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Le régulateur exige plus d’équité de la part des banques israéliennes, qui profitent de frais élevés

Le superviseur bancaire avertit que les prêteurs qui ne traitent pas correctement leurs clients auront "des difficultés" ; l'arrivée de nouveaux acteurs va stimuler la concurrence sur le marché bancaire local

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le régulateur bancaire Daniel Hahiashvili s'exprimant lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 19 mai 2025. (Crédit : Sharon Wrobel/Times of Israel)
Le régulateur bancaire Daniel Hahiashvili s'exprimant lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 19 mai 2025. (Crédit : Sharon Wrobel/Times of Israel)

Lundi, le superviseur bancaire israélien, Daniel Hahiashvili, a rappelé la nécessité de faire preuve d’équité envers les clients et de favoriser la concurrence au sein du système bancaire, dans un contexte où les prêteurs engrangent des bénéfices records grâce à des taux d’intérêt et des frais élevés imposés à une population de plus en plus endettée.

« Notre message au système bancaire, c’est que l’équité ne doit pas être simplement un bonus », a déclaré Hahiashvili au cours d’une conférence de presse à Tel Aviv. « Les clients réclament davantage d’équité, et les banques qui ne répondront pas à cette attente s’exposeront à des difficultés. »

Hahiashvili a insisté sur le fait que les banques israéliennes, très rentables, doivent prouver à la population que cette rentabilité se traduit également par une concurrence accrue, une plus grande équité et de meilleures conditions pour les clients. Un système bancaire qui génère une forte rentabilité sur le long terme doit également prouver qu’il œuvre dans l’intérêt public, notamment par une concurrence accrue, de meilleures conditions de dépôts, des frais de gestion réduits, des mesures d’allègement ou un service client plus proactif, a-t-il ajouté.

Ces propos de Hahiashvili sont intervenus alors que la Banque centrale d’Israël publiait son enquête annuelle sur le système bancaire local pour 2025, selon laquelle les établissements de crédit ont continué à enregistrer des bénéfices records malgré trois années de guerre, un contexte géopolitique instable et un marché immobilier sous pression.

En 2025, les banques du pays ont réalisé des bénéfices records de 32 milliards de shekels, en hausse de 8,7 % par rapport à l’année précédente. Derrière ces résultats financiers florissants se cachent des millions d’Israéliens, dont les paiements d’intérêts élevés, de frais de crédit et d’autres charges ont alimenté les gains des prêteurs.

Le système bancaire centralisé du pays est largement dominé par cinq grandes banques. Celles-ci ont été accusées de s’enrichir grâce à des taux d’intérêt élevés sur les prêts et les hypothèques, affichant des bénéfices records au cours des trois dernières années alors que la grande majorité de la population peine à joindre les deux bouts face à la hausse du coût de la vie, dans une économie frappée par la guerre.

Des personnes retirant de l’argent d’un distributeur de la Banque Hapoalim, à Tel Aviv, le 9 décembre 2024. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Ensemble, les cinq plus grandes banques détiennent près de 97 % d’un total de 3 000 milliards de shekels d’actifs. À elles seules, la banque Leumi, la banque Hapoalim et la banque Mizrahi-Tefahot représentent 72 % du marché. Les deux plus grandes banques, Leumi et Hapoalim, concentrent un peu plus de 50 % de l’ensemble des dépôts du public. Dans le secteur hypothécaire, lequel inclut le crédit immobilier, elles se partagent 45 % du marché, tandis que Mizrahi-Tefahot détient une part de 36 %.

La faible concurrence permet aux banques de réclamer des frais excessifs sans craindre de représailles. S’agissant des intérêts versés sur les dépôts et l’épargne, les établissements de crédit ont été critiqués pour leur lenteur à proposer des taux plus élevés à leurs clients, voire pour ne pas l’avoir fait du tout.

L’année dernière, les banques israéliennes ont empoché près de 153 milliards de shekels de revenus provenant des intérêts et des frais payés par les clients, selon le rapport annuel. Le revenu net d’intérêts des banques du pays en 2025 est passé à 138 milliards de shekels, contre 132,5 milliards de shekels l’année précédente. Les produits des commissions ont bondi de près de 11 %, pour atteindre 14,9 milliards de shekels en glissement annuel.

Selon Hahiashvili, des études montrent que la population dénonce le manque d’équité des banques dans leur conduite quotidienne et dans leurs relations avec les clients.

« Ce que veulent les clients, c’est de l’équité », a affirmé Hahiashvili. « Ils veulent que leur banque soit proactive et qu’elle leur propose des offres, des solutions pour réduire leurs coûts et des réponses à tous les types de problèmes qu’ils rencontrent, afin qu’ils soient en mesure de prendre des décisions éclairées concernant leurs finances. »

Les banques ont été accusées de comportement discriminatoire au motif qu’elles facturent des frais ou versent des intérêts sur un dépôt à un client, tout en offrant de meilleures conditions à un autre client présentant un profil similaire.

Des passants devant une agence de la banque Leumi, à Jérusalem, le 5 février 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Nous espérons publier dans les jours à venir la version finale de notre réforme, qui prévoit l’instauration de frais de gestion fixes de 10 shekels pour 100 opérations sur un compte courant bancaire », a annoncé Hahiashvili. « Le compte courant est un produit de base, qui doit être accessible à tous les citoyens moyennant un coût modique. »

Hahiashvili a énoncé une série de mesures que le Département de la supervision bancaire a déjà prises afin d’améliorer l’équité et la confiance dans le système bancaire. Ces mesures visent notamment à accroître la transparence des données sur les services bancaires, à fournir des outils de comparaison, par exemple sur les frais bancaires, et à faciliter le transfert d’une banque à une autre, afin de renforcer le pouvoir de négociation des clients.

Hahiashvili a assuré que la banque centrale travaillait à la suppression des obstacles réglementaires, structurels et autres qui empêchent l’entrée de nouvelles banques et de nouveaux prêteurs dans le système.

« Pour favoriser la concurrence dans le système bancaire, nous devons créer une infrastructure compétitive, en faisant entrer de nouveaux acteurs », a expliqué Hahiashvili. « L’arrivée de nouveaux acteurs va transformer le marché… Nous devrions voir de nouveaux opérateurs arriver sur le marché bancaire israélien d’ici un an. »

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