Selon le rabbin de la police, les Haredim déserteurs qui portent plainte dans les commissariats ne seront pas arrêtés
La Faction radicale de Jérusalem annonce le report de manifestations "houleuses", assurant que l'armée entend libérer des déserteurs ultra-orthodoxes de la prison militaire ; Tsahal dément
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La police israélienne ne procédera plus à l’arrestation des réfractaires haredim à la conscription qui se présentent dans les commissariats pour déposer plainte, a déclaré dimanche le grand rabbin de la police sur la station de radio ultra-orthodoxe Radio Kol Barama, après qu’un homme a été interpellé dans ces circonstances.
« La police n’est pas en conflit avec la communauté haredi. Le chef de la police a demandé que toute personne qui se présenterait dans un poste de police pour porter plainte ne puisse pas être arrêtée pour refus d’accomplir son service militaire… Si un fossé venait à se creuser entre la police et la communauté haredi, ce serait une tragédie », a affirmé le grand rabbin de la police, le commandant Rami Brachyahu.
La police n’a pour l’instant pas confirmé si les propos de Brachyahu reflétaient la position officielle des forces de l’ordre.
Plusieurs réfractaires à la conscription ont été arrêtés vendredi. L’un d’entre eux avait été interpellé alors qu’il se rendait au commissariat pour déposer une plainte concernant une affaire sans rapport avec le service militaire. Dans un communiqué publié le jour même, le bureau du vice-ministre Yisrael Eichler (Yahadout HaTorah) a indiqué que cet homme avait été relâché après qu’Eichler et son équipe sont intervenus auprès de « hauts responsables de la police et du gouvernement » à ce sujet.
Interrogé sur les propos de Brachyahu, un porte-parole d’Eichler a expliqué au Times of Israel que les responsables politiques haredim avaient « rappelé à la police ce que dicte le bon sens : on ne peut pas arrêter une personne venue porter plainte, au risque de voir des dizaines de milliers de personnes devenir potentiellement victimes d’actes criminels ».
Ne pas arrêter les déserteurs lorsqu’ils se présentent dans les commissariats semble contradictoire avec la nouvelle politique plus stricte annoncée par les forces de l’ordre au début du mois.
À la suite de vives critiques émanant tant de l’armée que de la Haute Cour de justice, la police israélienne a fait savoir le 18 mai que son chef, Danny Levy, avait transmis de nouvelles instructions aux agents, leur enjoignant d’interpeller les déserteurs en cas de rencontre fortuite, puis de les remettre à la police militaire.
Cette mesure fait suite à une décision de la Haute Cour de justice, qui a ordonné à l’État d’engager de « véritables poursuites pénales » contre les réfractaires au service militaire haredim, estimant « inacceptable » l’incapacité de la police à arrêter ces personnes et dénonçant une « violation massive, délibérée et persistante de la loi ».
En janvier, à l’occasion d’une réunion avec la procureure générale Gali Baharav-Miara, des responsables de l’armée israélienne ont affirmé que la police s’opposait systématiquement à l’arrestation par l’armée des déserteurs dans les quartiers ultra-orthodoxes. Une récente enquête réalisée par le Times of Israel a révélé que les forces de l’ordre n’avaient pris que peu de mesures à l’encontre de ceux qui, comme la Faction de Jérusalem, tentent de contourner les efforts déployés pour faire respecter la conscription.
Depuis deux ans, l’armée a envoyé des dizaines de milliers d’ordres de mobilisation à des membres de la communauté ultra-orthodoxe, qui ont été privés de leur exemption du service obligatoire dans les rangs de l’armée israélienne par une décision de la Cour suprême de 2024. La majorité d’entre eux ont ignoré ces ordres ; de nombreux jeunes hommes ont donc été déclarés déserteurs, et sont désormais passibles d’arrestation ou d’autres sanctions.
Alors même que l’armée n’a pas pris de mesures pour arrêter les 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans considérés comme éligibles au service, la détention d’un petit nombre d’entre eux a déclenché la colère et, parfois, des violences dans les enclaves haredim du pays.
L’armée israélienne a récemment mis en garde contre une pénurie de soldats de combat qui ne cesse de s’aggraver au sein de l’armée régulière. Elle a également fait état d’un taux d’épuisement professionnel élevé parmi les soldats, et a exprimé la crainte que l’armée de réserve ne « s’effondre » si le gouvernement ne prend pas les mesures législatives nécessaires.
Les responsables politiques haredim ont pour leur part sévèrement critiqué les mesures prises pour renforcer l’application de la loi. La semaine dernière, le président de Degel HaTorah, Moshe Gafni, a ainsi ordonné aux représentants locaux du parti siégeant dans les conseils régionaux du pays de cesser toute coopération avec la police en signe de protestation.
Selon la Faction de Jérusalem, un groupe ultra-orthodoxe extrémiste qui organise régulièrement des manifestations houleuses contre l’enrôlement militaire des étudiants en yeshiva, six étudiants en yeshiva, dont trois ont ensuite été libérés, ont été arrêtés vendredi pour non-respect de l’obligation de service militaire. Les autorités ont tenté d’en arrêter un septième près de Kiryat Yearim aux premières heures de la matinée de dimanche, vers 3 h 40.
Dans un courriel, le groupe, qui exploite une ligne d’assistance téléphonique dédiée à la mobilisation des manifestants pour empêcher les arrestations de réfractaires à la conscription, a déclaré que l’étudiant en yeshiva « avait été relâché après l’arrivée de la foule ».
Dans un communiqué publié dans la matinée de dimanche, l’organisation a appelé à des manifestations « houleuses » contre la conscription à Jérusalem et à Bnei Brak, à 17 heures – avant d’annoncer plus tard que ces rassemblements seraient reportés suite à des négociations avec l’armée israélienne « concernant la libération d’un grand nombre d’étudiants en yeshiva… de la prison militaire ».
L’organisation a affirmé que son message n’était pas « une ruse ni une supercherie » destinée à tromper les forces de l’ordre.
L’armée israélienne a pour sa part contredit la déclaration de la Faction de Jérusalem, précisant que « contrairement à ce qui a été avancé, aucune négociation n’est en cours concernant la libération de déserteurs et de réfractaires à la conscription de la prison militaire ».
la Communauté du Times of Israël !







