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Les agriculteurs menacent de cesser tout approvisionnement en lait

Le ministre des Finances répond à l'industrie qu'il qualifie de "communiste" ; quand il y aura une vraie concurrence des importations, ces menaces seront "une plaisanterie", dit-il

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Des producteurs laitiers et leurs sympathisants manifestent contre la réforme du secteur laitier menée par le ministre des Finances Bezalel Smotrich à HaGoma Junction, près de la ville de Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël, le 5 janvier 2026. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)
Des producteurs laitiers et leurs sympathisants manifestent contre la réforme du secteur laitier menée par le ministre des Finances Bezalel Smotrich à HaGoma Junction, près de la ville de Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël, le 5 janvier 2026. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Dimanche soir, alors que les tensions s’intensifient autour du projet du gouvernement de réformer la filière laitière, les producteurs laitiers ont menacé de cesser de fournir du lait dans le courant de semaine, poussant le ministre des Finances Bezalel Smotrich à les qualifier de « communistes ».

Selon les agriculteurs, cette réforme est précipitée et leur fera perdre leurs moyens de subsistance.

Dans le cadre d’un plan plus large visant à réduire le coût de la vie, le ministre des Finances souhaite en effet supprimer le système de planification centralisée qui régit la filière laitière depuis la création de l’État.

Smotrich prévoit ainsi de réduire d’un tiers la production de lait en Israël, de baisser de 15 % le prix du litre de lait, et de supprimer les droits de douane, qui peuvent atteindre jusqu’à 40 %, afin d’inonder le marché israélien de produits laitiers importés. Le gouvernement a approuvé son plan en décembre.

« Tant que la filière laitière sera gérée comme une industrie communiste, alors de telles menaces sembleront sérieuses. [Quand il y aura] une véritable concurrence, elles passeront pour des plaisanteries. Tant que la réforme ne sera pas adoptée, c’est au détriment du bien-être des citoyens israéliens que se fera cette plaisanterie. Et ce n’est pas drôle », a écrit Smotrich sur X.

Smotrich souhaitait inclure la réforme dans le projet de loi sur les dispositions économiques, un ensemble massif de propositions qui accompagne le vote du budget annuel de l’État.

Lundi, Amit Ifrach, secrétaire général du mouvement Moshavim et président de l’Association des agriculteurs israéliens, a salué la recommandation de la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, de retirer le projet de réforme de la filière laitière du projet de loi sur les dispositions économiques.

Ferme laitière dans la communauté frontalière de Gaza du kibboutz Alumim. (Crédit : Autorisation)

Selon Ifrach, cette réforme est « profonde » et a « des implications importantes pour l’avenir de l’industrie laitière, de l’agriculture, des implantations et de l’ensemble des zones rurales ». Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une mesure budgétaire pouvant être « adoptée à la hâte ».

La décision de la conseillère juridique, a-t-il ajouté, constitue « une étape importante dans notre lutte pour empêcher que des dommages irréversibles ne soient causés à environ 400 exploitations laitières, principalement situées dans des moshavim proches de la frontière, ainsi que pour faire suspendre le décret et pour préserver la sécurité alimentaire, les agriculteurs et les espaces ouverts ».

Les prix des produits laitiers sont depuis longtemps un sujet sensible en Israël. Leur hausse, qui a toujours figuré parmi les préoccupations majeures des électeurs, suscite souvent la colère de la population – et même des manifestations de masse – dans un contexte de hausse considérable du coût de la vie dans le pays.

Les producteurs de lait cru reprochent à une poignée de fabricants de produits laitiers, tels que Tnuva et Strauss, d’être responsables des prix élevés.

En dehors d’Israël, le Canada est le principal pays qui applique encore un système similaire de gestion de l’offre pour le lait, comprenant une tarification publique, des quotas et l’application de droits de douane aux importations.

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