Tollé après une comparaison entre Israël et le 3e Reich par une enseignante du Tel Hai College
Ilana Hairston qualifie Israël de "génocidaire" et revendique sa liberté d’expression ; la vice-ministre des Affaires étrangères dénonce le franchissement d’une " ligne rouge"
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Stuart Winer est journaliste au Times of Israël
Une professeure du Tel Hai College a été critiquée jeudi pour avoir comparé Israël à l’Allemagne nazie et affirmé que, « comme le Troisième Reich », l’État juif n’avait plus le droit d’exister en raison de ses actions pendant la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
L’établissement d’enseignement supérieur du nord du pays s’est immédiatement distancé des propos d’Ilana Hairston, tout comme son syndicat étudiant, qui a déclaré qu’ils portaient atteinte à la mémoire de la Shoah. La vice-ministre des Affaires étrangères, Sharren Haskel, a quant à elle déclaré que la professeure avait franchi « une ligne rouge morale et nationale ».
Le 7 octobre dernier, soit le deuxième anniversaire du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas qui a déclenché la guerre, Hairston avait publié sur sa page Facebook un message concernant l’interception par Israël, quelques jours plus tôt, d’une flottille qui tentait de briser le blocus de la bande de Gaza.
« Tout comme le Troisième Reich a perdu son droit d’exister, l’État d’Israël l’a également perdu. Tout comme les meurtriers et les violeurs ont le droit d’exister en prison, les dirigeants israéliens ont le droit de passer une longue vie derrière les barreaux », a-t-elle écrit.
Elle a également qualifié les images des arrestations des participants à la flottille Global Sumud d’« effrayantes ». « L’État génocidaire dans toute sa splendeur : coups, position à genoux, mains menottées dans le dos pendant des heures, privation de soins médicaux, traitements humiliants et menaces. »
Israël a rejeté ces accusations d’abus portées par les participants à la flottille, les qualifiant de « mensonges grossiers ».
Selon le site web du Tel Hai College, Hairston enseigne principalement la psychologie.
Depuis plusieurs jours, la colère monte contre elle, suite à la prise de connaissance de ses propos par le syndicat étudiant. Hairston a toutefois défendu sa position, affirmant qu’elle avait le droit de publier ses opinions sur son compte personnel sur les réseaux sociaux.
L’établissement a déclaré jeudi dans un communiqué que « les propos virulents de la professeure avaient été publiés à titre personnel, sur son compte privé, et ne reflétaient en aucun cas la position du Tel Hai Academic College, avec laquelle ils étaient en totale contradiction ».
Shahar Yifrach, président du syndicat étudiant de Tel Hai, a déclaré dans un communiqué rapporté par le média Israel Hayom que le syndicat « condamnait fermement ces propos », ajoutant que la comparaison entre Israël et le Troisième Reich était « une comparaison dangereuse qui porte atteinte à la mémoire de la Shoah et nuit aux soldats réservistes, dont certains comptent parmi nos étudiants ».
La vice-ministre des Affaires étrangères Haskel a déclaré dans un message publié sur X que les propos de Hairston « avaient franchi une ligne rouge morale et nationale ».
Elle a appelé à « mettre fin au phénomène des enseignants qui calomnient le pays et s’en prennent à ceux qui financent leur salaire ».
Le groupe de droite Professors for a Strong Israel a déclaré dans un communiqué que le monde universitaire israélien « ne pouvait pas devenir un refuge pour les professeurs qui calomnient Israël », a rapporté Israel Hayom.
Il a mis en garde contre « un phénomène grave de professeurs d’universités qui profitent de la liberté d’expression pour nuire à Israël et à l’armée israélienne ».
David Azoulay, maire de la ville de Metula, près de Tel-Hai, a déclaré dans un communiqué qu’il « n’en croyait pas ses yeux ». Il a ajouté que le simple fait qu’une telle chose puisse être écrite en Israël témoignait de la « faillite » de la société et des forces de l’ordre.
Il a demandé que Hairston soit traduite en justice, sans préciser pour quel motif, et s’est interrogé : « Tout est-il permis au nom de la liberté académique ? »
Mercredi, alors que l’indignation grandissait, Hairston a écrit sur Facebook que, la veille, le doyen de l’université lui avait posé des questions sur son message afin de vérifier qu’elle n’avait fait aucune référence à l’établissement, ce qu’elle a confirmé, selon un article de Ynet.
« Sur ce, la ‘clarification’ a pris fin », a-t-elle écrit. Elle a toutefois été convoquée pour une nouvelle « clarification », car « le syndicat étudiant affirmait que j’avais franchi une ‘ligne rouge’ en comparant Israël et les soldats de l’armée israélienne au Troisième Reich ».
Hairston n’a toutefois pas cherché à s’excuser. « Les personnes qui ne souhaitent pas être comparées aux fascistes du Troisième Reich ne devraient pas se comporter de cette manière », a-t-elle renchéri.
Hairston a poursuivi en indiquant que les personnes qui consultent son fil d’actualité Facebook le font de leur propre gré et sont les bienvenues pour débattre avec elle.
Avigdor Liberman, le chef du parti d’opposition Yisrael Beytenu, a publié sur X que « quiconque compare Israël aux nazis devrait non seulement être exclu de l’enseignement universitaire, mais également être traduit en justice ».
En 2024, plus d’une vingtaine d’universitaires israéliens ont signé une pétition qualifiant le comportement d’Israël à Gaza de « génocide plausible ».
Les combats à Gaza ont cessé au début du mois grâce à un cessez-le-feu négocié par les États-Unis.
Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 66 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent, bien que ce bilan ne puisse être vérifié et ne distingue pas entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué plus de 22 000 terroristes lors des combats jusqu’en août 2025, et 1 600 autres lors du pogrom perpétré par les terroristes dirigés par le groupe dans le sud du pays le 7 octobre 2023.
Israël affirme chercher à minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme boucliers humains, combattant depuis des zones civiles, notamment des habitations, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
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