réalité. Nous devons trouver un moyen de cohabiter avec les Palestiniens. L’idée de les expulser est horrible. Elle ne devrait même pas faire partie de notre vocabulaire, c’est mon sentiment. Je ne peux pas expliquer pourquoi d’autres personnes ont pris des directions différentes.
Je voudrais vous interroger sur votre rôle de mashgiah rouhani à la Yeshiva University, que l’on traduit généralement par « conseiller spirituel ». Comment définissez-vous ce rôle ?
Je conçois ce travail comme celui d’une personne disponible pour aider les étudiants à résoudre les problèmes qui les préoccupent, plutôt que les miens. Ils ont principalement des questions d’ordre religieux, théologique ou personnel, et ils souhaitent en discuter. J’ai essayé de me rendre disponible pour eux sans leur imposer mes idées. Je ne parle pas de politique, ni ici ni en Israël.
Pour moi, une vie pleine de sens est une vie qui a des valeurs. Nous discutons avec nos élèves de leur comportement au travail, car leurs actions ont des répercussions sur le judaïsme, auquel je suis très attaché. Je souhaite les aider dans ce domaine. Ma méthode consiste à ne pas leur faire la morale. Je n’ai pas l’habitude d’écrire des déclarations.
Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans les réactions à cette lettre ? Y a-t-il quelque chose qui vous a particulièrement déçu ?
Ce qui m’a le plus surpris, c’est l’ampleur de l’intérêt médiatique. J’ai été stupéfait par l’article du New York Times. J’ai également été invité à participer à un podcast avec Haaretz. Quelqu’un de Reshet Bet [une station de radio israélienne très populaire] m’a appelé ce matin [29 août] pour recueillir ma réaction. J’ai accepté de participer samedi soir à une émission de radio [« Talkline » avec Zev Brenner], où je sais que le public sera hostile. Je suis ouvert à ce dialogue.
D’autres personnes m’ont dit, comme nous en avons discuté, que j’avais commis une erreur tactique en m’associant à des personnes en marge de l’orthodoxie, ce qui est probablement vrai sur le plan tactique.
Sinon, les commentaires personnels que j’ai reçus ont été globalement positifs. Vendredi, juste après mon départ pour les États-Unis, ma femme a reçu la visite de l’une de nos voisines de Jérusalem, car elle n’avait pas pu m’accompagner en raison d’un problème de santé dans la famille. Elle était si contente de ce que j’avais écrit qu’elle est descendue lui apporter des fleurs.
Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez ajouter et que nous n’avons pas abordé ?
Vous savez, il y a deux avantages à avoir mon âge. Premièrement, si vous êtes à la retraite, personne ne peut vous licencier.
Deuxièmement, j’espère que je suis dans ce monde depuis assez longtemps pour que les gens sachent qui je suis et replacent mes propos dans le contexte de ce qu’ils savent de moi. Si j’avais 25 ans et que je faisais une déclaration, il n’y aurait pas de contexte, n’est-ce pas ? Quand on a 86 ans et qu’on fait une déclaration, il y a un contexte.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de la JTA ou celles de sa société mère, 70 Faces Media.
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