Alors que des convois de producteurs laitiers convergent vers la Knesset en provenance de différentes régions du pays pour protester contre une réforme controversée du secteur laitier, l’architecte de cette réforme, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a écrit sur le réseau social X qu’il ne permettrait pas aux monopoles laitiers de « continuer cyniquement à exploiter les citoyens israéliens » ou de mener « des jeux de pouvoir violents pour prendre le contrôle de l’État d’Israël ».
Smotrich est déterminé à mettre fin à la planification centralisée qui caractérise l’industrie laitière du pays depuis la création de l’État.
Il souhaite réduire la production laitière nationale de 30 %, baisser de 15 % le prix au litre payé par les entreprises de transformation aux producteurs laitiers et supprimer les droits de douane afin d’autoriser davantage d’importations.
« Même après la réforme, environ 80 % du lait que vous buvez et des fromages que vous mangez continueront d’être produits ici même, en Israël », a-t-il promis.
« Nous préservons la production locale, nous protégeons notre magnifique agriculture israélienne et nous renforçons la sécurité alimentaire », a-t-il poursuivi.
« Nous changeons simplement les règles et nous le faisons correctement, comme dans la plupart des pays du monde. »
S’adressant aux trois principales entreprises de transformation laitière, Tnuva, Tara et Strauss, qui, selon lui, détiennent 85 % du marché, il a affirmé que les droits de douane actuels avaient créé « une bulle protégée » qui permettait aux géants de l’industrie laitière « de vous facturer des prix supérieurs de plus de 50 % à ceux pratiqués dans le reste du monde ».
« Elles n’avaient aucune incitation à se faire concurrence ou à baisser leurs prix. Cela prend fin aujourd’hui. L’ouverture du marché aux importations obligera les grandes entreprises à se battre et à faire face pour la première fois à la concurrence internationale. Elles devront se battre pour chaque client. »
Malgré la recommandation faite mardi par la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, de dissocier la réforme du projet de loi sur les dispositions économiques qui accompagne le budget de l’État, Smotrich a ajouté : « La réforme va de l’avant. Elle a été transmise au député Ohad Tal, membre de la commission des Réformes, pour discussion, et sera promue, si Dieu le veut, dans le cadre du budget et de la loi sur les dispositions. »