Le Betar va cesser ses activités à New York, selon la procureure générale de l’État
Le groupe pro-Israël aurait ciblé des personnes en raison de leur identité arabe, musulmane et juive, selon le bureau de Letitia James ; le Betar nie toute malversation
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Mardi, la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, a annoncé un accord avec le groupe juif radical du Betar, qui mettra fin à ses activités dans l’État.
Dans un communiqué, James a affirmé que le Betar avait « pris pour cible à plusieurs reprises des personnes en raison de leur religion et de leur origine nationale », notamment des musulmans, des Arabes, des Palestiniens et des Juifs.
« New York ne tolérera pas les organisations qui recourent à la peur, à la violence et à l’intimidation pour museler la liberté d’expression ou pour cibler des personnes en raison de leur identité », a-t-elle ajouté.
Le Betar a répondu qu’il « réfutait toutes les allégations d’actes répréhensibles ».
« Le Betar est le sionisme traditionnel, une organisation sans laquelle l’État d’Israël n’existerait pas », a déclaré un porte-parole au Times of Israel.
« Nous exhortons les sionistes à revenir chez eux, en Israël. »
Dans son communiqué, James a déclaré que l’accord exigeait que le Betar cesse d’encourager la violence, les menaces et le harcèlement. Il impose également au groupe une amende de 50 000 dollars avec sursis, qui devra être payée si les termes de l’accord ne sont pas respectés. Le Betar devra également présenter des rapports annuels pendant trois ans pour attester qu’il n’a pas enfreint les termes de l’accord.
Le Betar était enregistré comme organisation à but non lucratif à New York, mais cherche à dissoudre ce statut. Il a déclaré au bureau de James qu’il « réduisait progressivement » ses activités à New York, bien que cela ne soit pas exigé par les termes de l’accord.
Le groupe a sollicité des dons à New York, mais n’a pas été enregistré en tant qu’organisme caritatif auprès du bureau de James.
Une enquête menée par le bureau de James depuis le mois de mars a conclu que le Betar avait encouragé la violence sur les réseaux sociaux en déclarant : « Nous sommes en guerre. La violence est nécessaire. »
Ce rapport cite d’autres déclarations, telles que celles qualifiant le keffieh – le foulard arabe censé protéger du soleil et du sable qui est devenu un symbole du nationalisme palestinien- de « chiffon du viol » et affirmant que les musulmans « détestent l’Amérique ».
Sur les réseaux sociaux, le Betar a déclaré détester les Gazaouis et a affirmé : « Nous exigeons du sang à Gaza », tout en partageant des vidéos montrant, selon lui, des membres pénétrant illégalement dans des propriétés privées pour voler des « drapeaux palestiniens » et les brûler.
Dans une conversation WhatsApp, des membres du Betar ont déclaré avoir « botté les fesses des terroristes » et « distribué des coups » lors d’une manifestation virulente dans un quartier juif de Brooklyn l’an dernier, selon le rapport.
Le groupe a également publié une vidéo montrant, selon lui, un de ses membres frappant une femme lors d’une manifestation, ainsi qu’une séquence dans laquelle un autre membre crie après une personne portant un keffieh.
L’an dernier, les membres du groupe ont remis des bipeurs à des militants anti-Israël, en référence à l’attaque israélienne contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, selon le rapport.
Le Betar était également en conflit avec d’autres groupes juifs, comme l’Anti-Defamation League (ADL) ou l’activiste new-yorkais Shaï Davidaï, que le Betar jugeait trop conciliants. L’ADL a inscrit le Betar dans sa base de données des groupes extrémistes, seule organisation juive à figurer sur cette liste.
Le bureau de James a déclaré que le Betar avait enfreint la loi new-yorkaise sur les droits civiques en agressant et en menaçant des personnes en raison de leur identité, ainsi qu’en volant et en incendiant des biens.
« Ce comportement est inacceptable et ne correspond pas à ce que nous sommes, en tant que New-Yorkais. Mon bureau continuera d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour protéger les droits civiques et la sécurité publique de tous les New-Yorkais », a déclaré James dans un communiqué.
Le Betar se présente comme la nouvelle incarnation du courant sioniste révisionniste du même nom, dirigé par Zeev Jabotinsky.
« Nous sommes des sionistes bruyants, fiers, agressifs et sans complexe, en ligne comme hors ligne. Nous parlons clairement. Nous agissons avec détermination », peut-on lire sur le site web du Betar.
On ignore toutefois quel sera l’effet de l’accord conclu par James et quelle a été l’influence réelle du Betar dans les rues de New York. Le groupe n’a divulgué aucune information concernant ses membres et n’a mené aucune activité officielle. Selon l’accord conclu par James, un représentant du Betar a donné son consentement alors qu’il résidait en Israël et le compte du groupe sur le réseau social X est basé dans ce pays.
Un document de l’Internal Revenue Service (IRS) a révélé que le Betar avait obtenu le statut d’organisme à but non lucratif en juillet 2024, avec moins de 50 000 dollars d’actifs, mais aucun autre document n’est disponible.
Des Juifs de droite ont manifesté contre des rassemblements antisionistes avant l’enregistrement du Betar à New York en 2024, et la composition des contre-manifestants n’a pas changé de manière significative depuis. Les manifestants de droite forment un réseau informel et ne sont pas affiliés à un groupe officiel.
L’an dernier, lors de plusieurs manifestations survenues au moment où des controverses liées au Betar ont éclaté, le Times of Israel n’a pu identifier aucun de ses membres. L’insigne du groupe n’apparaît pas lors des manifestations.
Une contre-manifestante pro-Israël régulière à New York a déclaré mardi que les activités du groupe se limitaient principalement à la « création de contenu » sur les réseaux sociaux.
« Ce n’est pas comme s’ils avaient des cartes de membre », a déclaré la militante.
« Je ne vois pas comment elle peut fermer quelque chose qui n’a pas de membres. »
« Pourquoi ne s’en prennent-ils pas à Within Our Lifetime, qui sème littéralement le chaos dans nos rues, ou à Pal-Awda ? », a-t-elle ajouté, faisant référence à deux groupes antisionistes radicaux.
Des militants affiliés à Within Our Lifetime ont agressé des Juifs à New York et Pal-Awda tient des propos violents lors de manifestations devant des synagogues.
la Communauté du Times of Israël !







