Trump espère un accord Israël-Hamas cette semaine ; Netanyahu ferait obstruction
Des responsables US ont discuté avec les Qataris lors d'un match de foot alors que les négociations sont dans l'impasse ; selon N12, le Premier ministre aurait assuré que les combats reprendront après la trêve
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Le président américain Donald Trump a exprimé dimanche l’espoir que les négociations dans l’impasse pour un accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza puissent aboutir à une percée dans la semaine, alors que des sources affirment que le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait délibérément traîner les pourparlers.
Alors que les responsables américains et israéliens se montraient optimistes la semaine dernière quant à la possibilité d’un accord imminent, les négociations sont au point mort depuis quatre jours en raison de désaccords sur la portée du retrait militaire israélien de Gaza, a déclaré déclaré au Times of Israel un diplomate arabe ainsi qu’une autre source impliquée dans les efforts de médiation.
Netanyahu a insisté sur le fait que la guerre ne pouvait prendre fin tant que le groupe terroriste palestinien du Hamas était encore en mesure de gouverner Gaza ou de représenter une menace pour Israël, et a affirmé qu’il atteindrait cet objectif et obtiendrait la libération des 50 otages toujours détenus dans la bande de Gaza.
« Il fait des déclarations publiques selon lesquelles un accord est possible et imminent afin de maintenir la pression loin de lui, mais cela commence à ressembler à une tactique dilatoire », a déclaré le diplomate arabe à propos de Netanyahu.
La source impliquée dans la médiation a affirmé que Netanyahu empêchait toute avancée avant les vacances parlementaires, du 27 juillet au 19 octobre, notamment parce qu’il est plus difficile de dissoudre la Knesset pendant cette période. L’aile droite de sa coalition, qui s’oppose fermement à la fin de la guerre tant que le Hamas est toujours au pouvoir, a menacé de se retirer, ce qui expose Netanyahu à une perte de pouvoir.
Netanyahu réfute l’accusation selon laquelle il aurait fait échouer l’accord pour les otages négocié au printemps, affirmant que c’est le Hamas, et non Israël, qui avait alors rejeté la proposition américaine. Les États-Unis estiment également que le groupe terroriste palestinien est jusqu’à présent le principal obstacle à la conclusion de tout accord de cessez-le-feu.
Cependant, selon des sources interrogées par le Times of Israel, la nouvelle proposition de retrait partiel de l’armée israélienne de Gaza, autorisée la semaine dernière par Netanyahu, ne permettrait pas de faire avancer les négociations, car elle prévoit toujours qu’Israël conserve le contrôle d’environ un tiers de la bande de Gaza et maintienne une zone tampon de trois kilomètres dans la région de Rafah, au sud de Gaza.
Mercredi, Israël a présenté une version plus modérée de son plan de retrait, mais celle-ci a été rejetée par le Hamas, qui a déclaré aux médiateurs que Netanyahu l’utilise pour établir ce qu’il appelle une « ville humanitaire » dans le sud de Gaza. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré qu’Israël souhaite à terme regrouper toute la population de Gaza dans cette zone, contrôler son entrée et l’empêcher ensuite de la quitter. Ce plan a suscité une forte opposition, tant en Israël qu’à l’échelle internationale.
Lundi dernier, lors de la visite de Netanyahu à la Maison Blanche, Trump avait fait état de progrès dans le cadre d’une initiative très controversée visant à déplacer les Palestiniens hors de l’enclave, invoquant « l’excellente coopération des pays voisins ».
S’adressant aux journalistes au début d’un dîner entre responsables américains et israéliens, Netanyahu avait déclaré que les États-Unis et Israël travaillaient avec d’autres pays pour offrir aux Palestiniens un « avenir meilleur », laissant entendre que les Gazaouis pourraient s’installer dans les pays voisins.
Lors d’un échange avec Trump, Netanyahu avait déclaré : « Vous savez, cela s’appelle le libre arbitre. Si les gens veulent rester, ils peuvent rester, mais s’ils veulent partir, ils doivent pouvoir le faire. »
Tout en continuant de rejeter la proposition israélienne de redéploiement militaire, le Hamas a accepté la création d’une zone tampon d’un kilomètre autour d’une grande partie du périmètre de l’enclave. Cependant, Israël insiste pour que cette zone tampon s’étende sur deux kilomètres à l’intérieur de Gaza, ce que les médiateurs arabes jugent déraisonnable, selon les deux sources.
Des responsables américains s’entretiennent avec des Qataris lors d’un match de football
Interrogé par des journalistes dimanche sur les efforts en cours pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza, Trump a répondu : « Espérons que nous allons régler cela au cours de la semaine prochaine. »
Au cours des dernières semaines, Trump a à plusieurs reprises donné des délais erronés concernant la conclusion d’un accord.
Trump revenait tout juste de la finale de la Coupe du monde de football au New Jersey, à laquelle il avait assisté en compagnie de sa famille, d’amis et de proches conseillers, dont son envoyé spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.
Ce match international a également été l’occasion pour Trump et ses collaborateurs de s’entretenir avec des responsables du gouvernement qatari, pays du Golfe qui sert d’intermédiaire dans les pourparlers avec le Hamas.
Witkoff, lors d’un bref échange avec les journalistes avant le match, a déclaré qu’il restait « optimiste » quant au cessez-le-feu à Gaza et aux négociations sur les otages, et a confirmé qu’il rencontrerait des hauts responsables qataris pendant le match.
Netanyahu aurait promis à ses alliés de coalition que les combats reprendront après la trêve
Parallèlement, la chaîne N12 a rapporté dimanche soir que, lors de récentes réunions, Netanyahu aurait promis au ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qu’à l’issue d’un cessez-le-feu de 60 jours actuellement en discussion à Doha, Israël reprendrait sa guerre contre le Hamas à Gaza.
« Après la trêve, nous transférerons la population de la bande de Gaza vers le sud et nous imposerons un siège [sur le nord de Gaza] », aurait déclaré Netanyahu à Smotrich, qui cherche à obtenir du Premier ministre la garantie que la guerre contre le groupe terroriste palestinien reprendra à l’issue du cessez-le-feu.
Lors de réunions à huis clos, Netanyahu a présenté le plan israélien visant à séparer la population civile de Gaza du groupe terroriste palestinien et à la confiner dans une zone du sud de l’enclave comme une nécessité humanitaire pour faciliter la poursuite du conflit après la trêve, selon N12.
Netanyahu a assuré au ministre des Finances qu’il tiendrait sa promesse, invoquant la planification du conflit contre la République islamique le mois dernier pour justifier le fait qu’il n’ait pas répondu aux attentes de ce dernier concernant l’anéantissement du Hamas.
« Jusqu’à présent, j’étais occupé avec l’Iran, mais désormais je peux m’assurer que l’armée suit mes instructions », aurait déclaré le Premier ministre à Smotrich, selon la chaîne.
Smotrich et Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, ont averti qu’ils se retireraient du gouvernement si un accord mettant fin à la guerre à Gaza sans anéantir le Hamas était conclu. Ces deux ministres ultranationalistes auraient été convoqués ces derniers jours pour rencontrer Netanyahu, dans le cadre des efforts en cours pour parvenir à un accord.
Dimanche également, des dizaines de militants de droite appartenant au groupe Tzav 9, qui milite pour la suspension de l’aide humanitaire à Gaza afin de faire pression sur le Hamas pour qu’il relâche les otages, ont tenté de bloquer le passage des camions d’aide humanitaire en provenance de Jordanie à travers le point de passage d’Allenby avec la Cisjordanie.
Tzav 9 a déclaré avoir engendré la fermeture du poste-frontière pendant plus de trois heures dimanche soir.
Après le passage des camions, les militants ont également tenté de bloquer une route non loin d’Arad, mais ils en ont été empêchés par les forces de sécurité.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le groupe terroriste palestinien détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
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