Trump : Herzog est une « honte » et Netanyahu doit être grâcié dans le contexte de la guerre
Israël est un "État souverain régi par l'État de droit", dit le cabinet de Herzog ; a décision concernant la grâce sera prise sans ingérence extérieure ; Trump annonce qu'il ne verra plus le président tant qu'il n'aura pas accordé cette grâce
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Jeudi, le président américain Donald Trump a exigé que le président Isaac Herzog gracie sans délai le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qualifiant le président israélien de « honte », lors d’une intervention virulente en faveur du Premier ministre, coincé dans les déboires de son procès pour corruption.
Le cabinet Herzog a répondu que sa décision concernant la demande de grâce serait prise indépendamment de toute ingérence extérieure.
Recueillis par Axios par téléphone, ces propos sont parmi les plus récents de Trump en lien avec les frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Jeudi toujours, il a annoncé qu’il aurait son mot à dire dans la sélection du prochain dirigeant iranien et il a plaidé en faveur d’une offensive kurde contre l’Iran.
Trump a ajouté que le président Herzog devait, selon lui, gracier Netanyahu « aujourd’hui même », expliquant qu’il ne fallait pas que ce dernier soit accaparé par d’autres pensées que par la campagne militaire américano-israélienne contre le régime iranien.
Le président américain a dit évoquer le sujet avec le président israélien depuis un an, Herzog lui ayant, selon lui, promis à cinq reprises de gracier Netanyahu. Il a ajouté qu’il ne verrait plus Herzog tant que ce dernier n’aura pas accordé sa grâce à Netanyahu.
Aucune tentative de Herzog visant à rencontrer Trump n’a été rapportée.
Trump a affirmé que cela faisait un an que le président Herzog faisait attendre sa réponse au sujet de la grâce de Netanyahu alors que ce dernier ne l’a demandée qu’en novembre dernier. Netanyahu nie catégoriquement tout manquement dans les trois affaires de corruption pour lesquelles il est jugé, disant qu’il a été piégé par la police et par le Parquet.
Trump demande la grâce de Netanyahu depuis le mois de juin 2025 – date à laquelle Israël et l’Iran s’étaient affrontés militairement. Le cabinet du Premier ministre assure que Netanyahu n’a jamais demandé au président américain de plaider en sa faveur.
C’est donc la deuxième fois que Trump s’en prend à Herzog sur la question en moins d’un mois, après avoir déclaré au mois de février que Herzog « devait avoir honte » de ne pas gracier Netanyahu, qui est jugé pour corruption, fraude et abus de confiance.
En octobre dernier, déjà, Trump avait demandé à Herzog de gracier Netanyahu lors de son intervention à la Knesset, assurant à La Tribune, au sujet des cadeaux que Netanyahu aurait reçus : « On s’en fiche des cigares et du champagne »
Jeudi toujours, la présidence a diffusé une déclaration faisant l’éloge du président américain et rappelant ses propres prérogatives en ce qui concerne l’octroi ou non de la grâce à Netanyahu.
« Le président Herzog respecte profondément Donald Trump et apprécie grandement ce qu’il fait pour la sécurité d’Israël. Il voit en lui le leader du monde libre et l’un des principaux alliés d’Israël, et il lui est reconnaissant de sa fermeté envers l’Iran », lit-on dans le communiqué.
Le cabinet Herzog a rappelé qu’Israël était « un État souverain régi par l’État de droit », et qu’à ce titre, la demande de grâce était examinée par le ministère de la Justice, qui sera chargé de donnera un avis juridique, comme le veut la loi.
« À l’issue de ce processus, le président examinera la demande conformément à la loi, pour le bien du pays, en son âme et conscience, indépendamment de toute pression externe ou interne de quelque nature que ce soit », a ajouté son cabinet.
Netanyahu est jugé dans trois affaires de corruption, pour fraude et abus de confiance dans les Affaires 1000 et 2000, et pour corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4000.
Dans l’Affaire 1000, qui l’accuse donc de fraude et abus de confiance, on lui reproche, ainsi qu’à son épouse, d’avoir accepté des cadeaux de grande valeur de la part du magnat des médias hollywoodiens, Arnon Milchan, pour près de 700 000 NIS, et d’avoir enfreint les lois sur les conflits d’intérêts en aidant ce dernier à renouveler son visa américain de longue durée ainsi que sur des sujets fiscaux.
Dans l’affaire 2000, qui l’accuse de fraude et d’abus de confiance, on lui reproche de s’être accordé avec l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth, Arnon (Noni) Mozes, pour que ce dernier garantisse au Premier ministre une couverture médiatique favorable en l’échange d’une loi affaiblissant son principal rival, le journal Israel Hayom.
Dans l’affaire 4000, la plus grave, connue sous le nom Bezeq-Walla, qui l’accuse de fraude et d’abus de confiance, on lui reproche d’avoir pris des décisions financièrement favorables à Shaul Elovitch, à la tête du géant des télécommunications Bezeq, pour des montants de centaines de millions de shekels. Netanyahu aurait bénéficié d’une couverture médiatique favorable de la part du site d’information Walla, propriété d’Elovitch.
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