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Le Hamas bloque sur le retrait de Tsahal ; les pourparlers pourraient échouer

Les terroristes rejettent le cadre prévoyant le maintien du contrôle israélien sur certaines parties de Gaza, dont la zone tampon de Rafah

Les proches des otages détenus par le Hamas dans la bande de Gaza et leurs partisans réclamant un accord immédiat pour la libération des otages, lors d'une manifestation à Tel Aviv, le 10 juillet 2025. (Crédit : Ariel Schalit/AP)
Les proches des otages détenus par le Hamas dans la bande de Gaza et leurs partisans réclamant un accord immédiat pour la libération des otages, lors d'une manifestation à Tel Aviv, le 10 juillet 2025. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Aucun progrès significatif n’a été réalisé dans les négociations en cours à Doha depuis mercredi, ont déclaré vendredi au Times of Israel un diplomate arabe et une deuxième source proche des négociations, tandis que des responsables palestiniens ont déclaré que les négociations étaient sur le point d’échouer.

Si Israël a accepté d’assouplir certaines de ses exigences concernant le redéploiement de ses troupes pendant la trêve de 60 jours, actuellement en discussion sous la pression américaine, la nouvelle série de cartes illustrant le retrait partiel des troupes de l’armée israélienne n’a pas suffi à satisfaire le groupe terroriste palestinien du Hamas, ont déclaré les deux sources.

Les nouvelles cartes prévoient toujours qu’Israël conservera le contrôle d’environ un tiers du territoire de Gaza, y compris d’une zone tampon de trois kilomètres à Rafah, afin de créer une « ville humanitaire » très controversée dans laquelle toute la population de Gaza serait rassemblée, fouillée à la recherche d’armes, et interdite de sortie. Israël cherche ainsi à encourager l’émigration de ceux qui le désirent hors de l’enclave.

Selon la chaîne N12, le Hamas aurait accepté d’étendre la zone tampon souhaitée par Israël le long d’une grande partie du périmètre de Gaza, de 700 mètres à un kilomètre. Cependant, Israël exige toujours qu’elle soit étendue à deux kilomètres.

Face à cette impasse apparente, les États-Unis exhortent le Hamas à discuter d’autres questions en suspens, mais le groupe terroriste palestinien refuse tant que les désaccords concernant le retrait partiel d’Israël de Gaza ne seront pas résolus.

« Les négociations à Doha sont confrontées à un revers et à des difficultés complexes en raison de l’insistance d’Israël, depuis vendredi, à présenter une carte de retrait, qui est en réalité une carte de redéploiement et de repositionnement de l’armée israélienne plutôt qu’un véritable retrait », a déclaré samedi à l’AFP un responsable palestinien.

Les soldats de l’armée israélienne opérant dans la bande de Gaza, sur une photo publiée le 3 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« La délégation du Hamas n’acceptera pas les cartes israéliennes… car elles légitiment essentiellement la réoccupation d’environ la moitié de la bande de Gaza et elles transforment Gaza en zones isolées sans points de passage ni liberté de circulation », a déclaré cette source.

Des responsables palestiniens ont déclaré à la BBC et à l’AFP que les négociations à Doha entre Israël et le Hamas étaient sur le point d’échouer, bloquées par les propositions d’Israël de maintenir ses troupes dans la bande de Gaza.

Un responsable palestinien a déclaré à la BBC qu’Israël avait « gagné du temps » grâce à la visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump, et que le fait d’envoyer une équipe au Qatar sans mandat fort était un acte visant à bloquer délibérément les discussions.

Selon un reportage diffusé cette semaine par la radio de l’armée, la délégation israélienne à Doha ne comprend pas les plus hauts responsables ayant participé aux négociations, à savoir le chef de l’agence de renseignement du Mossad, David Barnea, le chef par intérim de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, identifié par son initiale en hébreu « Shin », et le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans le Bureau ovale, à la Maison Blanche, le 8 juillet 2025. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Un responsable palestinien a déclaré à l’AFP qu’Israël « faisait obstruction et sabotait l’accord afin de poursuivre la guerre d’extermination ».

Une autre source a déclaré que les médiateurs avaient demandé aux deux parties de reporter les pourparlers jusqu’à l’arrivée à Doha de l’émissaire de Trump, Steve Witkoff. On ignore si cette rencontre aura lieu et quand.

La deuxième source palestinienne a déclaré à l’AFP que « certains progrès » avaient été réalisés lors des dernières négociations concernant les plans de libération des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et l’obtention d’une aide supplémentaire pour Gaza.

GHF : Israël doit respecter son engagement d’autoriser l’ouverture de nouveaux sites d’aide humanitaire

Parallèlement, la controversée Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par Israël et les États-Unis, a publié vendredi une déclaration demandant à Israël de respecter son engagement d’autoriser l’ouverture de sites de distribution supplémentaires.

« La GHF continue également à faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il respecte son engagement de nous permettre d’ouvrir d’autres sites, notamment dans le nord de Gaza », a déclaré la fondation.

Cette déclaration saluait également les informations faisant état d’un accord entre Israël et l’Union européenne (UE) visant à renforcer l’aide humanitaire à Gaza, ainsi que les négociations en cours en vue d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Fin mai, Israël a transféré à la GHF le contrôle de la distribution de l’aide humanitaire à Gaza, dans le but affiché d’empêcher le groupe terroriste palestinien du Hamas de la détourner.

Des Gazaouis transportant des sacs et des cartons contenant de la nourriture et de l’aide humanitaire, déchargés d’un convoi du Programme alimentaire mondial à destination de la ville de Gaza, dans le nord de la bande de Gaza, le 16 juin 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Les opérations de la GHF ont toutefois été vivement critiquées par la communauté internationale pour ne pas avoir répondu aux besoins humanitaires de la population gazaouie.

Vendredi, l’ONU a déclaré que près de 800 personnes avaient trouvé la mort en tentant d’accéder à l’aide humanitaire à Gaza depuis la fin du mois de mai, la plupart à proximité des sites de distribution de la GHF.

La GHF, qui nie que des incidents mortels se soient produits à proximité de ses sites, a déclaré à Reuters que les chiffres de l’ONU étaient « faux et trompeurs ».

Vendredi, Tsahal a déclaré avoir donné de nouvelles instructions à ses troupes sur le terrain « à la suite des leçons tirées » des rapports faisant état d’incidents mortels près des installations de distribution de la GHF.

Des Gazaouis inspectant les dégâts causés dans un camp de déplacés improvisé à la suite d’une incursion signalée la veille par des chars israéliens dans la région de Khan Younès, dans le nord de la bande de Gaza, le 11 juillet 2025. (AFP)

Israël et les États-Unis ont publiquement exhorté l’ONU à travailler avec la GHF, mais celle-ci a refusé, remettant en question la neutralité de la fondation et accusant le modèle de distribution de militariser l’aide et de forcer les déplacements de population. De nombreux incidents mortels ont été signalés à proximité des sites de la GHF à Gaza.

Plus de 57 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et hommes armés. Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat, et 1 600 autres hommes armés sur le sol israélien, le 7 octobre 2023.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 451 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.

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