Une vive dispute a éclaté au sein de la commission spéciale de la Knesset chargée de faire avancer le projet de loi controversé du gouvernement sur le règlementation des médias. La présidente de la commission, la députée Galit Distel-Atbaryan (Likud), a en effet refusé de laisser la parole aux conseillers juridiques de la commission, ce qui a poussé ces derniers à quitter la salle. Elle a également expulsé les députés de l’opposition qui s’insurgeaient contre son comportement.
Après avoir annoncé qu’elle ne permettrait pas que le débat prévu cette semaine soit prolongé ou fasse l’objet d’une « obstruction parlementaire », Distel-Atbaryan a rapidement réduit au silence les conseillers juridiques de la commission lorsqu’ils ont tenté de s’exprimer.
« J’ai répondu à ces questions maintes et maintes fois. Dès l’instant où nous avons refusé les commentaires sur le projet de loi – qui ignorent complètement notre programme, notre vision du monde et la position du ministre démocratiquement élu – les conseillers juridiques de la commission ont placé le conseil sous l’égide de la procureure générale », a-t-elle déclaré, accusant les conseillers juridiques de se ranger de fait du côté de la procureure générale et de retarder délibérément les travaux parce qu’elle refusait d’accepter leurs recommandations.
Ce projet de loi donnerait au gouvernement un contrôle significatif sur les médias audiovisuels, les sites d’information et d’autres médias en créant un nouveau conseil de régulation, dont la majorité des membres seraient choisis par le ministre des Communications, et qui disposerait d’un large éventail de pouvoirs sur les médias audiovisuels, y compris la possibilité d’infliger de lourdes amendes.
Il a suscité une vive opposition tant de la part du personnel juridique professionnel de la commission que de la procureure générale, Gali Baharav-Miara, qui ont averti que le projet actuel porte atteinte à la liberté de la presse et permet une ingérence politique dans les médias.
« Vos opinions n’ont pas leur place ici », a-t-elle déclaré au personnel juridique, les accusant « d’agir contre [elle] et de retarder les discussions ».
Après avoir été prié de se taire à plusieurs reprises, un membre de l’équipe de conseillers juridiques de la commission a déclaré : « Nous constatons qu’il n’est pas nécessaire de faire appel à des conseillers juridiques ici. Nous partons. » L’équipe a alors quitté la salle sous les cris des députés.
Les députés ont exigé que les conseillers juridiques soient autorisés à s’exprimer, ce qui a poussé Distel-Atbaryan à expulser la quasi-totalité des députés de l’opposition, notamment Shelly Tal Meron et Yoraï Lahav-Hertzano (Yesh Atid), ainsi que Efrat Rayten (Les Démocrates).
« Il n’est pas nécessaire que [les conseillers juridiques] soient ici. Allez-y, convoquez une commission entre vous », a répondu Meron avec sarcasme.